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Economie

Entretien : Compétitivité : Le statu quo

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 27 Mars 2017 à 12:15
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• Le dernier rapport du World economic forum fait montre que le Maroc n’a enregistré aucune avancée en matière de compétitivité par rapport à 2014. • Aussi, les quelques progrès réalisés demeurent insuffisants face aux challenges à relever. Jawad Kerdoudi, président de l’IMRI, insiste sur la formation professionnelle et l’éducation comme de véritables leviers de compétitivité. 

 

Finances News Hebdo : Dans son dernier rapport, le World économic forum a classé le Maroc au 72ème rang sur 140 pays, soit à un niveau comparable à celui de 2014. Quelle appréciation faites-vous de ce classement ? Et qu’est-ce qui, malgré les actions entreprises de part et d’autre, plombe encore la compétitivité de notre économie ?

Jawad Kerdoudi : Le classement du World economic forum donne au Maroc une position moyenne par rapport au reste du monde et indique qu’il n’a pas fait de progrès dans ce domaine par rapport à l’année 2014. La compétitivité d’une économie, qui consiste à produire des biens et des services avec le meilleur rapport qualité/prix, relève de plusieurs registres. Il s’agit tout d’abord du niveau d’éducation général dans le pays, de la qualité de la formation professionnelle, de l’efficacité de la gouvernance publique et privée, et de la modernisation de l’équipement dans le secteur industriel. Or, dans tous ces domaines, le Maroc est loin d’avoir atteint les meilleurs résultats. 

F.N.H. : Dans le même registre, comment le Maroc se positionne-t-il par rapport aux efforts fournis et aux résultats cumulés obtenus au cours des dernières années et par rapport aux performances des pays émergents ? 

J. K. : Certes, l’économie marocaine a fait des progrès de compétitivité durant la dernière décennie. Mais elle est insuffisante si on la compare, par exemple, à la Corée du sud, qui a basé sa compétitivité sur l’éducation et la formation professionnelle; ou encore à la Chine, qui bénéficie d’une productivité maximale de ses travailleurs. 

F.N.H. : Le lancement des différents plans (Maroc Vert, Vision 2020, Accélération industrielle…) a révélé au grand jour l’inadéquation entre les besoins en qualification appropriées aux nouveaux métiers et une offre disponible formée de diplômés-chômeurs de l’enseignement supérieur en constante augmentation. Pouvons-nous dire que cela se traduit par un environnement peu favorable à la promotion de l’investissement ? 

J. K. : Il est vrai que notre système d’enseignement public ne répond pas aux besoins de notre économie et aux différents plans sectoriels qui ont été lancés dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme, des énergies renouvelables et de l’économie numérique. Cependant, les universités marocaines ont lancé des Masters spécialisés, et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) a mis en place des formations spécifiques, par exemple pour l’industrie automobile et aéronautique ou pour les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Il faut multiplier les formations spécifiques car c’est le seul moyen de lutter efficacement contre le chômage.

F.N.H. : Quelle appréciation pouvons-nous faire des mesures de soutien du tissu entrepreneurial, en l’occurrence celles relatives à l’assouplissement des procédures administratives et au financement des entreprises ? 

J. K. : Les autorités publiques marocaines sont conscientes de la nécessité d’assouplissement des procédures administratives et ont lancé une Commission interministérielle pour améliorer le climat des affaires en collaboration avec la CGEM. Quant au financement des entreprises, beaucoup d’efforts ont été faits récemment pour faciliter l’accès bancaire aux PME et même aux TPME.

F.N.H. : Les crédits bancaires accordés au financement de l’économie ont connu une certaine décélération au cours des deux dernières années. Cela ne risque-t-il pas d’impacter leur productivité et leur agressivité sur le marché international ? 

J. K. : Le volume des crédits bancaires est fonction de l’activité économique et de sa croissance. La décélération des crédits bancaires durant les deux dernières années témoigne d’un certain essoufflement aussi bien de la production que des investissements. Il faudrait prendre des mesures de relance en facilitant davantage l’accès au crédit et en procédant à une baisse des taux d’intérêt. 

 

Propos recueillis par S. Es-siari

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