Industrie céramique : un pacte stratégique pour accélérer la montée en gamme
Porté par un protocole d’accord stratégique signé entre l’Association professionnelle des industries de la céramique et le ministère de l’Industrie et du Commerce, le secteur veut renforcer sa compétitivité et positionner davantage le «Made in Morocco» sur les marchés internationaux. Par Z. A.

La première édition de la Journée nationale de la céramique organisée par l’Association professionnelle des industries de la céramique (APIC), sous l’égide du ministère de l’Industrie et du Commerce, s’est tenue ce vendredi 15 mai à Casablanca. Elle a réuni industriels, architectes, designers, experts, institutionnels et acteurs publics autour des grands enjeux qui façonnent l’avenir du secteur de la céramique.
Lors de cet événement, l’APIC et le ministère de l’Industrie et du Commerce ont signé un protocole d’accord stratégique pour accompagner la structuration, la compétitivité et la transformation durable de la filière céramique marocaine. L’accord s’inscrit dans le cadre de l’Accord céramique 2026- 2030, feuille de route stratégique destinée à accompagner la transformation de la filière autour de plusieurs priorités : compétitivité industrielle, efficacité énergétique, structuration du marché, montée en gamme, innovation et valorisation du «Made in Morocco».
Monter en gamme
Omar Chaabi, président de l’APIC, a déclaré que la céramique marocaine dispose aujourd’hui «des fondamentaux industriels nécessaires pour franchir un nouveau cap». Selon lui, l’enjeu est désormais de «structurer une trajectoire commune entre acteurs publics et privés afin de bâtir une filière plus compétitive, plus innovante et créatrice de valeur pour le Royaume». Lors de son mot d’ouverture, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a rappelé qu’il s’agit d’une «industrie historique» qui figure dans «notre ADN».
«La céramique est pratiquée depuis la nuit des temps. Nous devons être fiers, puisque nous avons réussi à la maintenir, à la développer et à l’industrialiser, et je pense qu’elle a un bel avenir devant elle», a-t-il précisé. Mais pour cela, il faut «se donner les moyens ensemble pour pouvoir conquérir les nouveaux marchés». «Si je suis capable d'exporter des connecteurs en plastique en Chine, je pense qu'une céramique de la qualité que vous produisez a largement sa place dans le plus grand marché du monde», ajoute Mezzour. Même son de cloche chez Abdelouahed Rahhal, Directeur général du Commerce au ministère de l’Industrie et du Commerce, lors du 1er panel sous le thème «Quels leviers pour structurer et protéger la filière céramique?».
Le responsable affirme que le Maroc a les contrôles et les moyens nécessaires pour soutenir les industriels «à aller vers l’international». Les différents intervenants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité de la filière, d’accompagner sa modernisation et de consolider sa présence sur les marchés à fort potentiel, dans une logique de création de valeur industrielle nationale. Les échanges ont notamment porté sur la revalorisation de la céramique marocaine, la montée en gamme du «Made in Morocco», l’innovation, l’efficacité énergétique, les normes de qualité, les enjeux liés aux importations ainsi que les perspectives de développement et d’exportation de la filière.
Export pour l’économie
L’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) a mis en place plusieurs programmes à disposition des opérateurs, dont l’un d’entre eux s’intitule «Export pour l’économie». Selon Ali Seddiki, DG de l’AMDIE, il y a près de 400 bénéficiaires de ce programme. Cela permet de «participer à des événements internationaux, de faire partie des fameux «Launch Shows» (ou événement de lancement) pour aller à la rencontre des centrales d'achat, des distributeurs. Il s'agit également de participer à des séances de formation avec les différents opérateurs sur tout ce qui est lié à une disposition, comme des outils qui seront aussi déployés par le département du Commerce». Dans la filière de la céramique, Ali Seddiki affirme qu’il existe une augmentation des exportations, portées à 110 millions de dollars.





