Programme Forsa: ces quatre points d’interrogation !
Le programme Forsa gagnerait à être amélioré concernant certains aspects cruciaux pour la réussite des porteurs de projets. Par M. Diao

Le programme Forsa, lancé récemment , s’inscrit dans la droite ligne du dessein du gouvernement de contribuer activement à l’autonomisation des citoyens âgés de plus de 18 ans, porteurs d’idées ou de projets. Ce programme, doté d’une enveloppe budgétaire de 1,25 Md de DH au titre de l’année 2022, converge avec les autres initiatives de soutien à l’initiative individuelle et complète le dispositif en place.
Néanmoins, Forsa suscite quelques interrogations légitimes. En effet, la cible du programme tourne autour de 10.000 porteurs de projets incluant tous les secteurs de l’économie, tout en assurant les principes d’équité régionale et de genre. Or, le chiffre précité paraît insuffisant au regard du taux de chômage élevé des jeunes et des diplômés, pour qui l’entrepreneuriat pourrait être un tremplin vers la vie active et professionnelle. Il convient également de préciser que le nouveau dispositif, qui gagnerait à être amélioré, comprend un volet accompagnement. Celui-ci comporte certes une formation en e-learning pour l’ensemble des projets retenus, mais là où le bât blesse, c’est au niveau de l’incubation dont la durée est de 2,5 mois. Et ce, au profit des projets les plus prometteurs, à travers la mobilisation d’incubateurs régionaux.
La durée d’incubation est insuffisante si l’on se réfère aux pratiques en place. La plupart des structures d’accompagnement de startup et de porteurs de projets proposent des durées d’incubation allant de 6 à 12 mois afin de mieux garantir le succès des bénéficiaires. Les entrepreneurs en herbe ont le plus souvent besoin d’être formés sur une pléthore de disciplines, en lien entre autres, avec la gestion d’entreprise, la concrétisation d’idées et le développement de projets. Ce qui prend du temps. Par ailleurs, le dispositif de financement prévu au profit des bénéficiaires est limité. Celui-ci consiste en un prêt d’honneur d’un montant maximal de 100.000 DH, dont une subvention pouvant atteindre 10.000 DH.
Sachant que dans le cadre du Fonds Innov Invest, géré par Tamwilcom, le montant d’un prêt d’honneur peut atteindre 500.000 DH et la subvention 200.000 DH. Le fait également de désigner la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), une entité spécialisée dans le tourisme pour piloter un programme censé couvrir tous les secteurs d’activité du pays, est pour le moins curieux.
Paroles de pro :Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise
«Le gouvernement a lancé, dans le cadre du nouveau modèle de développement, deux importants programmes dans le domaine de l’emploi et de la création d’entreprises visant particulièrement à lutter contre les répercussions socioéconomiques de la pandémie de la Covid-19 par la création d’opportunités d’emplois au profit de milliers de citoyens. Il s’agit du programme «Awrach», doté de 2,25 Mds de DH pour la création, en 2022 et 2023, d’une activité professionnelle temporaire au profit de 250.000 personnes, et du programme «Forsa», avec un budget de 1,25 Md de DH, visant à créer et à accompagner, sur une période de 5 ans, 12.000 entreprises. L’initiative de lancer des consultations régionales vise à mettre en œuvre de manière optimale ces deux importants programmes du gouvernement dans le domaine de l’emploi et de la création d’entreprises au niveau territorial, en partenariat avec les autorités locales. L’objectif étant d’élaborer une méthodologie de travail caractérisée par l’efficacité, la précision et la mobilisation de toutes les énergies, en plaçant les attentes du citoyen au premier plan des priorités».





