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Partenariat Maroc - France : du dialogue parlementaire aux projets économiques

La cinquième session du Forum parlementaire franco-marocain marque une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays. Infrastructures, énergies renouvelables, agriculture durable et innovation figurent parmi les secteurs prioritaires appelés à structurer cette coopération économique. Entretien avec Khalid Kabbadj, économiste et expert en investissement et en gestion de patrimoine. Propos recueillis par Ibtissam Z.

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 22 Avril 2026 à 12:00
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Partenariat Maroc - France : du dialogue parlementaire aux projets économiques

Finances News Hebdo : Pouvez-vous nous expliquer les principales orientations économiques issues de la cinquième session du Forum parlementaire franco-marocain et les secteurs prioritaires identifiés pour la coopération bilatérale ?

Khalid Kabbadj : La cinquième session du Forum parlementaire franco-marocain s’inscrit dans une dynamique nouvelle marquée par un rapprochement stratégique entre les deux nations. Elle met en avant une volonté commune d’approfondir la coopération économique autour de secteurs à forte valeur ajoutée et à fort impact pour la croissance. Les discussions ont notamment souligné l’importance des infrastructures, du transport, des énergies renouvelables, de l’eau et du dessalement, ainsi que de l’agriculture durable et de la recherche et innovation. Ces secteurs répondent à des enjeux globaux comme la transition écologique, la sécurité alimentaire ou encore la compétitivité économique. L’objectif est de renforcer un partenariat économique structurant, capable de favoriser l’investissement, l’innovation et le développement de projets communs à forte valeur stratégique pour les deux économies. Dans un contexte international marqué par les transitions énergétiques, les défis climatiques et la recomposition des équilibres économiques, la coopération entre le Maroc et la France connaît aujourd’hui une nouvelle dynamique. La cinquième session du Forum parlementaire franco-marocain, tenue à Rabat, s’inscrit dans cette volonté commune d’approfondir un partenariat stratégique fondé sur l’investissement, l’innovation et le développement durable. Porté par le partenariat d’exception renforcé signé entre les deux pays, ce rapprochement ouvre des perspectives importantes dans des secteurs clés tels que les infrastructures, les énergies renouvelables, l’agriculture durable ou encore la recherche et l’innovation. Pour les acteurs économiques des deux rives de la Méditerranée, ce cadre de coopération représente une opportunité majeure de renforcer les échanges, de développer des projets structurants et d’accompagner les transformations économiques à l’échelle euro-africaine.

 

F. N. H. : Dans quelle mesure le partenariat d’exception renforcé signé par le Maroc et la France ouvre-t-il de nouvelles opportunités d’investissement ?

Kh. K. : Le Partenariat d’exception renforcé constitue aujourd’hui le socle d’une nouvelle phase de coopération entre le Maroc et la France. Il ouvre un cadre politique et institutionnel solide pour développer des projets structurants et encourager les investissements croisés. Dans le domaine des infrastructures et des transports, les entreprises françaises disposent d’un savoir-faire reconnu qui peut accompagner les grands projets de développement territorial au Maroc. Par ailleurs, la transition énergétique offre des perspectives considérables. Le Maroc s’impose progressivement comme une plateforme stratégique pour les énergies renouvelables en Afrique et dans l’espace euroméditerranéen. Cette dynamique crée des opportunités pour les entreprises, notamment dans les technologies vertes, l’ingénierie et la recherche.

 

F. N. H. : Comment ce Forum contribue-t-il à renforcer la coopération économique dans les régions stratégiques du Maroc, notamment dans les provinces du Sud ?

Kh. K. : Le Forum met en lumière le potentiel stratégique des provinces du Sud du Maroc, considérées comme une zone d’opportunités économiques et un pont naturel entre l’Europe et l’Afrique. Ces régions sont appelées à devenir un espace privilégié de coopération dans plusieurs domaines comme l’énergie, l’eau, l’agriculture durable, les infrastructures, la formation et l’innovation. L’objectif est d’y développer des projets structurants capables de soutenir un développement durable et inclusif. Pour les investisseurs, ces territoires représentent un environnement prometteur, à la fois en termes de ressources, de position géographique et de perspectives de croissance.

 

F. N. H. : Quels secteurs d’avenir offrent à votre avis le plus de perspectives pour les investisseurs français et marocains ?

Kh. K. : Plusieurs secteurs apparaissent particulièrement porteurs. Le premier est celui de l’énergie verte, notamment le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert. Le Maroc possède un potentiel naturel important et une stratégie énergétique ambitieuse, ce qui crée un terrain favorable aux partenariats industriels et technologiques. Le second concerne l’agriculture durable et l’innovation agroalimentaire, qui deviennent des priorités face aux enjeux climatiques et à la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire. En dernier lieu, la recherche, la formation et l’innovation technologique constituent un levier essentiel pour accompagner la transformation économique et industrielle des deux pays.

 

F. N. H. : Comment la coopération dans les énergies renouvelables et l’économie verte peut-elle créer des opportunités économiques ?

Kh. K. : La transition énergétique représente aujourd’hui l’un des piliers de la coopération franco-marocaine. Les deux pays partagent un engagement fort dans la lutte contre le changement climatique et dans le développement de modèles économiques plus durables. Cette coopération peut favoriser la création de nouvelles filières industrielles, notamment dans les technologies propres, les services urbains écologiques ou encore la gestion des ressources. Au-delà de l’enjeu environnemental, la transition vers une économie verte constitue également un vecteur de croissance, d’innovation et d’emplois qualifiés pour les deux pays.

 

F. N. H. : Comment les convergences entre les parlements marocain et français peuvent-elles favoriser la coopération économique ?

Kh. K. : La diplomatie parlementaire joue un rôle important dans la consolidation des relations bilatérales. Les échanges entre les assemblées permettent de renforcer la confiance institutionnelle et d’encourager la convergence des cadres législatifs et réglementaires. Cette coopération contribue à créer un environnement juridique et politique stable, essentiel pour attirer les investissements et sécuriser les projets économiques. Elle favorise également la coordination des positions dans les instances internationales, ce qui peut renforcer l’influence des deux pays dans les grands enjeux économiques et géopolitiques.

 

F. N. H. : Comment la coopération économique bilatérale peut-elle contribuer à la sécurité alimentaire et à la résilience économique ?

Kh. K. : La sécurité alimentaire est devenue une priorité stratégique dans un contexte marqué par les crises climatiques et géopolitiques. La coopération franco-marocaine vise à promouvoir une agriculture durable, responsable et innovante, capable de garantir la souveraineté alimentaire. Cette coopération peut se traduire par des investissements dans les technologies agricoles, la gestion de l’eau, la transformation agroalimentaire ou encore la pêche durable. En renforçant les chaînes de valeur agricoles et alimentaires, les deux pays peuvent améliorer leur résilience économique tout en créant de nouvelles opportunités d’investissement.

 

F. N. H. : Quelles sont les perspectives à moyen terme pour transformer les engagements du Forum en projets concrets ?

Kh. K. : À moyen terme, l’enjeu principal sera de transformer les engagements politiques en projets économiques concrets. Cela suppose de mobiliser les entreprises, les institutions financières et les acteurs de l’innovation autour de projets communs. Les domaines identifiés par le Forum, à savoir infrastructures, transition énergétique, agriculture durable et innovation, offrent un terrain particulièrement favorable pour développer des partenariats industriels et technologiques. A cet effet, l’investissement dans la formation, la recherche et l’entrepreneuriat des jeunes sera déterminant pour assurer la réussite de ce partenariat et préparer les nouvelles générations aux défis économiques de demain. En effet, le Maroc et la France disposent d’atouts complémentaires. D’un côté, un pays en forte transformation économique et tourné vers l’Afrique; de l’autre, un partenaire européen doté d’une expertise technologique et industrielle reconnue. Si cette coopération continue de s’appuyer sur l’innovation, la transition énergétique et le développement durable, elle peut devenir un véritable levier de croissance partagée et de création d’emplois, notamment pour les jeunes générations. L’avenir du partenariat francomarocain se jouera donc dans sa capacité à conjuguer vision stratégique, investissements et coopération entre entreprises, institutions et centres de recherche, afin de construire ensemble un espace économique dynamique entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique. 

 

 

 

 

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