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Enseignement : Une rentrée scolaire pas comme les autres

Enseignement : Une rentrée scolaire pas comme les autres

L’année scolaire débutera le 7 septembre.

Des millions d’élèves, collégiens, lycéens et étudiants s’apprêtent à aborder une rentrée scolaire inhabituelle, à cause de la situation épidémiologique liée à la Covid-19.

 

Par R. K. Houdaïfa

 

Depuis février, les ministères de la Santé, de l’Intérieur et de l’Education nationale sont en effervescence : les réunions s’enchaînent à l’infini, le ban et l’arrière-ban des spécialistes sont mis à contribution. Y aurait-il péril en la demeure ? Oui, et ce péril-là est de taille. Il porte un nom, dont la seule évocation glace d’effroi, au point qu’on n’ose plus le prononcer. Semblable au «mal qui répand la terreur (…) La peste», écrivait Jean de La Fontaine. Vous avez bien lu. La peste, cette maladie similaire à ce fléau qui rôde toujours parmi nous.

Le nouveau coronavirus ravagea l’Europe et s’offrit même un tour du monde complet. Ce n’est pas à coups d’antibiotiques qu’on peut terrasser ce dragon prompt à faire feu de toute misère. La situation est délicate, et il faut, si l’on ose dire, étouffer le mal dans l’œuf. L’exigence de qualité est l’un des principes qui régissent le ministère.

Or, la priorité aujourd'hui consiste à garantir une rentrée scolaire, universitaire et professionnelle en temps voulu. «L’année scolaire débutera le 7 septembre, tous cycles et niveaux confondus, dans l’ensemble des établissements publics et privés», a tranché le ministre de l'Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du gouvernement, Saaid Amzazi, et la rentrée universitaire débutera, quant à elle, mioctobre. Tout comme les élèves, les étudiants auront le choix entre des cours dispensés en présentiel ou à distance.

Cependant, «une région sans cas confirmés peut adopter un enseignement en présentiel à 100% si les familles choisissent cette option», affirme Amzazi. A contrario, «si la situation empire davantage, alors l'enseignement à distance sera imposé à tout le monde, mais si la situation s'améliore, les étudiants seront accueillis à l’école», précise-t-il.

Ainsi, trois modèles ont été préparés en prévision de la rentrée. Primo, l’adoption de l’enseignement présentiel en cas de situation épidémiologique normale, secundo l'auto-enseignement en cas d'évolution inquiétante de la pandémie, et tertio, l'alternance entre les deux premiers modèles.

La scolarisation en milieu rural cause également des soucis au département de tutelle. Non que les parents rechignent, comme par le passé, à envoyer leurs enfants à l’école, ou parce que ces derniers interrompent souvent leur cursus pour des raisons de force majeure. Mais parce qu’ils ne disposent pas des outils technologiques nécessaires, et comptent énormément sur l’enseignement en présentiel.

Un énorme effort a été accompli dans ce sens par le ministère. Il demeure cependant insuffisant, comme l’est la diffusion des cours sur les chaînes de télévision, dans le cadre du dispositif de l’enseignement à distance.

Rôle imparti à l’école

L’ouverture sur le monde est l’une des valeurs que désire développer l’école. Mais aucune pédagogie, si percutante soit-elle, ne saurait porter ses fruits si le récepteur est désintéressé.

Au grand désespoir des enseignants, comme l’instituteur Abderazak I. : «J’enseigne le français dans un lycée de Casablanca, témoignet-il. J’hérite de pas moins de 150 élèves, sinon davantage. Lorsque l’enseignement à distance s’est installé, j’ai tenté de contourner les difficultés, les bugs des plateformes, parfois en ayant recours à des outils moins attendus que prévu, comme Whatsapp. Sitôt, j’ai remarqué que seulement 30 des 150 élèves en bénéficiaient... Où sont passés les autres ? Je me demande toujours : Comment capter leur attention ? Comment les faire participer tous aux débats que suscite ma discipline ? J’avoue que cela est impossible. Et j’en ressens une profonde frustration».

Au désagrément induit par les abonnés absents, s’ajoute, pour beaucoup d’enseignants, l’embarras de mettre en œuvre une pédagogie à laquelle ils n’ont pas été formés. Youssef, enseignant d’arabe dans un collège, le confesse sans ambages : «Je ne peux mener à bien ma mission parce que je n’ai jamais été préparé au nouveau système pédagogique. J’ai été formé autrement… Alors, vous comprenez que je sois désarmé devant la tâche à accomplir désormais». Comme les élèves, ils apprendront à apprendre, ainsi que le préconise cette situation que l’on vit actuellement.

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