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Economie

Industrie automobile: le secteur franchit un nouveau cap majeur

Le Royaume est dans le top 3 mondial en matière de compétitivité. Avec l’annonce de modèles marocains, le secteur prend un nouvel envol.

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 17 Juin 2023 à 09:15
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Industrie automobile: le secteur franchit un nouveau cap majeur

Le Maroc est entré de plain-pied dans le club restreint des producteurs de véhicules. Certes, le pays a lancé son industrie automobile depuis les années 50 à travers la Somaca, mais l’implantation de l’usine de Renault à Tanger en 2008 et celle de Stellantis à Kénitra en 2019 ont donné un nouvel élan au secteur. En 2022, la production de voitures a frôlé les 700.000 unités. Il est prévu d’atteindre un million de véhicules produits d’ici 2025, et de passer à deux millions d’ici 2030. En termes de compétitivité, le Royaume est actuellement derrière la Chine et l’Inde, mais l’ambition est d’améliorer d’autres indicateurs, notamment l’export, le nombre d’emplois créés, les investissements et le taux d’intégration. Celui-ci est actuellement de 69%, et à l’horizon 2030, on prévoit d’atteindre 80%.

Au niveau des ventes, le secteur génère une valeur de plus de 100 milliards de DH et l’effectif employé dépasse les 220.000 personnes. Pour Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, «une nouvelle ère s’annonce pour l’industrie marocaine qui ambitionne de monter en gamme et en compétence, afin de devenir une destination de choix pour les opérateurs internationaux». Plusieurs défis restent toutefois à relever pour atteindre le statut de «Best solution», principalement ceux de la formation, de l’innovation et de la décarbonation. «Après avoir été, dans un premier temps, une destination «low cost», avec une main-d’œuvre bon marché, puis «Best cost», avec le meilleur rapport qualité/coût de production,

l’industrie automobile devrait faire du Maroc une destination «Best solution», qui offre aux constructeurs les meilleures solutions pour être compétitifs et efficients grâce à l’innovation et la recherche», indique Mezzour. Il y a quelques mois, la filière a pris un tournant avec la présentation au Roi de deux modèles Made in Morocco. Le premier à combustion thermique, fruit d’un programme du constructeur marocain Neo Motors, et le second, fonctionnant à l’hydrogène. C’est un prototype conçu par la société NamX, baptisé HUV (Hydrogen Utility Vehicle). «Ces deux initiatives industrielles s’inscrivent en droite ligne des hautes orientations royales visant à orienter le secteur privé vers l’investissement productif, notamment dans les filières de pointe et d’avenir et à stimuler l’émergence d’une nouvelle génération d’entreprises dans le Royaume», souligne Mezzour dans une déclaration télévisée. «Elles viennent également consacrer la vision royale en matière de développement durable et de promotion des énergies renouvelables, particulièrement la filière émergente de l’hydrogène vert», ajoute-t-il.

Premier exportateur du Royaume

Au niveau de l’export, la filière est devenue depuis quelques années le premier exportateur du pays, devançant les phosphates et l’agriculture. Selon l’Office des changes, l’activité a réalisé en 2022 une valeur à l’export de près de 111, 29 milliards de DH, soit une hausse de 33% par rapport à 2021. Cette valeur culmine à 44,91 milliards de dirhams (MMDH) à fin avril 2023, en hausse de 40,4% par rapport à la même période une année auparavant. Cette évolution fait suite à la hausse des ventes de tous les segments du secteur, à savoir la construction (+40,4%), le câblage (+43,4%) et l’intérieur des véhicules et sièges (+29,2%). Avec l’extension de l’activité des deux conducteurs automobiles présents au Royaume, la montée en cadence des équipementiers et l’arrivée de nouveaux investisseurs dans le secteur, l’industrie automobile devrait doubler ses exportations dans les années à venir.

Il faut dire queles deux projets sont novateurs. Ils permettront de renforcer la promotion du label «Made in Morocco» et de conforter la place du Royaume en tant que plateforme compétitive de la production automobile. «Les modèles Made in Morocco devraient donner un nouvel élan à l’industrie automobile nationale. Ils permettront de diversifier la filière à travers une nouvelle offre produit et de se projeter vers de nouveaux horizons en développant le savoir-faire national dans ce domaine. Ils ont tous les ingrédients nécessaires pour réussir, dont notamment un écosystème d’équipementiers en plein essor, des ressources humaines qualifiées et un marché à fort potentiel de croissance», souligne Youssef Idrissi, professeur d’économie industrielle à l’Université Hassan II de Casablanca.

Et de préciser que «les deux projets représentent une réelle opportunité pour le Royaume. Du fait que quasiment tous les grands constructeurs ont annoncé ne plus produire de voitures à moteur à combustion (Diesel ou essence), pour se concentrer sur l’électrique, l’hybride ou l’hydrogène. A un moment donné, il n’y aura plus d’offre pour ce type de véhicules ou, du moins, elle sera réduite. Les pays émergents, dont le Maroc, ne sont pas assez préparés pour cette transition. Du coup, ils auront besoin des motorisations thermiques pour faire fonctionner les véhicules. Une entreprise comme Neo Motors devrait conforter son positionnement et augmenter progressivement sa cadence de production pour répondre à terme non seulement aux besoins du marché local, mais aussi aux marchés étrangers».

Il faut noter que les voitures à hydrogène sont un concept qui a le vent en poupe actuellement. Ce genre de prototypes est de plus en plus exposé dans les salons automobiles. Ils suscitent l’intérêt des gouvernements, des startups, des investisseurs, des bureaux de recherche et développement, des maisons de dessins et aussi des préparateurs.  Présent au dernier Mondial de l’automobile de Paris, le véhicule NamX a été très apprécié par la presse spécialisée. Dessiné par le célèbre cabinet italien de stylisme Pininfarina qui collabore avec de grands constructeurs, il se démarque par ses qualités esthétiques, et surtout techniques. De plus, il est facilement rechargeable et assure une large autonomie. «L’entreprise marocaine NamX a des perspectives d’avenir prometteuses dans ce domaine. Le marché est très demandeur, particulièrement dans les pays développés. C’est un domaine porté par l’innovation. Il est donc important d’assurer un accompagnent adéquat à ce projet, que ce soit en matière de financement ou de R&D», explique Idrissi.

 

 

 

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