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Énergie créatrice: Meryem Ezzerrouti, l’étoile filante

Énergie créatrice: Meryem Ezzerrouti, l’étoile filante

Elle aurait pu également s’appeler Meryem l’abeille. Elle n’a cessé de papillonner d’un titre à l’autre cette année. Romantiques et rêveuses, les pop-songs de Meryem Ezzerouti sont un ravissement. Critique après écoute.

 

Par R.K.H

Photo © salaheddine El Bouaaichi

Il devient difficile de ne pas repérer Meryem Ezzerrouti, puisqu'elle est maintenant aisément reconnaissable grâce à sa voix suintante d’une salutaire souplesse, son accent à couper au couteau et son abord chaleureux. Vive, pimpante et battante, elle se découvre attachante pour qui l'approche. A ces qualités, il convient d'ajouter un talent singulier. Exprimé non sans modestie sur son dernier opus (à découvrir vers la fin du mois).

 

Vous le savez ?! Meryem ne se contente pas de s’arrêter en si bon chemin. Si c'est sur la musique qu'elle avait fixé son cap, elle s’y évertue en naviguant avec sûreté tant et si bien qu'elle tape : elle nous a fait écouter un deuxième titre, qu’elle préfère conserver sous le boisseau jusqu’à ce qu’il soit digne d’être révélé, car perfectionniste à l’excès.

 

«Dawk Liya»

Native de «Jdida», Meryem Ezzerouti a toute les chances pour être l’une des portefanions de la pop marocaine. Pourtant, c’est à la prosaïque économique que cette artiste hors pair était destinée. Après des études à l’ENCG dans sa ville natale, accomplies avec brio, elle fait escale dans le Community manager, sous le statut d’auto-entrepreneuse, afin de civiliser ses fins de mois.

 

Certes, elle s’en détournera bientôt pour suivre sa pente naturelle de chanteuse. Car, elle n’aimerait que tâter à la musique. Le chant l’avait remarquée. Elle s'est déjà enrôlée sous sa bannière d'abord, avec le titre «Salam», ensuite avec «Les jaloux» sorti la même année le 11 mars 2023 et qui totalise aujourd’hui 123.982 vues. A chaque fois, elle brille de mille feux. Ainsi, son intrusion dans le champ musical ne pourra nous étonner, tant son langage expressif et coloré, son chant doux, empreint de sensibilité et de sensualité, qui dégage une énergie et une vitalité éblouissent. Et c’est par son sens inouï et combien audacieux de fusionner harmonieusement toutes les facettes de sa personnalité et de ses aspirations profondes qu'elle peut se distinguer. Sa voix caressante chantant «Dawk Liya», sa dernière chanson, fait sortir de la torpeur. Celle où l’on ne sait que faire de sa vie ni comment dompter ce trouble déconcertant qu’est la montée du désir.

 

Cette voix s’insinue dans les tympans, au point de s’incruster définitivement dans les mémoires, alors vierge de toute amarre. Ses paroles achèvent l’électrochoc. Le texte fait comprendre ce qu’aimer veut dire. Allez savoir pourquoi une chanson en vient à être une bouée de sauvetage les jours où vous avez l’impression que le blues a été inventé pour vous ? Pourquoi un refrain vous sauve-t-il la vie en vous disant simplement : «Wakha dawk lia, ghatjibek lyam» ? Pourquoi fredonnet-on, seul, devant sa page blanche, une phrase du genre : «Kidour f bali koulnhar, denya bghaatna kihaka, fe9t mn l7elma li binatna» ? Pourquoi a-t-on les yeux embués en entendant ces mots-là : «kidir insani… houa li bghani nmchi/wi rja3 taaani» ? Parce que c’est vrai. Parce que l’amour, c’est ça. Parce que naïvement, on croyait savoir tout sur l’amour, connaître un cœur par corps et savoir un corps dans le cœur. Mais un jour, la course des nuages change et c’est la fin du monde. Une chanson, ce sont des signaux candides, frugaux, émis par complicité. Des lumières dans la nuit. Meryem Ezzerouti est l’une des rares à faire partager cette émotion-là.

 

Ce nouvel opus témoigne de la qualité de l'écriture de Meryem, et dont nous nous demandons comment nous avons pu laisser passer jusqu'à présent ces deux précédents titres virevoltants, qui sont loin d'être des trésors cachés. Comme toujours, mieux vaut tard que jamais. 

 

 

 

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