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Cinéma : «Charter», larmes et airs obsessionnels

Cinéma : «Charter», larmes et airs obsessionnels

Le film «Charter», produit par Ayoub Al-Mahjoub et réalisé par El Houssine Hnine, est visuellement flamboyant, scénaristiquement excitant. Aussi puissant qu’émouvant, le film a été couronné de plusieurs prix internationaux.

 

 

 

«Charter» décline les dimensions humaines et cosmiques, liées à tout ce qui concerne l’incompréhension de la religion, l’asservissement des femmes et leur exploitation de la manière la plus odieuse, à travers l’histoire réaliste du couple Assu et Khadija, dépeinte dans une tribu de la province Ait Seghrouchen à Taza.

C’est l'histoire d’un homme qui a divorcé de sa femme par trois fois. De fait, pour la reprendre comme épouse, cette dernière devrait se marier à un autre homme comme le veut la religion. Ce qui fut fait. Or, celui qui l’a épousée, refuse de divorcer. Chose qui pousse le premier mari à le tuer et la calamité se produit.

Moyennant une vision poétique profonde de la mise en scène, le réalisateur El Houssine Hnine pointe du doigt plusieurs sujets liés à la relation entre les hommes et les femmes, les groupes militants, les idées réactionnaires, la vision des partisans de la ligne dure sur le divorce, l’identité et le langage amazigh.

«Le réalisateur a été, selon le critique de cinéma Mustafa Al-Sufi, intelligent en simplifiant les accessoires, les thèmes et les marques; ce qui rend la couleur de la noirceur en particulier, parallèle et en harmonie avec le contenu général du film (…) Ceci peut être considéré comme l’un des films cinématographiques, qui s’exprime par le silence, plus que par les mots. Un film exprimé par l’image, par la poétique de la nature, le contenu des couleurs, le symbolisme des mouvements, la connotation des sons (…) Assou et Khadija ont pu présenter une image vivante d’un monde dissonant et contradictoire.»

 

La couleur de la noirceur comme espace colorimétrique

L’importance de la couleur et ses fonctions émotionnelles ainsi que psychologiques reflète ce que le réalisateur pense et veut photographier. Il se déplace avec la caméra et avec une grande précision pour nous transporter dans les profondeurs des personnages, afin d’entrevoir tous les détails de leurs traits et de leur psychologie.

«Nous sommes confrontés à un texte créatif et cinématographique dans un langage poétique qui a de nombreuses beautés artistiques et esthétiques (…) Le réalisateur reste nostalgique à la réalité, aux souvenirs, aux valeurs universelles et humaines et au spectacle pur qui sauve l’âme des sujets de l’esprit ainsi que du cœur», poursuit le critique de cinéma.

 

Le film emporte son bâton de maréchal

«Charter» qui met en vedette Saeed Darif, Sanaa Bahaj et Aziz Abdouni, a remporté le grand prix dans un certain nombre de festivals, notamment le Grand prix au festival du Film du Fantasme, au festival international Leonard De Vinci et au festival Rif international du film amazigh.

Aussi, bien qu’il soit en compétition pour des prix internationaux, en particulier pour les grands forums cinématographiques, ce film concourra également pour de nombreux prix dans les festivals marocains, dont le festival Marrakech du film, le festival du film amazigh d’Agadir et le Festival international cinéma et immigration d’Oujda.

En outre, il a été choisi pour représenter le Maroc dans le festival international Flickers' Rhode Island; Festival of Cinéma aux Etats-Unis; Valencia Indie Film Festival; Lebanese Independent Film Festival à Beirut; Venezia Shorts en Italie; Festival Toronto (OWTFF) au Canada; Festival Barciff en Espagne; Near Nazareth Festival (NNF) en Israel.

 

 

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