Le HCP mise sur une croissance de 5,4% au troisième trimestre après 4,8% au deuxième
L'économie marocaine devrait poursuivre sa trajectoire de reprise au cours de l'année 2026. Selon le dernier point de conjoncture du haut-commissariat au Plan (HCP), la croissance du produit intérieur brut (PIB) s'établirait à 4,8% au deuxième trimestre avant de s'accélérer à 5,4% au troisième trimestre.

Après un premier trimestre marqué par une croissance de 4,6%, le HCP estime que l'économie nationale a démontré une capacité de résistance malgré un environnement international particulièrement tendu.
La reprise agricole, favorisée par une campagne céréalière bénéficiant de meilleures conditions climatiques, demeure le principal moteur de cette dynamique. La valeur ajoutée du secteur agricole aurait ainsi progressé de 20,5% au deuxième trimestre, après une hausse de 18,4% au premier trimestre.
Les services continuent également de soutenir l'activité économique. Le tourisme, les transports et le commerce affichent des performances solides, avec une progression de leur valeur ajoutée de 4,3%, tandis que le secteur de la construction amorce une reprise après plusieurs trimestres de ralentissement.
En revanche, l'industrie manufacturière reste sous pression. Malgré la bonne tenue des filières automobile et agroalimentaire, les industries du textile, de la chimie et de l'électrique pâtissent du ralentissement de la demande extérieure.
La demande intérieure demeure le principal levier de croissance. La consommation des ménages devrait progresser de 4,7% au deuxième trimestre, soutenue par l'amélioration des revenus, notamment en milieu rural, le retour des dépenses liées à l'Aïd Al-Adha et le renforcement du crédit aux ménages.
L'investissement resterait dynamique, même si son rythme ralentirait légèrement, avec une progression de 9,4% après 10,8% au premier trimestre, dans un contexte de hausse des coûts de production pesant sur les marges des entreprises.
Accentuation du déficit commercial
En revanche, le commerce extérieur continue de freiner l'activité. Les exportations progressent à un rythme soutenu (+9,2%), mais demeurent insuffisantes face à une hausse plus rapide des importations (+12,7%), alimentée par la vigueur de la demande intérieure.
Cette évolution accentue le déficit commercial, tandis que le besoin de financement de l'économie reste proche de 1,5% du PIB. Le déficit budgétaire s'élargit également sous l'effet de l'augmentation des dépenses de compensation et du maintien d'un important effort d'investissement public.
Sur le front des prix, l'inflation repartirait légèrement à la hausse pour atteindre 1,1% au deuxième trimestre contre -0,1% au trimestre précédent.
Cette remontée s'explique essentiellement par le renchérissement des produits énergétiques, alors que les prix alimentaires poursuivent leur baisse, mais à un rythme moins prononcé.
Les conditions monétaires demeurent favorables.
Les crédits à l'économie accélèrent leur progression pour atteindre 10% en glissement annuel, tandis que Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25% pour le cinquième trimestre consécutif.
La masse monétaire poursuit également son expansion, même si le système bancaire continue de faire face à un déficit de liquidité nécessitant un recours accru au refinancement de la Banque centrale.
Sur le marché financier, la prudence reste de mise. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les incertitudes pesant sur l'économie mondiale, le MASI limiterait son repli à 0,4% au deuxième trimestre, après une baisse de 3,4% au premier trimestre.
La capitalisation boursière continuerait néanmoins de progresser de 8,8%, tandis que les volumes de transactions reculeraient sensiblement.
Pour le troisième trimestre, le HCP anticipe une accélération de la croissance à 5,4%. Cette amélioration serait portée par la poursuite du redressement agricole (+19,9%), le regain attendu des industries manufacturières et extractives ainsi que le maintien du dynamisme des services.
L'investissement productif retrouverait davantage de vigueur (+11,1%), soutenu par les grands chantiers d'infrastructures, tandis que la consommation des ménages resterait le principal moteur de l'économie avec une progression de 4,9%. L'inflation demeurerait maîtrisée autour de 1,2%.
Le HCP souligne toutefois que ce scénario reste exposé à plusieurs facteurs de risque.
Les tensions géopolitiques, l'évolution des prix de l'énergie et les incertitudes entourant le commerce international pourraient affecter les perspectives.
Malgré ces aléas, l'institution estime que les fondamentaux de l'économie marocaine demeurent solides, grâce au redressement de l'agriculture, à la vigueur de la demande intérieure et au maintien de conditions monétaires favorables.





