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Etablissements bancaires : L’information financière : une pure gageure

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 27 Mars 2017 à 11:51
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Le développement de l’information sur les prix et les prestations est le premier impératif pour permettre aux usagers de comparer les prix des prestations sur un marché qui se veut libre. Le recours aux nouvelles technologies faciliterait graduellement l’accès, entre autres, aux plans tarifaires préalables disponibles.

 

Les banques jouent-elles convenablement le jeu de la concurrence au niveau de leur offre de services (frais de gestion du compte, carte de paiement, découvert, prix, commissions…) ? Face à une armada de services financiers et une tarification très variable, lesquels choisir ? Des questions que se pose tout un chacun, désemparé face à la multiplicité et des produits et des tarifs y afférents. Dans une étude récente, publiée par le Centre marocain de conjoncture, les analystes ont apporté des éléments de réponse mettant en exergue l’asymétrie de l’information bancaire. Ils partent de l’idée que la banque, comme toute autre entreprise, offre à sa clientèle des produits et services moyennant une tarification déterminée. Du coup, il est tout à fait normal pour chaque usager de procéder à une comparaison entre les offres commerciales disponibles avant de conclure un contrat. Il ne s’agit pas d’une mince affaire étant donné, qu’aussi bien la tarification en vigueur que l’information disponible suscitent des interrogations du point de vue de la clientèle. C’est dire la compréhension de la tarification des services proposés, par le client moyen, relève de la pure gageure. La première raison consiste en la généralisation de la politique de répercussion facile par l’ensemble des institutions de crédit sur les usagers de toute autre panoplie de frais (frais liés à la délivrance d’un chèque certifié, au retrait déplacé par chèque personnel ou par chèque de banque, frais induits par la délivrance de tout document ou attestation ayant trait au relevé de compte, au solde…). La seconde raison relève de l’absence d’une nomenclature standardisée revêtant la forme d’un guide facile à comprendre, élaboré par le Groupement professionnel des banques marocaines (GPBM). L’absence d’un tel support, à même de permettre un comparatif entre les services offerts par les banques, laisse une grande latitude à ces dernières de pratiquer des tarifications parfois successives au regard des services proposés. Certains produits sont assujettis à un forfait, et parfois la tarification varie en fonction de certains critères tels que le solde, le nombre d’opérations réalisées sur le compte durant la période de facturation… Des mesures qui sont de nature à désorienter les clients.

Le crédit logement sort du lot 

Les analystes du CMC pointent également du doigt, la montée en puissance des pratiques tarifaires discrétionnaires. Ils font allusion au calcul du prix du crédit, qui dépend pour partie des éléments objectifs (coût de l’argent, coût technique et celui du risque), et pour une autre partie des éléments intéressant la marge des banquiers sous forme de commissions, dont le seuil dépend du paramètre concurrentiel et de la clientèle visée (particulier, PME, TPE…). «La gestion du compte est ainsi rémunérée moyennant des frais de tenue de compte sous forme de forfait annuel appliqué à l’ensemble des clients sans distinction, ou d’un forfait sous certaines conditions telles que la nature de la clientèle MRE ou résidents», apprend-on dans la lettre du CMC. 

En effet, le principe de l’équilibre entre l’offre et la demande nécessite une réglementation allant dans le sens d’une plus grande transparence des pratiques commerciales des banques. Or, nous remarquons une différenciation du coût des virements et prélèvements qui se joue essentiellement au niveau du décalage entre les dates d’opérations et les dates de valeur. Ajoutons à cela, le fait que le recours à la banque à distance n’est pas encore une pratique courante au Maroc, en raison de sa jeunesse, mais, surtout, en relation avec les frais d’abonnement, et ce en comparaison avec l’utilité d’un tel service.

Autre élément important est la rémunération du découvert bancaire, qui, souvent, réserve des surprises aux bénéficiaires. Les intérêts débiteurs varient d’une banque à une autre et dépendent du taux pratiqué, qui est très rarement négocié, du montant du découvert et sa durée. En revanche, le crédit logement reste l’un des rares créneaux où les banques font jouer le levier de la concurrence. Parce que les clients ne contractent un crédit logement qu’après une étude approfondie des différentes offres. 

Toutefois, les contrats signés réservent des surprises et des coûts non réels lors de la négociation, tels que les pénalités en cas de remboursement anticipé.

Face à tous ces écueils, deux recommandations s’imposent. Le développement de l’information sur les prix et les prestations est le premier impératif pour permettre aux clients de comparer les prix des prestations comme tout autre produit ou service sur un marché libre. Le recours aux nouvelles technologies de l’information faciliterait graduellement l’accès des consommateurs aux plans tarifaires préalables disponibles. Ensuite, l’élaboration d’un guide de services avec une nomenclature standardisée s’avère primordiale pour éviter ces informations, qui sont présentées d’une manière disparate d’une banque à une autre. 

 

La carte de paiement : un exemple édifiant

L’obtention d’une carte de paiement est génératrice de beaucoup de frais : cotisations annuelles qui varient en fonction des fonctionnalités de ce moyen de paiement, frais d’utilisation de la carte lors des retraits et paiements, et éventuellement frais d’opposition en cas de perte ou de vol. Globalement, il est impossible de pouvoir évaluer avec certitude ce que peuvent coûter les moyens de paiements électroniques, et encore moins la comparaison des intérêts bancaires.

 

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