IPO AFMA : Une valeur de rendement
La cloche retentira une deuxième fois cette année à la Bourse de Casablanca avec l’introduction de l’assureur-conseil, AFMA, filiale de la holding multimétiers Groupe Ténor. Se présentant comme une valeur de rendement, AFMA cède 25% de son capital au marché (flottant), et accueille deux institutionnels dans son tour de table, CIMR et FIPAR.
On attendait Marsa Maroc ou encore Mutandis. Ce sera finalement le courtier en assurance, AFMA, filiale de la Holding Ténor Group, qui s’introduira en Bourse dès le 15 décembre prochain. La note d’information relative à l’IPO d’AFMA S.A vient d’être visée par le gendarme de la Bourse. L’IPO, dont la période de souscription se fera du 30/11/2015 au 2/12/2015 inclus (clôture anticipée possible à partir du 1er décembre 2015), consiste en la cession de 250.000 actions d’une valeur nominale de 10 dirhams, pour un prix de 720 dirhams par action. Le montant maximum de l’opération est de 180 millions de dirhams.
Le management de l’assureur-conseil a tenu une conférence de presse pour expliciter les objectifs de cette IPO et apporter certains éclairages sur l’opération. «L'objectif premier de cette opération est de donner les moyens financiers à Ténor Group, pour réinvestir dans le développement d’autres filiales du Groupe», assure Farid Bensaïd, PDG d’AFMA. Il s’agit également de renforcer la notoriété du groupe leader dans le secteur du courtage en assurance, de fidéliser le personnel à travers la mise en place d’une tranche dédiée aux salariés.
Désengagement ?
Par cette opération, AFMA cède 25% de son capital au marché (flottant). Par ailleurs, l’IPO sera suivie de transactions de blocs incluant deux institutionnels de poids, à savoir la CIMR (10%) et FIPAR (10%), filiale de la CDG, à un prix de 650 dirhams par action. A l’issue de l’IPO et de la transaction de blocs, la participation du Groupe Ténor dans AFMA passera de 100% à 55% du capital. «Il ne s’agit en aucun cas d’un désengagement de notre part», tient à préciser F. Bensaïd. «On ne peut pas parler de désengagement quand l'actionnaire majoritaire le reste après l'IPO. Ténor Group, tout en réduisant sa participation restera dans le capital», assure-t-il. Par ailleurs, il justifie la décote dont bénéficieront la CIMR et FIPAR : «ils s’engagent à rester au moins 3 ans dans le tour de table de AFMA». C’est aussi le prix à payer pour s’offrir un institutionnel de renommée dans le tour de table, qui apporte de la crédibilité et rassure le public, juge F. Bensaïd.
La Société Générale, en tant qu’organisme-conseil et co-chef de file du syndicat de placement, a procédé à la valorisation d’AFMA en utilisant la méthode de l’actualisation des flux de trésorerie futurs (méthode DCF), qui se fondent sur un businessplan de 5 ans que F. Bensaïd qualifie de «prudent» et à périmètre constant. Il en ressort une valeur des fonds propres de 824,1 dirhams par action, ce qui constitue une décote de 13% par rapport au prix retenu. Les multiples induits font ressortir un PE de 12,5 en 2016 (moins cher que la moyenne du marché qui est autour de 15) et un dividend yield de 8% en 2016 (deux fois plus que la moyenne du marché).
A propos de dividendes, F. Bensaïd signale que AFMA distribue la totalité de ses dividendes, se plaçant d’emblée comme une valeur de portefeuille. «Nous nous présentons comme une valeur de fond de portefeuille pour les investisseurs avec un taux de distribution de dividendes de 100%». Ce taux devrait rester inchangé au moins jusqu’en 2018.
Businessplan prudent
Les perspectives de développement du groupe tablent sur une hausse des primes nettes émises de 17% entre 2014 et 2015, et un TCAM de 3,8% pour la période comprise entre 2015 et 2018. Sur la même période, les commissions nettes évolueraient selon un TCAM de 5,2% tandis que le chiffre d’affaires afficherait sur la période du businessplan un TCAM de 5%. Selon le management, les croissances des primes et du CA entre 2014 et 2018 étaient inférieures aux croissances historiques, par précaution. Même si, comme le confie F. Bensaïd, «on compte faire le double de nos prévisions».
Avec 1,3 Md de primes gérées, 23 Mds de volumes d'activité et une présence dans plusieurs régions du Royaume à travers 8 filiales, et ce depuis 60 ans, la société revendique la position de leader devant son concurrent Agma Lahlou Tazi, déjà coté à la Bourse de Casablanca. A fin 2014, la société affiche un chiffre d’affaires de 160 millions de DH, et un RNPG de 60 millions de dirhams. AFMA compte capitaliser sur la dynamique du secteur des assurances au Maroc dont les perspectives sont prometteuses : un taux de pénétration de seulement 3,2% et une croissance sectorielle de 6% en 2014. ■
A. E.





