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Zero-day: L’IA peut-elle prendre les hackers de vitesse ?

Des failles restées cachées pendant des années sont désormais détectées grâce à l’IA. De PHP à Firefox, les découverte se multiplient et concernent aussi les entreprises, qui doivent suivre le rythme des alertes et des correctifs.

KPar K.A
|Publié le 3 Novembre 2026 à 15:00
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Zero-day: L’IA peut-elle prendre les hackers de vitesse ?

Une faille dans un logiciel utilisé partout peut avoir des conséquences au Maroc, même si elle est découverte à l’étranger. Les vulnérabilités révélées en octobre concernent notamment PHP, un langage qui fait fonctionner des sites et des applications web. Des chercheurs ont utilisé l’intelligence artificielle pour analyser des faiblesses anciennes et démontrer leur exploitation.

Les correctifs ont été publiés le 21 octobre. Le 26, le CERT-FR signalait des tentatives d’exploitation sur certains déploiements. Ces constats ne permettent pas de conclure à une attaque au Maroc. Ils rappellent toutefois que l’exposition dépend des logiciels et de leurs versions, et non du pays où se trouve l’entreprise. Le risque est particulièrement difficile à gérer lorsqu’une vulnérabilité est exploitée avant qu’un correctif soit disponible. C’est le principe d’une attaque «zero-day». Les équipes doivent alors détecter l’intrusion, limiter les accès ou isoler les systèmes concernés, en attendant une solution.

Dans son bilan publié en mars 2026, le Google Threat Intelligence Group recense 90 vulnérabilités exploitées comme zero-day en 2025, contre 78 en 2024 et 100 en 2023. Ce bilan des cas documentés ne permet pas d’attribuer leur évolution à l’IA.

Une menace qui concerne aussi le Maroc

Au Maroc, les incidents récents montrent déjà les conséquences d’une faiblesse applicative. Après la divulgation de données médiatisée le 2 juin 2025, la Direction générale de la sécurité des systèmes d'information (DGSSI) avait établi que celles-ci provenaient de tawtik.ma, plateforme du Conseil national de l’Ordre des notaires. Elle avait précisé que les systèmes de la Conservation foncière n’avaient pas été compromis.

La plateforme avait été mise hors ligne pour corriger les vulnérabilités ayant permis l’exfiltration. Son communiqué ne mentionnait ni faille zero-day ni recours à l’IA. Il illustre néanmoins les conséquences possibles : données exposées, service interrompu et intervention technique pour sécuriser la reprise.

Par ailleurs, en mars, Anthropic annonçait que Claude Opus 4.6 avait découvert 22 vulnérabilités dans Firefox en deux semaines. Mozilla a confirmé que cette collaboration avait abouti à 22 identifiants CVE, dont 14 associés à des failles de gravité élevée. Ses ingénieurs ont validé les résultats et corrigé le navigateur.

En avril, Mozilla est allé plus loin: Firefox 150 intégrait des corrections pour 271 vulnérabilités identifiées lors d’une évaluation de Claude Mythos Preview. L’organisation a ensuite détaillé leur gravité : 180 élevées, 80 modérées et 11 faibles.

Le code de Firefox est ouvert et examiné depuis des années. L’IA a pourtant contribué à repérer des erreurs supplémentaires. Dans le cas de PHP, les chercheurs de Wiz expliquent qu’elle les a aidés à analyser la mémoire du programme et à adapter leurs tests à différentes applications.

Trouver la faille, puis protéger les systèmes

Ces avancées ne rendent pas toute attaque automatique. Lors des essais Firefox présentés en mars, Anthropic indiquait n’avoir obtenu des exploits que dans deux cas, après plusieurs centaines de tentatives. Ceux-ci fonctionnaient dans un environnement où certaines protections avaient été retirées. Découvrir une faiblesse et compromettre un système normalement protégé restent deux étapes distinctes.

Pour une entreprise marocaine, le travail commence aussi par une question simple : quels logiciels fonctionnent réellement dans ses systèmes ? Un site, un outil de gestion ou un équipement réseau peut contenir des composants fournis par plusieurs prestataires. Il faut les identifier avant de savoir si une alerte les concerne.

Log4Shell montre que cette difficulté dure bien après la publication d’un correctif. Révélée en décembre 2021 dans la bibliothèque Java Log4j, cette faille permettait l’exécution de code à distance. Selon Sonatype, 13% des téléchargements de Log4j en 2025 concernaient encore des versions contenant cette vulnérabilité.

La réponse marocaine s’inscrit dans un enjeu plus large de continuité des services. Au Gitex Africa 2026, le général de brigade Abdellah Boutrig, Directeur général de la DGSSI, rappelait que la résilience cybernétique constitue «désormais un impératif de sécurité nationale pour tous».

L’IA peut aider les équipes marocaines à analyser le code et à vérifier des failles avant leur exploitation. Mais les découvertes doivent être validées, les corrections testées et les mises à jour installées. La protection dépend aussi de la capacité des entreprises et de leurs prestataires à effectuer ce travail, y compris sur les logiciels anciens.

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