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Culture & Société

«Il faut innover»

«Il faut innover»
Jeudi 27 Janvier 2011 - Par admin

Mohamed Nadif, acteur et réalisateur marocain, nous parle de ses projets.

- Finances News Hebdo :  Vous êtes en phase de finaliser votre prochain film «Andalousia Lahbiba» ; pour quand est prévue sa sortie en box-office ?
- Mohamed Nadif : J'ai finalisé le tournage  et  le montage. On travaille actuellement sur la musique du film avec Younes Megri. Il y a encore du travail à faire, mais on prévoit sa sortie pour fin 2011.  Il sera prêt pour le Festival de Marrakech. Toutefois, j'espère qu'il va voyager et représenter le Maroc dans les autres Festivals. 
- F.N.H. : Quel est le coût de ce film ?  Avez-vous reçu une subvention du CCM ?
- M.N. : Nous sommes autour de 6 à 7 millions de DH, et nous avons reçu une avance sur recette de 4 millions de DH.
- F.N.H. : Votre film traite de la traversée clandestine, un sujet largement consommé par le cinéma marocain ; sous quel angle avez-vous traité ce sujet pour vous démarquer ?
- M.N. : Effectivement, le sujet a été traité auparavant. Pour ne pas tomber dans du déjà-vu, j'ai essayé de faire passer mon message par la comédie. L'histoire parle de 
2 jeunes qui cherchent à traverser pour gagner l'Hexagone mais d'une manière plus intelligente et à moindre prix. L'un se retrouvera au Maroc et l'autre en Espagne. Je n'en dirai pas plus pour ne pas brûler les étapes. 
- F.N.H. : Vous êtes un habitué de ce Festival ; quelles en sont vos appréciations ?
- M.N. : À mon avis, on est installé dans un environnement ficelé, on revient chaque fois à la même salle, les gens sont logés  autour d'elle. Il y a les projections, les conférences de presse et les activités en parallèle, ce qui implique que le Festival s'est structuré. Je ne vais pas dire que ça devient une répétition, mais il faut tout de même innover. 
Je pense qu'il faut créer une autre approche du Festival, engendrer des rencontres avec les directeurs des Festivals, les responsables de fonds d'aide, animer des débats pour une ouverture vers d'autres cieux.
 
- F.N.H. : Comment évolue le cinéma aujourd'hui ?
- M.N. : Le cinéma marocain est en phase de se constituer. Le public est assoiffé de voir des productions marocaines de bonne qualité. L'émergence du cinéma n'est pas complète, il lui manque une pièce du puzzle qui est la diffusion. La plupart des films marocains ont  atteint une performance technique irréprochable. Le financement est là, le Centre Cinématographique Marocain subventionne les productions marocaines. Donc, pour aller de l'avant et pour pouvoir un jour parler d'une industrie cinématographique, il faut combler le vide qui est celui de la commercialisation. Plusieurs acteurs sont concernés, notamment les distributeurs, les salles de cinéma, la publicité, la diffusion télévisée…
- F.N.H. : Comment peut-on remédier à cette problématique ?
- M.N. : Tout d'abord, le CCM et le ministère de la Communication doivent travailler ensemble pour faire tourner à nouveau la roue du cinéma marocain. Je cite, à titre d'exemple, le soutien aux propriétaires de salles de cinéma afin qu'ils puissent maintenir leur activité. D'un autre coté, il faut trouver des solutions contre le piratage qui menace sérieusement ce développement.
- F.N.H. : Avez-vous un projet théâtral en cours ?
- M.N. : Pour des raisons économiques, je montais des pièces théâtrales avec 4 ou 5 personnes. Aujourd'hui, je compte passer à un niveau supérieur, franchir une autre étape dans le théâtre marocain, en attaquant des répertoires arabe et international. 

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