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Danse : Jihane, danseuse de haut volt

Danse : Jihane, danseuse de haut volt

Lumineuse, tonique, charismatique, les cheveux bouclés, délicieusement parfumée, Jihane Lioness est une hyperactive bondissante, qui multiplie les projets divers (danse, design et peinture) et n’écoute que son désir.

Par R. K. Houdaïfa

 

Souvent, c’est dans l’enfance que s’esquisse le destin futur de l’individu. Jihane n’échappe pas à ce déterminisme, si l’on en juge ses dires quand elle arpente le territoire de son enfance. S’y découvre une gamine espiègle, joyeuse, qui coule des années insouciantes, paisibles, bercées par la tendresse des géniteurs si pleine de vie, si pétrie d’amour (d’ailleurs, agréable, empathie, amour sont des mots que Jihane ne se refrène jamais de prononcer sans rougir).

Née en 1992 à Casablanca, Jihane est tombée dans le chaudron de l’art toute petite. «Mon intérêt pour la peinture et le design s’explique par mon milieu familial : mon père est peintre, mais aussi designer de bâtiments (...) Je me souviens quand j’avais sept/ huit ans, il me passait des cassettes contenant des cours de dessin. Il y avait aussi l’émission Art Attack que je suivais religieusement… Et c’est ainsi que j’ai commencé à dessiner des robes pour mes poupées (sourires)», confie-t-elle.

Il faut interrompre ce moulin à paroles pour en placer une. Quoi qu’il en soit, c’est elle qui décide. Elle a une autorité naturelle que ne cache pas un sourire pétillant.

Dans les fêtes que sa famille organisait, elle n’hésitait pas à s’emparer de la piste pour donner libre cours à son âme. Au vu d’une telle passion, ses parents l'inscrivent dans une école de danse. «Je ne prenais pas de cours régulièrement. Je partais les weekends et je prenais qu’une ou deux heures», dit-elle.

Sa prime jeunesse se révéla aussi ensoleillée que son enfance. Elle était rythmée par des études brillantes, des fêtes entre copains, des bêtises de jeunesse… : «J'avais à peine quinze ans lorsque j’ai commencé à faire des publicités».

Jihane fut précocement prise de fièvre…pour la danse. Ainsi, n’hésita-t-elle pas à se consumer délicieusement dans sa passion. Et la voilà débouler dans une école de danse sans aucun viatique, si ce n’est son ambition ardente de devenir danseuse pro. Elle avait à peine 19 ans, l’âge des rêves insensés. Le sien l’était, puis il se transmua en réalité. «Avant que je sois agent d'accueil, puis prof dans un studio de danse 'Choreart' où j’enseignais trois styles (Afro, Hip-hop, orienta) pour toutes les tranches d’âge , j’accompagnais et assistais un prof dans ses cours...».

Face à nous, elle sourit lorsqu’on évoque sa capacité à s’ambiancer sur n’importe quel son, qu’on lui balance du zouk love ou du punk garage. Branchée à 12.000 volts, elle aime tous les styles de musique et bat le dancefloor particulièrement sur des sons jamaïcains. Chez elle, la fluidité n’a d'égale que la technicité. Il faut imaginer des jambes aussi élastiques que les doigts d’un pianiste freejazz.

Elle peut taquiner les masses d’air au sol, dribbler entre appuis et suspension, en allant chercher le beat dans les appuis ou en prenant les accents dans les jambes et chercher le contretemps… Jihane interrompt soudain les explications pour mimer ces histoires de temps de suspension avec le menton en claquant des doigts. Tss, tac. «Tu vois ?».

Des yeux douceur Cajoline, un aplomb inébranlable…, on comprend vite pourquoi le nom de cette femme a rapidement circulé de Dj Skrilex à Red1, en passant par French Montana et Daddy Yankee…. Elle juge tous ces noms «extraordinaires».

La tête claire, les jambes agiles et la parole sans équivoque. Elle ne sait plus à combien de shows et spectacles elle a participé.

 

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