L'Epargne sous toutes ses facettes : Des milliards de DH mobilisés, des ménages à l’étroit
Seuls 2,8% des ménages déclarent épargner au troisième trimestre 2026, alors que l’épargne nationale a atteint 535,6 milliards de dirhams en 2025. Les données du HCP éclairent deux réalités : la progression des ressources de l’économie et les difficultés des familles à dégager un surplus. À l’approche du Salon de l’Épargne, elles rappellent aussi l’importance de distinguer capacité à économiser et choix des placements.

Pour une grande partie des ménages marocains, mettre de l’argent de côté reste difficile. Au troisième trimestre 2026, 58,2% déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 39% doivent s’endetter ou puiser dans leur épargne. Seuls 2,8% affirment épargner une partie de leurs revenus, selon la dernière enquête de conjoncture du haut-commissariat au Plan (HCP).
Cette marge étroite pèse également sur les perspectives. À peine 7,5% des ménages pensent pouvoir épargner au cours des douze prochains mois contre 92,5% qui ne l’envisagent pas. Pour les familles concernées, la priorité est donc de préserver l’équilibre du budget ou de reconstituer une réserve entamée pour financer les dépenses courantes.
À l’échelle nationale, pourtant, les montants progressent. Dans la série actualisée des comptes nationaux provisoires de 2025, l’épargne nationale brute passe de 414,8 milliards de dirhams en 2023 à 473,9 milliards en 2024, puis à 535,6 milliards en 2025. Son poids dans le produit intérieur brut augmente parallèlement : 27,9%, 29,4% et 31,1%.
Ces évolutions ne se contredisent pas. L’épargne nationale comprend celle des entreprises et des administrations publiques, en plus de celle des ménages. Sa hausse ne permet donc pas de conclure à une amélioration généralisée des budgets familiaux.
Ce que les moyennes ne disent pas
La ventilation sectorielle du HCP permet de mieux comprendre cette structure. Dans les comptes de 2024 publiés en décembre 2025, les sociétés financières et non financières contribuaient à hauteur de 60,3% à l’épargne nationale. Les ménages et les institutions sans but lucratif à leur service en représentaient 26,8%, contre 12,9% pour les administrations publiques.
Dans cette même publication, l’épargne brute des ménages atteignait près de 120 milliards de dirhams en 2024, après 104,1 milliards en 2023. Leur taux d’épargne s’établissait à 11,3%, contre 10,5% une année auparavant. Mais la consommation finale absorbait encore 89,2% de leur revenu disponible brut en 2024.
La mobilisation de l’épargne reste néanmoins un enjeu de financement. Entre 2023 et 2025, l’investissement brut est passé de 29% à 33,6% du PIB, une progression supérieure à celle du ratio d’épargne. Le besoin de financement de l’économie s’est donc creusé : 0,9% du PIB en 2023, 1,2% en 2024 et 2,5% en 2025.Les comptes du deuxième trimestre 2026 prolongent cette tendance. L’épargne nationale brute atteint 135,6 milliards de dirhams, en hausse de 2,7% sur un an. Elle représente toutefois 30,6% du PIB, contre 31,1% un an auparavant, alors que l’investissement brut monte à 35,6%. Le besoin de financement s’établit ainsi à 5% du PIB, contre 2,4% au même trimestre de 2025.
Pour les particuliers, ces enjeux économiques se traduisent par des questions concrètes. Quelle somme garder disponible ? Quelle durée d’engagement accepter ? Quels frais réduisent la rémunération annoncée ? Dans quelles conditions récupérer son argent ? En sachant qu’une réserve destinée aux imprévus ne répond pas aux mêmes exigences qu’un placement préparant un projet à long terme. C’est à ces besoins d’explication que peut répondre le Salon de l’Épargne, organisé par Finances News Hebdo du 2 au 5 décembre 2026 à l’église Sacré-Cœur, à Casablanca.





