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Beau-livre : «Santé en Afrique, la politique humaniste de Mohammed VI»

Beau-livre : «Santé en Afrique, la politique humaniste de Mohammed VI»

 

L’un des moments forts de la première conférence africaine sur la réduction des risques en santé, organisée à Marrakech, a été la présentation en avant-première et la signature du beau livre : «Santé en Afrique : la politique humaniste de Mohammed VI», écrit par l’écrivain et journaliste Abdelhak Najib en deux langues, français et anglais.

 

Par docteur Imane Kendili

Psychiatre et auteure

 

 

 

L’ouvrage est un voyage à travers les vingt dernières années, depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui a réussi à mettre sur pied un virage diplomatique en tournant le Maroc vers l'Afrique. Avec de nombreux déplacements sur le continent de l’Ouest à l’Est depuis 1999, le Roi a effectué plus de 50 voyages en Afrique, avec un retour au sein de l'Union africaine après plus de trois décennies d'absence, le Royaume du Maroc s’affirme comme un grand leader africain prônant une vision géostratégique Sud-Sud, qui donne déjà des résultats considérables.

 

D’emblée, le décor est planté par l’auteur qui explique ici que «Pour y arriver, le Maroc déploie des moyens et des instruments divers et variés. D’abord au plan économique, avec de grands projets structurants et des investissements impliquant les fleurons de l’économie marocaine. Ensuite au plan religieux en appelant à un islam modéré, moderne et en parfaite opposition à toutes les formes de radicalisme. Enfin, au plan politique, avec son retour victorieux au sein de l’Union africaine où il joue un rôle capital et incontournable»

 

Dans ce sens, il faut ici rappeler le rapport «Policy Africa» de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), qui montre que les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays africains ont progressé de 9,5% en moyenne annuelle de 2000 à 2019. Sur cette période, les échanges représentent environ 6,9% de la valeur totale des échanges extérieurs du Maroc, contre 4,3% en 2000. La valeur globale des échanges commerciaux du Maroc vers les pays d’Afrique a progressé durant la période 2000-2019 de 9,5% en moyenne pour s’établir à près de 39,6 milliards de DH (MMDH) en 2019. C’est ce qui ressort du «Policy Africa» publié par la DEPF, relevant du ministère de l’Économie, des Finances. Selon la même source, ces échanges représentent environ 6,9% de la valeur totale des échanges extérieurs du Maroc, contre 4,3% en 2000. Dans ce sens, les investissements directs en Afrique sont passés de 907 MDH en 2007 à 5,4 MMDH en 2019, représentant 47% du total des IDE marocains à l’étranger, avec une présence accrue dans plus de 14 pays africains dont la Côte d’Ivoire (13%), le Tchad (12%), le Sénégal (9%), Madagascar (7%), le Cameroun (4%) et l’Ile Maurice (3%) pour ne citer que quelques exemples. C’est dire tous les efforts consentis par le Maroc et ses partenaires pour faire de ces partenariats de véritables assises mobiles pour construire ensemble l’avenir du continent. Comme le précise le Souverain : «l’Afrique est un choix de cœur et de raison. C’est un choix clair et volontariste, matérialisé par notre engagement à travers de nombreuses initiatives qui dynamisent et promeuvent la coopération et le développement économique interafricain (…) Un choix de faire aujourd’hui de l’investissement un moteur de développement économique et social et d’intégration régionale et continentale en Afrique».

 

Dans cette logique de coopération Sud-Sud, le Maroc sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI nous précise Abdelhak Najib, a initié des projets de grande envergure dans plusieurs pays en Afrique, allant du Sénégal à l’Éthiopie en passant par la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Nigéria, la Mauritanie, la Tunisie, la Libye, le Rwanda, le Bénin, le Gabon, la Guinée Bissau, la Guinée, la Tanzanie, la Zambie, le Soudan du Sud, le Ghana, … etc. Toujours avec ce mot d’ordre : l’entraide entre les nations africaines, la volonté de construire ensemble, le désir certain de se développer dans un même élan.

 

C’est dans cette optique, à une époque où le monde traverse l’une de ses pires crises humanitaire, politique et économique, que «le Maroc multiplie les actions d’éclat pour se positionner comme le leader incontesté en Afrique et dans le monde arabe. Rabat s’illustre également en consolidant ses partenariats avec les USA et l’Union européenne, en imposant sa force de grande puissance régionale à cheval sur quatre continents. Et ce gage que le Maroc veut offrir à tous ses partenaires africains pour qu’ils suivent la même voie, chacun à sa mesure, dans une grande ouverture sur le monde. Il se positionne en Afrique et face au monde comme un État de droit, comme la plus vieille monarchie au monde, dirigée par un Souverain moderne et clairvoyant, qui a su placer son pays au cœur des mutations mondiales en se positionnant comme un leader africain, comme le pays le plus stable dans le Maghreb, comme un interlocuteur respecté et estimé par l’Occident, sans oublier ses alliances régionales avec les pays du Golfe, avec la Chine, avec la Russie pour finir avec une juste normalisation avec l’État d’Israël où une bonne partie de la population a des liens indéfectibles avec cette terre d’accueil et de tolérance qu’est le Royaume du Maroc.», souligne l’écrivain et journaliste.

 

Ceci pour les réalités politiques dans une région stratégiquement importante pour l’équilibre des forces entre pôles gagnants et joueurs solitaires. Ceci pour le Maghreb où le Maroc est le seul pays stable et viable. Ce qui lui a permis une position de choix en Afrique, avec des partenariats durables et responsables avec des pays comme le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Congo, la Guinée, le Bénin, le Ghana, le Nigéria, l’Angola, le Cameroun, le Gabon et d’autres pays émergeants de cette Afrique de l’Ouest au potentiel incommensurable. 

 

À ces partenariats stratégiques s’ajoutent ceux de l’Afrique de l’Est avec des pays à la croissance certaine comme le Kenya, la Tanzanie, le Mozambique, le Rwanda, le Burundi ou encore la Zambie. Avec une stratégie géopolitique réussie avec les États du Sahel : le Burkina Faso, le Niger et le Tchad sans oublier le Soudan du Sud. On le voit bien, c’est presque tout le continent africain qui est un territoire d’investissements et d’accords durables et rationnels pour bâtir cette Afrique, qui s’est déjà positionnée comme l’avenir de l’économie mondiale étant donné que les puissances occidentales s’épuisent, s’essoufflent et montrent des signes grandissants de récession installée pour durer. La devise du Maroc étant simple : une main tendue à tous les régimes disposés à travailler la main dans la main pour un développement commun et un progrès dont les retombées sont bénéfiques pour tous.

 

«C’est toujours dans cet élan que le Maroc donne aussi l’exemple en Afrique en ce qui concerne ses relations avec le monde arabe. En effet, le rôle joué par le Maroc est un exemple de réussite et une véritable leçon de realpolitik. Malgré certaines dissensions avec certains régimes comme c’est le cas avec l’Égypte, ami de longue date et allié stratégique de Rabat, les relations avec les pays du Golfe sont au beau fixe. Une amitié et des partenariats gagnant-gagnant avec Riyad, avec Mascate, Koweït, Doha, Manama et les Émirats Arabes Unis, fleuron de la finance en Arabie. Avec toujours cette faculté de la part des dirigeants marocains de concilier les contraires en travaillant avec chaque partenaire selon ses spécificités et selon ce qu’il a à offrir pour l’essor de l’économie marocaine. C’est un exercice de style qui nécessite une lecture rationnelle des besoins de chaque région, des points forts et des points faibles de chaque partenaire, en misant sur le respect de la souveraineté de part et d’autre, pour une inscription dans la durée des relations bilatérales et des intérêts communs. Cette exigence de la rigueur à la marocaine a fait ses preuves puisque Rabat reste l’unique pays arabe qui entretient des relations solides et pérennes avec toutes les capitales du Golfe malgré toutes les divergences idéologiques qui sous-tendent les rapports entre les dirigeants de ces pays.», insiste l’auteur.

 

C’est dans ce contexte de liens consolidés avec les pays arabes les plus ancrés dans l’exercice de la politique de l’avancement que le Maroc a décidé de normaliser ses relations avec l’État d’Israël. Il répond en cela à une logique simple : l’État hébreu est un partenaire économique crédible dont la croissance est constante offrant de grandes opportunités d’échanges et de collaboration avec Rabat et avec d’autres capitales africaines. A cela s’ajoutent les relations historiques entre les Marocains et les juifs dont une large partie a des origines marocaines. Le Maroc ayant toujours été une terre d’accueil et de tolérance pour ces millions de juifs qui considèrent le Maroc comme leur pays. Encore une fois, c’est la voix de la raison qui a poussé le Maroc à établir des relations politiques, économiques et culturels avec Tel-Aviv tout en donnant une leçon de géostratégie au monde, et surtout à certains dirigeants arabes ancrés dans leurs visions archaïques du bien et du mal, incarnant une dichotomie aberrante qui dessert le développement de tout le Moyen-Orient, dans lequel Israël reste l’unique pays politiquement stable et économiquement solide. Au sein de cette valse des idéologiques passéistes, où une certaine idée vieillotte de panarabisme de mauvais aloi dicte encore déraisonnablement ses lois, le Maroc réussit à garder la main dans la gestion des conflits sans fin du Moyen-Orient, avec un Liban menacé et fragile, une Syrie plongée dans le chaos, une Égypte frileuse et en parfait décalage avec les impératifs de l’Histoire et une Jordanie qui joue aux équilibristes avec des voisins instables.

 

Rabat reste l’interlocuteur le plus crédible dans le conflit israélo-palestinien. «Pour le Maroc, c’est la voix de la raison qui est de mise, loin des slogans passéistes tirés de la littérature politiques du temps de Jamal Abdel Nasser et des partis panarabes en perte de vitesse, faisant le vieux jeu d’une guerre froide qui a changé de dogmes et de visions. Il est tout à fait légitime et politiquement très intelligent de la part de Rabat de solidifier ses relations avec Israël tout en gardant une position ferme pour la libération du peuple palestinien, dans le respect de la souveraineté des deux pays en travaillant à une solution pacifiste d’un conflit qui a assez duré. Cela passe aussi par des accords commerciaux, par une stratégie économique commune et par une concertation effective et rationnelle entre les deux nations en vue de la mise sur pied d’un Moyen-Orient nettoyé des scories faussement religieuses et de ses guerres au nom d’une arabité révolue et sans teneur.», explique Abdelhak Najib.

 

C’est partant de cette configuration que le Maroc se présente devant la communauté internationale comme un interlocuteur de choix qui met toujours en avant la voix de la raison pour avancer ensemble en permettant l’instauration de la paix et la construction d’assises mobiles pour le progrès commun et le développement régional bénéfique à tous les partenaires. C’est dans ce sens qu’il faut prendre la pleine mesure de la place qu’occupe le Maroc aujourd’hui sur l’échiquier mondial comme pays stable, comme puissance régionale effective, comme partenaire économique fiable et comme leader incontesté dont les visées politiques et stratégiques sont résolument inscrites dans le futur.

 

«Santé en Afrique : la politique humaniste de Mohammed VI». Aux éditions Orion.

 

 

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