Gouvernement El Mansouri : les grands changements du nouvel exécutif
Le Roi Mohammed VI a nommé, vendredi 16 octobre au Palais Royal à Rabat, les membres du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri. Fouzi Lekjaa aux commandes des Finances, un portefeuille économique élargi pour Ryad Mezzour, l’intelligence artificielle inscrite dans un intitulé ministériel et une nouvelle organisation de l’éducation : le nouvel exécutif redistribue plusieurs responsabilités, tout en maintenant des figures de l’équipe sortante.

Les changements se lisent autant dans les noms que dans les intitulés. Avec le gouvernement El Mansouri, nommé ce vendredi au Palais Royal à Rabat, plusieurs départements changent de titulaire, tandis que d’autres voient leur périmètre élargi. L’économie, l’éducation, le numérique et l’emploi concentrent une bonne partie de cette réorganisation.
La composition annoncée compte 32 membres, cheffe du gouvernement comprise. La nouvelle équipe associe des responsables reconduits, des changements de fonctions et de nouvelles entrées. Elle conserve notamment Abdelouafi Laftit à l’Intérieur, Nasser Bourita aux Affaires étrangères, Abdellatif Ouahbi à la Justice et Ahmed Toufiq aux Habous et aux Affaires islamiques. Abdeltif Loudyi reste, lui aussi, chargé de l’Administration de la Défense nationale. En revanche, le Secrétariat général du gouvernement passe de Mohamed Hajoui à Hassan Tariq.
Lekjaa et Mezzour au cœur de la nouvelle organisation économique
Le changement est particulièrement visible aux Finances. Jusqu’ici ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa prend la tête du ministère de l’Economie, des Finances et de la Performance publique, succédant à Nadia Fettah. L’ajout de la performance publique donne une indication sur le périmètre affiché du département, même si sa traduction administrative devra encore être précisée.
Dans le même mouvement, Ryad Mezzour conserve l’Industrie et le Commerce, auxquels s’ajoutent l’Investissement et l’Inclusion économique. Ces responsabilités, auparavant réparties entre plusieurs départements, sont désormais réunies dans un même intitulé. Pour les entreprises, l’un des points à suivre sera l’organisation concrète de cet ensemble : accompagnement des projets, coordination des administrations et articulation avec le commerce extérieur, confié au ministre délégué Omar Hejira.
L’emploi dispose, pour sa part, d’un ministère consacré à l’Emploi et au Dialogue social, attribué à Abderrahim Chahid. Cette répartition distingue ainsi, dans les portefeuilles annoncés, l’inclusion économique du suivi de l’emploi et des relations sociales.
L’IA entre dans l’intitulé d’un ministère
Le numérique change également de dimension : Ahmed Rahhou prend les commandes du ministère de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’Administration. Le numérique était jusqu’ici porté par un ministère délégué chargé de la Transition numérique et de la Réforme administrative.
L’intelligence artificielle bénéficie donc d’une visibilité explicite dans la nouvelle architecture gouvernementale. Le portefeuille rassemble cette technologie, la transformation numérique et la modernisation administrative, avec Aïcha Guellaa comme ministre déléguée chargée de la Réforme de l’Administration. Reste à connaître les missions détaillées, les moyens et les objectifs qui accompagneront cette organisation. L’intitulé fixe un champ d’action ; il ne constitue pas encore une feuille de route.
L’éducation réorganisée, les Sports changent de rattachement
À l’éducation, Nabil Benabdallah prend la tête d’un ensemble réunissant l’Education nationale, le Préscolaire, la Formation professionnelle et la Qualification. Deux ministres délégués l’accompagnent : Kamal Hachoumi pour le Préscolaire et la Lutte contre la Déperdition scolaire, et Madiha Khayr pour la Formation professionnelle et la Qualification.
Cette organisation rend particulièrement visibles deux dossiers : le maintien des élèves dans le système éducatif et leur préparation à une qualification professionnelle. Leur articulation avec l’école sera l’un des enjeux du département.
Les Sports, auparavant associés à l’Education nationale, rejoignent le portefeuille de Mohamed Mehdi Bensaid, désormais ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports. L’Enseignement supérieur reste, de son côté, confié à Azzeddine El Midaoui.
Souveraineté alimentaire, énergie et nouveaux visages
La réorganisation concerne également les ressources naturelles. Khalid Hatimy est nommé à l’Agriculture, à la Pêche maritime et à la Souveraineté alimentaire. Cette dernière notion apparaît expressément dans le titre du ministère. Nizar Baraka prend, quant à lui, la responsabilité de l’Equipement, de l’Eau et des Forêts.
Charafat Afailal se voit confier l’Energie, les Mines et le Développement durable. À la Santé et à la Protection sociale, Youns Bjijou prend les commandes, tandis que Jalal Charaf est nommé au Tourisme, à l’Artisanat et à l’Economie solidaire. Najwa Koukouss hérite du ministère de la Famille, du Développement social et de l’Egalité.
Enfin, Samir Belfkih cumule l’Aménagement du territoire national, l’Urbanisme, l’Habitat et la Politique de la ville avec la fonction de porte-parole du gouvernement. Il sera ainsi chargé de porter la parole de l’exécutif, en plus de son portefeuille ministériel.





