Iran : les États-Unis frappent de nouveau, Téhéran riposte contre des bases américaines dans le Golfe
Les tensions entre Washington et Téhéran ont franchi un nouveau palier jeudi. Les États-Unis ont lancé une nouvelle série de frappes contre des installations militaires iraniennes, tandis que l'Iran affirme avoir riposté en visant plusieurs bases américaines au Koweït, à Bahreïn et au Qatar, faisant craindre un élargissement du conflit à l'ensemble du Golfe.

Selon l'armée américaine, près de 90 objectifs militaires ont été visés dans le sud et l'ouest de l'Iran. Les frappes auraient notamment ciblé des systèmes de défense antiaérienne, des installations de surveillance côtière ainsi que des dépôts de missiles et de drones. Washington présente cette opération comme une réponse aux attaques attribuées à l'Iran contre plusieurs navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz.
Le président américain Donald Trump a justifié cette nouvelle intervention en avertissant que toute nouvelle attaque iranienne entraînerait une réponse encore plus sévère. « Si cela se reproduit, ce sera bien pire », a-t-il déclaré sur son réseau social Truth Social.
Du côté iranien, les médias officiels font état d'au moins quatre morts, dont trois personnes tuées près de la ville d'Ahvaz et un pompier décédé après une frappe contre l'aéroport d'Iranchahr. D'autres infrastructures auraient également été touchées, notamment une base militaire située près de la centrale nucléaire civile de Bouchehr et un pont ferroviaire stratégique dans le nord du pays.
En représailles, les Gardiens de la Révolution et l'armée iranienne affirment avoir lancé des missiles et des drones contre plusieurs installations militaires américaines dans le Golfe. Les bases d'Arifjan et d'Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que celles de Juffair et Sheikh Isa à Bahreïn, figurent parmi les cibles revendiquées. L'Iran affirme également avoir visé une base américaine au Qatar.
Les autorités koweïtiennes ont indiqué avoir intercepté plusieurs missiles et drones. À Bahreïn, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti à deux reprises, tandis qu'au Qatar les habitants ont reçu une alerte en raison d'une menace sécuritaire jugée élevée.
Le détroit d'Ormuz demeure au centre de cette confrontation. Ce passage maritime est essentiel au commerce mondial puisqu'environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié y transitent. Téhéran continue d'affirmer qu'il entend contrôler les conditions de navigation dans cette zone stratégique, une position rejetée par les États-Unis et leurs alliés.
Cette nouvelle escalade intervient moins d'un mois après l'accord conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran, qui avait permis la réouverture du détroit d'Ormuz et la reprise de discussions destinées à apaiser les tensions. Les récents affrontements remettent toutefois en question cet équilibre fragile.
Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi. Le Brent de la mer du Nord poursuivait sa hausse jeudi, les investisseurs redoutant une aggravation de la crise dans l'une des principales régions productrices d'hydrocarbures au monde.
Pour plusieurs analystes, les deux camps cherchent désormais à démontrer leur capacité de dissuasion sans basculer dans une guerre ouverte. Mais à mesure que les échanges de frappes se multiplient, le risque d'un embrasement régional apparaît de plus en plus élevé.





