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Economie

Programme économique : Les grands arbitrages qui attendent le nouvel exécutif

Le futur programme gouvernemental devra concilier ambitions sociales, soutien à l’investissement, contraintes de financement et accélération des grands chantiers à l’horizon 2030. Pour l’économiste Mohamed Amrani, sa mise en œuvre dépendra notamment de la capacité de l’exécutif à stimuler la croissance et à mobiliser davantage de recettes fiscales.

CJPar Charaf Jaidani
|Publié le 11 Octobre 2026 à 16:00
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Mohamed Amrani fnh

Finances News Hebdo : Comment pourrait être le programme économique du nouveau gouvernement ?

Mohamed Amrani : Nouvellement nommée cheffe de gouvernement, Fatima Zahra Manouri poursuit les discussions avec les partis politiques. La première étape consiste à choisir les formations qui acceptent de former le gouvernement avec le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM). La deuxième porte sur la distribution des portefeuilles et la dernière a trait à la conception du programme du gouvernement. La feuille de route comporte plusieurs volets et différents objectifs. Elle sera inspirée essentiellement du programme que la formation du tracteur a véhiculé lors de la campagne électorale. Celle-ci est basé sur 20 engagements dont l’exécution sera étalée sur 5 ans.

F. N. H. : Peut-on s’attendre à la reconduction de la coalition sortante ?

M. A. : C’est le scénario le plus probable. Les trois partis sont arrivés en tête du scrutin. Certes, l’ordre n’est pas le même, mais les formations ont une certaine ressemblance dans leur structure et leur identité politique et partagent les mêmes valeurs morales. Pour avoir une majorité confortable, la coalition peut être élargie à d’autres formations à faible taille comme le PPS ou l’USFP, le Mouvement populaire ou l’Union constitutionnelle.

Le PJD et la Fédération de gauche préfèrent se positionner dans l’opposition. Plus le nombre de partis formant le gouvernement est élevé, plus la distribution des portefeuilles sera compliquée et plus un compromis sur le programme gouvernemental prendra du temps.

F. N. H. : Pourrait-il y avoir des divergences entre les partis sur la finalisation ce programme ?

M. A. : Les divergences font partie de la vie politique. Chaque formation voudra imposer sa propre vision, quand bien même elles partagent de nombreuses similitudes. Chacune d’elles veut donner une nouvelle impulsion aux secteurs sociaux comme la santé et l’éducation, la hausse du pouvoir d’achat, l’emploi et l’amélioration des services publics, le renforcement des infrastructures. Le volet socioéconomique est la partie la plus importante du programme. Les citoyens ont beaucoup d’attente à ce niveau. Le PAM se démarque par sa proposition de financement de ce programme qui est une première au Maroc. Il table sur l’augmentation des recettes fiscales pour financer les différents chantiers structurants que le Maroc a lancés.

F. N. H. : Le prochain gouvernement devra exécuter un PLF qu’il n’a pas élaboré. Peut-on s’attendre à plusieurs amendements ?

M. A. : Par le passé, les amendements ont marqué tous les PLF. Ils sont déposés à l’initiative de l’exécutif ou des partis représentés au Parlement, notamment ceux de l’opposition. Pour le PLF 2027, il faut s’attendre aux deux. Pour le gouvernement, il s’agit de se conformer à son programme et prendre les dispositions nécessaires.

F. N. H. : Dans quelle mesure ce programme sera réaliste et réalisable ?

M. A. : La réalisation du programme dépend essentiellement du financement. Il y a toujours dans toutes les démocraties du monde un décalage entre les engagements et les réalisations. La politique, il faut le rappeler, est l’art du possible. S’inspirant du nouveau modèle du développement (NMD), le PAM capitalise sur les investissements privés pour générer davantage de recettes au trésor public. Il mise également sur un taux de croissance moyen de 5% pour atteindre ses objectifs. Ils sont certes très ambitieux, mais sont toutefois réalisables sous certaines conditions, notamment que la conjoncture soit favorable, comme une abondance de la pluie et l’apaisement des tensions géostratégiques à l’international.

F. N. H. : Quid des méga chantiers de la Coupe du monde 2030 ?

M. A. : Le mandat du prochain gouvernement expire en 2030. Une date qui coïncide avec la co-organisation du Royaume de la Coupe du monde. Tous les partis sont conscients de cet enjeu et ils ont manifesté leur soutien. Le prochain gouvernement est appelé à réaliser les chantiers dans le temps. En plus des infrastructures sportives, l’exécutif doit travailler certains secteurs particuliers comme le transport, le tourisme, la sécurité et l’environnement non seulement pour respecter le cahier des charges de la FIFA, mais pour soigner la notoriété et l’image de marque du pays.




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