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Confidences : Nissia Benghazi joue et gagne

Confidences : Nissia Benghazi joue et gagne

Cette jeune néophyte nous a donné une leçon d’acting, dont beaucoup feraient bien d’en prendre de la graine. Mais le meilleur est à venir, nous promet-elle. A la lecture de cette interview, on ne peut que le croire, les mirettes impatientes.

 

Propos recueillis par R. K. H.

 

 

Finances News Hebdo : Vous vous êtes aisément glissée dans le personnage d’Annatto. Etait-ce un personnage qui ne vous ressemble guère ?

Nissia Benghazi : En réalité, le film «Annatto» relate l'histoire de ma famille. Donc, j'ai eu beaucoup de facilité à m'insérer dans la peau du personnage. Mon père est issu d'une famille de commerçants originaires de Fès qui se sont installés à SaintLouis au début du siècle dernier – comme mon mari Adnane dans le film. J'ai été élevée par une mère française et un père d'origine marocaine au Sénégal. Ce qui m'a permis de baigner dans un environnement multiculturel, multi-ethnique et multi-religieux.

 

F.N.H. : Ça vous a fait quoi de jouer dans ce film ?  

N. B. : Ce film a été la meilleure expérience professionnelle et artistique que j'ai connue à ce jour. Tous les moments que j'ai partagés sur les lieux du tournage avec l'équipe artistique et technique sont des souvenirs que je n'oublierai jamais. On a vécu ensemble pendant 2 mois côte à côte, on partageait tout, les bons moments, les fous rires, les pleurs, les moments de stress. Cela crée des liens très forts. Kenza Fridou, qui joue Dada Kheira dans le film, m'a coachée et m'a prise sous son aile et nous sommes devenues des amies proches aujourd'hui. Il en va de même pour Rita, la fille de Adnane dans Annatto, que je considère comme ma petite sœur.

 

F.N.H. : Qu’est-ce que vous avez aimé ? 

N. B. : J'ai adoré tourner avec des acteurs confirmés, car ils m'ont beaucoup enseigné. Les scènes à cheval étaient mes favorites, car j'adore monter (je fais de l'équitation depuis que je suis petite), j'ai vraiment pu me sentir moi-même. Le plus difficile pour moi a été de tourner dans un film en arabe, car je ne parle par le Darija. Donc, j'étais souvent déstabilisée par ce détail, mais cela m'a rapprochée d'Annatto qui, elle aussi, débarque au Maroc sans parler en un seul trait la langue du pays d'accueil.

 

F.N.H. : Comment ça s’est passé avec Fatima Boubakdy ? 

N. B. : Grâce à Fatima Boubakdy, la réalisatrice du film, j'ai pu montrer mes capacités, tout en découvrant un art et un métier qui m'étaient encore inconnus. Bien qu'elle ait pris un certain risque en donnant un premier rôle à une jeune personne novice dans le monde du cinéma, elle m'a fait confiance tout en me donnant ma chance. Et pour cela je la remercie encore !

 

F.N.H. : Vous aimeriez faire de la télé ?  

N. B. : De la télé ? Pourquoi pas si le projet est intéressant ! Je garde un très bon souvenir du cinéma; donc si l'occasion se présente et que le scénario me parle, oui.

 

F.N.H. : Quels sont vos projets ? 

N. B. : Pour le moment, je compte terminer ma licence en sciences politiques à Amsterdam, et ensuite faire un Master en communication stratégique ou en journalisme à Londres. J'aimerais soit réaliser mes propres documentaires, ou devenir présentatrice télé.

 

F.N.H. : Quel est le film que vous avez vu dernièrement et qui vous a le plus marquée ? 

N. B. : Le dernier film que j'ai regardé, c'est «Et Dieu créa la Femme», de Roger Vadim avec Brigitte Bardot. Un des mes films préférés; il me fascine toujours autant chaque fois que je le regarde. Comme «Annatto», le film relate le drame de Juliette, une jeune orpheline caractérielle et libre qu'on essaie de soumettre par tous les moyens à une société conservatrice et sexiste.

 

F.N.H. : Quelle est votre actrice préférée ? 

N. B. : Brigitte Bardot est mon actrice préférée, non pas seulement pour son jeu d'actrice que je trouve remarquable, mais parce qu’elle manie à la perfection le silence joué. Je partage une passion commune avec elle, la cause animale, et pour cela je l'admire énormément. 

 

F.N.H. : Etre reconnue dans la rue, c’est agréable ? 

N. B. : Non, on ne me reconnaît pas dans la rue. Et puis, même si c'était le cas, ça ne me plairait pas plus que ça (rires -ndlr). En dehors du travail, j'accorde beaucoup d'importance à la discrétion.

 

F.N.H. : Comment votre famille vit votre immersion dans le cinéma ?  

N. B. : Ma famille a toujours été derrière moi, même si elle n'était pas très enthousiaste du fait que j'ai pris une année sabbatique durant mes études, pour me consacrer au film et à d'autres projets personnels.

 

F.N.H. : Il y a aussi les jaloux… n’est-ce pas ? 

N. B. : Des jaloux ? Pas à ma connaissance (sourire -ndlr); j'ai un cercle d'amis très restreint.

 

 

 

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