Entre 200 et 400 millions de dollars par an alloués au Maroc
L’événement a été l’occasion de revenir, avec Abderrahman El Mezouari Elglaoui, Directeur Régional de la BID à Rabat, sur l’activité de la BID au Maroc.
Finances News Hebdo : Comment évaluez-vous le portefeuille de la BID au Maroc, et à combien se chiffre l’investissement dans le Royaume ?
Abderrahman Elglaoui : Le Maroc peut être considéré comme l’un des partenaires les plus importants de la BID en termes de volumes mais également en termes de qualité de projets et de coopération entre les différents pays membres de la BID. Par rapport à l’activité de la Banque, il s’agit d’une activité qui se situe d’une année sur l’autre entre 200 et 400 millions de dollars d’approbation, dans des secteurs divers essentiellement orientés vers l’infrastructure, à savoir l’énergie, l’eau, l’assainissement, les autoroutes, l’électrification rurale, etc… Nous avons également, par le biais de notre filiale chargée du financement du commerce extérieur (Société internationale islamique de financement du commerce ndlr), des activités de financement des exportations pour un certain nombre de grandes entreprises marocaines, et ce depuis de nombreuses années. L’OCP par exemple fait partie de nos clients. De manière générale, les projets que nous finançons au Maroc sont des projets de grandes tailles. Ce sont des projets importants, bien structurés, et qui sur le plan de leur exécution, ne posent pas de difficultés particulières. La banque utilise par ailleurs l’expertise marocaine dans le cadre de ses programmes de coopération. Vous n’êtes pas sans savoir que la BID a une particularité, puisque c’est la seule banque de développement qui n’appartient qu’à des pays du Sud. Et donc dès la création de la BID en 1973, nous avons cherché à transposer les expériences réussies d’un pays vers un autre, de former des jeunes au sein des pays membres, de permettre des mises à dispositions d’experts, etc… Et à ce titre, le Maroc, dans des domaines tels que celui de la santé, de la gestion de l’eau, de l’électricité, de l’éducation, nous sert de centre d’expertise au profit d’un certain nombre de partenaires dans les autres pays membres.
F.N.H. : Vous ne ciblez pas que les projets d’envergure. Vous développez également un programme de financement de microprojets ?
A. E. : Nous avons effectivement une opération en cours qui consiste à développer la micro finance avec une vision particulière : il ne s’agit pas de donner des crédits «secs», mais de faire accompagner ces financements par un apprentissage, une mise en réseau, un soutien au développement et à la commercialisation, des programmes d’alphabétisation, etc… Pour nous, la lutte contre la pauvreté passe par la mise à disposition de ressources financières certes, mais surtout, par la mise à disposition au profit des populations ciblées d’un certain nombre d’outils leur permettant de se prendre en charge de manière plus efficace.
F.N.H. : La loi sur la finance participative au Maroc vient d’être adoptée. Le Maroc peut-il devenir une destination importante pour les capitaux islamiques ?
A. E. : Je pense que oui. C’est quelque chose qui enrichit le paysage financier marocain et qui permettra de répondre à des attentes particulières que pourraient avoir des investisseurs des pays du Golfe ou d’ailleurs. Je suis tout à fait optimiste sur ce sujet là.
Propos recueillis par A. E.





