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Economie

Industrie textile: le secteur poussé vers la circularité

Plus tôt que prévu, le secteur du textile habillement va devoir s’investir dans l’économie circulaire. L’étude publiée par la Société financière internationale sonne comme une alerte. Les détails sur l’accélération de la mise en œuvre du sixième axe de la feuille de route 2022-2025 de l’Amith.

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 30 Juillet 2023 à 09:00
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Industrie textile: le secteur poussé vers la circularité

Le secteur du textilehabillement devrait goûter aux vertus de l’économie circulaire plus tôt que prévu par sa feuille de route 2022-2025. En effet, l’étude que vient de mener la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, en partenariat avec le gouvernement espagnol, sur «La circularité dans l’industrie marocaine du textile. Du linéaire au circulaire  : perspectives pour l’industrie marocaine du textile», sonne comme une alerte, notamment pour les exportations du secteur vers l’Union européenne (UE). En effet, suivant les orientations du Green Deal (Pacte vert), tous les partenaires de l’UE devraient se verdir pour continuer à exporter vers les 27. Les secteurs qui seront concernés en premier, dès 2026, sont ceux identifiés dans le cadre du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Ils seront immédiatement suivis par d’autres comme le textile. D’où l’intérêt de cette étude qui révèle que «pour assurer une véritable circularité, le Maroc doit passer en revue l’ensemble de la chaîne de valeur du textile, de la conception à l’approvisionnement, puis à la commercialisation, en tenant compte des déchets produits à ces différentes étapes, pour s’assurer que son industrie est à même de satisfaire aux exigences de l’Union européenne (UE)».

C’est comme cela que le pays pourra obtenir des résultats positifs qui incluent l’augmentation des exportations vers le bloc des 27, une part de marché plus importante à mesure que les acheteurs s’approvisionnent davantage auprès du Royaume et cherchent à raccourcir les chaînes d’approvisionnement, et la capacité de se positionner sur le vaste marché américain.

Le Maroc bien placé pour réussir le pari

Bien que ces mesures demandent des efforts considérables, l’IFC soutient que le Royaume est bien placé pour réussir le pari de la circularité dans l’industrie textile, pour plusieurs raisons liées notamment aux atouts du pays, ainsi qu’à la prise de conscience par les autorités nationales et les acteurs du secteur du textile de l’impératif de saisir cette opportunité et d’agir en urgence. L’étude révèle que la mise en place d’une économie circulaire dans l’écosystème du textile permettrait également de créer un plus grand nombre d’emplois et de nouvelles chaînes de valeur, au regard de l’importance vitale du secteur pour le Royaume. Mais la transformation de l’industrie marocaine du textile, de manière à ce qu’elle applique les principes de la circularité, ne se limite pas à l’utilisation d’énergies renouvelables ou à l’augmentation des taux de recyclage, prévient l’étude. Elle consiste également à utiliser moins d’intrants (tissus, colorants, eau et énergie) pour fabriquer des produits textiles en tirant le meilleur parti des moyens engagés.

Dans ce sens, l’étude met en exergue une série de mesures cruciales que le Maroc doit prendre pour atteindre cette ambition, dont la promotion de la récupération des déchets post industriels (en particulier les chutes de la salle de coupe) et des déchets pré-consommation, outre l’ouverture au niveau local d’usines modernes de collecte et de recyclage capables de transformer les déchets en fils et en tissus, et de recycler les vêtements importés invendus, même si cette dernière tâche nécessiterait d’adopter de nouvelles règles douanières. Il s’agit également de bâtir localement une industrie moderne et durable, qui fournit des éléments en amont comme le fil, le tissu, l’impression et la teinture, et qui assure la traçabilité pour les marques, et d’accroître les possibilités de collaboration avec des entreprises locales en amont de la chaîne de valeur. Cela aiderait le Maroc à satisfaire aux règles d’origines de la zone pan-euro-méditerranéenne relatives à l’accès préférentiel à l’UE.

Il est aussi question de passer de la mode éphémère et du modèle CMT (modèle coupe-assemblage-finition – Cut, Make and Trim) selon lequel les tissus proviennent de l’étranger, à un modèle pour lequel une plus grande quantité de matériaux est achetée localement, et qui offre aux acheteurs des articles issus d’un système de production de FPP (système de production de bout en bout-Full Package Production). Il s’agit en outre de collaborer étroitement avec l’UE et ses représentations pour le commerce international afin d’obtenir des conseils et, le cas échéant, solliciter des financements pour appuyer la transition, ainsi que de cibler les filières textiles dans lesquelles le Royaume dispose d’un avantage comparatif, et d’investir plus dans l’innovation et la technologie pour améliorer l’avantage concurrentiel du pays. Bref, c’est un énorme chantier d’urgence, qui chamboule toutes les prévisions arrêtées dans la feuille de route 2022-2025 de l’Amith. Ainsi, l’axe 6 du plan de développement de l’Association va certainement remonter en termes de priorité, surtout lorsque l’on sait que derrière se trouve la filiale de la Banque mondiale, dont le financement est exclusivement dédié au secteur privé.

Les autres axes de la feuille tout aussi importants

La feuille de route de l’Amith, telle qu’elle a été présentée en juillet dernier, porte sur un volet transformation de l’association qui s’articule autour de la consolidation des relations institutionnelles, du rétablissement de la confiance avec tous les membres, du renforcement de la position et de la notoriété de l’Amith, ainsi que sur un nouveau découpage territorial, avec une gouvernance régionale à Casablanca, Fès, Rabat et Tanger. Il y a également un axe dédié au soutien des entreprises textile et habillement (TH) pour accéder aux marchés. Pour ce faire, l’Amith assurera la synthèse, la diffusion et l’information des membres sur les nouveautés relatives aux accords de libre-échange, les règles d’origine et les conditions d’accès aux marchés internationaux, tout en soutenant les entreprises pour y accéder grâce aux audits et certifications.

L’association s’engage également à redéfinir l’offre exportable, à organiser des salons TH régionaux et promet de simplifier et améliorer les missions export et leurs prises en charge. Aussi, l’Amith compte participer à la validation des cahiers des charges des marchés publics pour faciliter l’accès à la commande publique. Un autre axe du plan d’action porte sur le renforcement de la compétitivité du secteur en amont. Ceci passe par la création de conditions favorables à l’investissement, l’amélioration des incitations à l’investissement en amont pour plus de compétitivité et par la reprise des formations textile en amont et la formation des experts internes techniques. L’autre axe stratégique  est la reconquête du marché local grâce au Made in Morocco. Pour y parvenir, l’Amith devrait réaliser des campagnes de communication sur l’offre TH marocaine auprès des consommateurs locaux. La plateforme de l’association mettra en place un espace dédié à la promotion des marques marocaines. Les entreprises nationales bénéficieront également d’un appui afin qu’elles atteignent une taille optimale.

Enfin, l’Amith devrait encourager l’intégration amont/aval. L’avant dernier axe de la feuille de route 2022-2025 de l’Amith porte sur la modernisation et l’industrie 4.0. Cela devra se traduire par l’accompagnement et l’information des entreprises TH dans leur digitalisation via une optimisation des processus, des formations et la création de la Smart Factory, entre autres. Dans le dernier axe, l’Amith promet de travailler sur l’intégration du grand Sud du pays (septième axe de sa nouvelle feuille de route). L’association voudrait ainsi faire de la région un hub subsaharien grâce au transfert de savoir-faire de l’industrie TH.

 

 

 

 

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