Risque Samir : Maghreb Oxygène, une victime collatérale
Asphyxiée par ses créances sur la Samir, Maghreb Oxygène vient d'alerter sur ses résultats 2015. Mais est-ce vraiment la seule entreprise concernée ?
La société Maghreb Oxygène, au profil financier régulier, vient de publier une alerte sur ses résultats au titre de l’exercice 2015 : «la société Maghreb Oxygène devrait présenter des résultats sociaux et consolidés en recul, en comparaison avec les objectifs fixés et les résultats de l’exercice précédent. Un repli attendu relevant strictement des règles prudentielles observées par la société en matière de recouvrement des créances de son portefeuille», explique un communiqué de presse.
Concrètement, la société a provisionné ses créances sur la Samir : «eu égard notamment aux sérieuses difficultés rencontrées par le raffineur Samir, et en l’absence de visibilité quant à un éventuel plan de reprise le concernant, les résultats de la société seront essentiellement grevés par le provisionnement des créances imputables à ce dernier», peut-on lire. Mais la filiale du Groupe Akwa n'est pas un cas isolé, si ce n'est dans sa politique de transparence. Car, depuis l'annonce des résultats semestriels des entreprises, beaucoup d'entre elles ont déclaré être plus ou moins exposées, exactement de la même manière, à la Samir.
Des créances non recouvrées, qui ont été provisionnées pour certaines et pas encore pour d'autres. Qu'en sera-t-il vraiment ? Il est très probable que cette sortie entreprise par Maghreb Oxygène ne soit que l'arbre qui cache la forêt. D'habitude, la saison des profits warning, des incorrigibles entreprises cotées, commence vers début mars, quelques jours ou semaines avant la publication de leurs comptes.
Tâche d'huile
Banques, assurances, industriels, fournisseurs de capacités de stockage, OPCVM… tous sont exposés au risque Samir. Les ingrédients d'un risque systémique sont réunis, mais la Banque centrale, qui suit le sujet de près, a déclaré avoir testé ce risque et estime que ces entreprises y survivront. Reste à connaître l'épilogue de cette histoire. La Samir vient de demander son placement sous protection judiciaire en invoquant le livre V du Code de commerce, ce qui risque de prolonger encore de plusieurs mois cette traversée du désert.
A. Hlimi





