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Tourisme d’affaires: Casablanca-Settat veut changer d’échelle

Première région économique du Royaume, Casablanca-Settat dispose de nombreux atouts pour se positionner sur le marché du tourisme d’aff aires, estimé à près de 1.400 milliards de dollars en 2025.

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 25 Août 2026 à 12:00
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Tourisme d’affaires: Casablanca-Settat veut changer d’échelle

La connectivité avec les principales métropoles africaines, son tissu d’entreprises et son rôle de porte d’entrée vers le continent renforcent le potentiel de la région Casablanca-Settat pour devenir une référence régionale. Pourtant, la destination peine encore à s’imposer pleinement sur le segment MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), considéré aujourd’hui comme l’un des marchés les plus dynamiques et rentables de l’industrie touristique mondiale.

Pour l’économiste et opérateur touristique Saïd Tahiri, le potentiel est bien réel. «Le MICE est un levier de développement touristique incontournable. À l’échelle mondiale, le marché est évalué à 1.400 milliards de dollars en 2025, avec un taux de croissance projeté de 7,54% jusqu’en 2034. Les dépenses moyennes par participant aux séminaires résidentiels atteignent 240 à 300 euros. Les entreprises organisent moins d’événements qu’auparavant, mais privilégient davantage la qualité et l’expérience proposée aux participants», explique-t-il. Et pourtant, au Maroc, ce segment demeure encore sousexploité. «Il représente à peine 10% des recettes touristiques globales. Casablanca conserve néanmoins sa place de locomotive nationale avec près de 2,8 millions de nuitées d’affaires en 2025, en hausse de 15% par rapport à 2024», affirme l’expert.

Une progression encourageante qui confirme l’attractivité de la métropole pour les déplacements professionnels, mais qui reste encore éloignée des performances enregistrées par les grands hubs internationaux spécialisés dans le tourisme de congrès et de réunions.

Derrière ces résultats, se cachent plusieurs défis structurels qui limitent la capacité de Casablanca à changer de dimension. Aucun établissement hôtelier marocain ne figure aujourd’hui dans le top 10 régional des hôtels de réunions, dominé par des hubs comme Dubaï et Istanbul. Ce décalage met en lumière un gap significatif entre la performance des destinations et celle des opérateurs hôteliers.

«La compétitivité d’une destination MICE ne repose pas que sur son attractivité économique ou touristique, mais aussi sur la performance opérationnelle de l’ensemble de son écosystème. Cette réalité se manifeste notamment à travers le «Bid Rat», indicateur qui mesure la capacité des établissements à répondre rapidement aux appels d’offres internationaux. Un organisateur de congrès qui lance un appel d’offres pour 1.000 nuitées abandonnera rapidement une destination si les retours sont trop lents ou incomplets», insiste Tahiri.

Les leviers à activer

Pour l’économiste, la priorité consiste à renforcer la compétitivité de l’offre locale. «Combler le gap hôtelier est le levier prioritaire. La capacité à aligner plusieurs unités capables de répondre à des appels d’offres complexes, avec un taux de réponse élevé, est devenue un avantage concurrentiel décisif, un maillage dense et réactif que le Maroc ne possède pas encore comparé à Istanbul ou Dubaï», précise-t-il. Considérant également que les projets structurants prévus dans la perspective du Mondial 2030 pourraient accélérer cette transformation.

«Le Grand Stade et le futur Convention Centre de Casablanca doivent devenir le fer de lance d’une offre MICE intégrée avec des salles modulables, une connectivité 5G et des services événementiels clés en main, à l’instar du DWTC de Dubaï ou de l’ICC d’Istanbul», poursuit-il.

L’objectif est de permettre à Casablanca d’accueillir des congrès internationaux, des salons professionnels et des événements corporate de grande envergure répondant aux standards mondiaux. Tahiri plaide par ailleurs pour une meilleure structuration de la chaîne de valeur du tourisme d’affaires. «Les entreprises combinent de plus en plus les voyages d’affaires avec l’immersion culturelle et le bien-être, créant des forfaits à forte valeur ajoutée», fait-il savoir. Dans cette lignée, il estime que «Casablanca doit structurer une offre d’agences DMC professionnelles capables de packager cet «Afterwork marocain» que ses concurrents ne peuvent offrir». Cette approche permettrait de valoriser les atouts culturels, gastronomiques et patrimoniaux de la région tout en enrichissant l’expérience des visiteurs.

L’autre force de Casablanca réside dans son positionnement africain. «Casablanca est la seule grande métropole africaine disposant à la fois d’une connectivité aérienne panafricaine, d’une infrastructure bancaire et d’affaires mature et d’une attractivité touristique avérée», déclare Tahiri. Pour l’économiste, cet avantage comparatif doit être davantage mis en avant auprès des marchés européens et du Golfe, particulièrement actifs sur le segment du tourisme d’affaires.

 

 

 

Mots clés :Tourisme

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