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Economie

Villes intermédiaires : quel rôle dans le développement territorial ?

Ces métropoles favorisent un meilleur équilibre dans la répartition de la population et des ressources naturelles. Elles disposent d’avantages notables en matière de disponibilité foncière et sont plus simples à maîtriser et à doter en infrastructures publiques. Par C. Jaidani

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 18 Janvier 2026 à 10:18
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Villes intermédiaires : quel rôle dans le développement territorial ?

Face à la dynamique économique et démographique que connaît le Royaume, diverses options ont été explorées afin de promouvoir de nouvelles zones d’activités ou industrielles. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée de villes nouvelles, pensées pour désengorger les grandes métropoles. Toutefois, ce modèle a rapidement montré ses limites et a progressivement cédé la place au concept des villes intermédiaires.

Comme leur nom l’indique, ces agglomérations se situent à mi-chemin entre les centres émergents et les grandes villes, tant par leur taille que par leurs fonctions.

Lors de la présentation de la feuille de route de son département pour l’année 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, a indiqué que le Royaume compte 71 villes intermédiaires, regroupant 37% de la population urbaine.

D’après les spécialistes de l’urbanisme, une ville intermédiaire accueille généralement entre 100.000 et 1 million d’habitants et assure un rôle de liaison entre les grandes agglomérations et le monde rural.

«Ces agglomérations jouent un rôle important dans l’équilibre territorial dans la mesure où elles permettent d’atténuer l’exode rural et d’assurer une bonne répartition de la population et des ressources sur le territoire national. Elles permettent également de limiter la pression sur l’extension démesurée des grandes métropoles. Ainsi, elles peuvent être bien contrôlées en matière de sécurité, bien protégées contre les différents aléas et parfaitement desservies par les services publics. Ce ne sont pas des villes nouvellement créées, mais elles sont choisies pour certaines de leurs qualités qui peuvent être géographiques, économiques ou sociales. De ce fait, leur emplacement est bien étudié car, souvent, elles sont situées dans les grands axes routiers ou à proximité des grandes métropoles pour faciliter l’interconnexion des habitants avec le reste du pays», souligne Driss Eiffina, professeur universitaire d’économie et président du Centre indépendant des études stratégiques.

Et de poursuivre : «ces villes offrent de grandes opportunités en matière d’investissement du fait de leur essor urbanistique accéléré et ne sont pas confrontées au problème de la rareté du foncier. Les porteurs de projets ne trouveront pas beaucoup de contraintes pour lancer leurs investissements. De plus, ces villes constituent également un levier de développement et de cohésion sociale grâce à leur fonction résidentielle et productive. Elles peuvent se positionner comme un pôle d’activité dans un secteur bien déterminé comme l’agroalimentaire, le tourisme, les mines, la pêche ainsi que dans d’autres filières industrielles. Elles peuvent avoir une vocation culturelle et éducative, à l’image de Benguérir avec son université UM6P de renommée internationale. Ces métropoles offrent l’opportunité de mettre en œuvre les meilleures innovations urbanistiques, d’aménagement de territoire ou au niveau de l’architecture pour développer des villes modernes, durables et orientées vers l’avenir».

Dotées de nombreux atouts favorables à leur essor, les villes intermédiaires sont en mesure de renforcer leur attractivité, aussi bien auprès des investisseurs que des populations issues d’autres régions. Dans cette perspective, il apparaît nécessaire que le gouvernement déploie une stratégie spécifique à leur développement, en associant étroitement les acteurs locaux et l’ensemble des parties prenantes.

 

 

 

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