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Marrakech: La ville ocre à l’épreuve du stress hydrique

Première destination touristique du Royaume, Marrakech enchaîne les records de fréquentation et attire chaque année davantage d’investissements. Mais derrière cette dynamique se cachent des défi s environnementaux de plus en plus pressants. Stress hydrique, pression urbaine, consommation énergétique et gestion des ressources imposent à la ville ocre de repenser son modèle de développement

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 28 Août 2026 à 11:00
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Marrakech: La ville ocre à l’épreuve du stress hydrique

Avec plus de 13,6 millions de nuitées enregistrées en 2025 dans les établissements d’hébergement touristique classés, Marrakech confirme son statut de locomotive du tourisme marocain. La ville concentre, à elle seule, près d’un tiers des nuitées réalisées au niveau national. Une performance qui témoigne de son attractivité auprès des visiteurs internationaux et de son poids dans l’économie touristique du Royaume.

La dynamique ne montre aucun signe d’essoufflement. Entre janvier et mai 2026, la destination a accueilli plus de 1,65 million de visiteurs et généré près de 4,7 millions de nuitées. L’expansion des liaisons aériennes, l’arrivée de nouvelles enseignes hôtelières et les perspectives offertes par la Coupe du monde 2030 devraient encore renforcer cette croissance au cours des prochaines années. Mais cette réussite pose une question de plus en plus centrale : comment poursuivre le développement touristique dans une région confrontée à une pression croissante sur ses ressources naturelles ?

L’eau, un enjeu stratégique pour la destination

Le stress hydrique constitue aujourd’hui le principal défi environnemental auquel Marrakech doit faire face. Comme une grande partie du Maroc, la région subit depuis plusieurs années les effets d’une sécheresse persistante et d’une baisse des précipitations. Cette situation est d’autant plus sensible que l’activité touristique nécessite d’importantes quantités d’eau. Hôtels, piscines, jardins, espaces verts et parcours de golf figurent parmi les équipements qui contribuent à la renommée de la destination, mais qui nécessitent également des ressources hydriques considérables.

Face à cette réalité, les autorités ont engagé plusieurs projets destinés à sécuriser l’approvisionnement en eau tout en réduisant la pression sur les ressources conventionnelles. L’un des exemples les plus emblématiques concerne la réutilisation des eaux usées traitées. Aujourd’hui, huit parcours de golf de Marrakech ainsi qu’une partie de la palmeraie sont alimentés grâce à des eaux recyclées. Cette solution permet de préserver les ressources destinées à la consommation humaine tout en maintenant les infrastructures touristiques qui participent à l’attractivité de la destination.

La prise en compte des enjeux environnementaux ne se limite plus à la gestion de l’eau. Une partie croissante des opérateurs touristiques intègre désormais les principes du développement durable dans leur stratégie. Plusieurs établissements investissent dans des équipements destinés à réduire leur consommation énergétique, optimiser leur gestion de l’eau ou limiter leur production de déchets. Cette évolution répond à une demande croissante des voyageurs. Les touristes sont de plus en plus nombreux à privilégier les établissements engagés dans une démarche responsable et à intégrer des critères environnementaux dans leurs choix de destination.

Le défi écologique dépasse largement la seule question de l’eau. La croissance touristique exerce également une pression croissante sur les infrastructures urbaines et les services publics. L’augmentation du trafic routier, l’étalement urbain, la gestion des déchets et la préservation du patrimoine figurent parmi les enjeux auxquels les autorités locales doivent répondre. L’amélioration de la mobilité urbaine apparaît notamment comme un chantier prioritaire à mesure que la ville gagne en attractivité.

La réussite de Marrakech repose depuis plusieurs décennies sur sa capacité à valoriser son patrimoine, son climat et son hospitalité. Demain, sa compétitivité dépendra également de sa faculté à préserver ses ressources naturelles et à maîtriser les effets de sa croissance. Pour de nombreux observateurs, la ville ocre pourrait devenir un laboratoire du tourisme durable au Maroc.

 

Mots clés :Tourisme

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