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Mondial 2030 : Lekjaa assure que les grands chantiers ne feront pas grimper la dette du Maroc

À l’approche du Mondial 2030, Fouzi Lekjaa défend le financement des grands projets d’infrastructures au Maroc. Le ministre assure que les investissements dans les stades, les chemins de fer et les aéroports ne doivent pas être systématiquement assimilés à une hausse de la dette publique.

KPar K.A
|Publié le 3 Novembre 2026 à 15:14
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Les préparatifs de la Coupe du monde 2030 ne devraient pas compromettre les équilibres financiers du Maroc, assure Fouzi Lekjaa. Intervenant mardi 3 novembre devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, dans le cadre de l'examen du projet de loi de Finances 2027, le ministre de l'Économie, des Finances et de la Performance publique a défendu les mécanismes retenus pour financer les grands projets d'infrastructures.

Face aux interrogations sur le coût des investissements, le responsable gouvernemental a insisté sur la nécessité de distinguer les dépenses directement supportées par l'État des programmes réalisés par les établissements publics. Ces derniers disposent de leurs propres ressources, de modèles économiques et de mécanismes de financement qui ne se traduisent pas nécessairement par des charges équivalentes pour le budget général.

Des investissements à distinguer de la dette de l'État

Le ministre a notamment pris l'exemple de l'Office national des chemins de fer (ONCF), dont le programme d'investissement atteint 104 milliards de dirhams. Selon lui, additionner cette enveloppe à la dette de l'État sans tenir compte des modalités de financement de l'établissement conduit à une lecture inexacte des engagements publics.

Lekjaa a précisé que la contribution de l'État à ce programme s'élève à 1,2 milliard de dirhams. Il a rappelé que les investissements ferroviaires s'inscrivent dans des cycles longs, les nouvelles infrastructures nécessitant plusieurs années d'exploitation pour générer les recettes permettant leur amortissement.

Le même principe s'applique aux projets aéroportuaires. Le ministre a contesté les calculs qui intègrent automatiquement les investissements de l'Office national des aéroports (ONDA) dans l'endettement de l'État. Il a notamment évoqué la valorisation à cinq milliards de dirhams du foncier de l'aéroport Mohammed V, intégré aux actifs de l'Office, pour illustrer une forme de contribution publique qui ne correspond pas à un versement direct de trésorerie.

Concernant les équipements sportifs, le gouvernement a opté pour un financement étalé sur vingt ans. Ce mécanisme représente, selon Lekjaa, une contribution annuelle comprise entre 700 et 800 millions de dirhams. Il concerne également le futur Grand Stade Hassan II de Benslimane.

La facture définitive de cette infrastructure reste toutefois à déterminer. Le ministre a expliqué qu'elle ne pourra être arrêtée qu'une fois l'ensemble des marchés attribués.

À travers ces précisions, Fouzi Lekjaa entend répondre aux estimations faisant état d'un alourdissement considérable de la dette en raison des préparatifs du Mondial. La distinction qu'il établit entre les financements des établissements publics et les engagements budgétaires directs ne signifie cependant pas que ces investissements sont dépourvus de risques financiers ou d'effets sur l'endettement du secteur public.

Lekjaa interpellé sur les délais de réalisation

Au-delà du financement, les échanges parlementaires ont également porté sur la rapidité d'exécution des projets.

Interpellé sur le contraste entre les délais de construction des infrastructures sportives et ceux de certains établissements hospitaliers, Fouzi Lekjaa a reconnu la pertinence de cette préoccupation.

Les députés ont notamment soulevé la différence entre un stade pouvant être réalisé en deux ans et un hôpital dont la construction prendrait douze ans. Le ministre a indiqué partager leur interrogation sur les raisons de ces écarts.

Lekjaa a par ailleurs invité les parlementaires à visiter le chantier du Grand Stade Hassan II de Benslimane. Il a souligné la mobilisation d'entreprises et de compétences marocaines dans sa réalisation, rappelant également que 106 entreprises avaient participé aux travaux du Complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat.

Sur le plan budgétaire, le ministre s'est voulu rassurant quant à la trajectoire des finances publiques. Il a évoqué des résultats de recouvrement des recettes supérieurs aux prévisions initiales, annonçant la présentation de données détaillées arrêtées à fin octobre.

Le gouvernement maintient ainsi son objectif de poursuivre les investissements nécessaires à l'organisation du Mondial 2030 tout en préservant les équilibres financiers du pays. Reste la question de l'exécution des autres projets publics, notamment dans les secteurs sociaux, dont les délais continuent d'alimenter le débat.

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