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Drâa-Tafilalet : Le pari du tourisme d’expérience

Forte d’un patrimoine naturel et culturel exceptionnel, la région mise sur l’essor du tourisme d’expérience pour changer de statut. Mais pour franchir un nouveau cap, elle devra relever plusieurs défis, de la connectivité aérienne à la montée en gamme de son offre, afin de faire du séjour le cœur de son modèle de développement.

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 9 Septembre 2026 à 10:00
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Drâa-Tafilalet : Le pari du tourisme d’expérience

Avec ses oasis, ses kasbahs, ses dunes et ses paysages spectaculaires, Drâa-Tafilalet incarne l’une des images les plus emblématiques du Maroc. Longtemps cantonnée aux circuits sahariens, la région s’affirme progressivement comme une destination à part entière, portée par la montée en puissance du tourisme d’expérience. Dans un contexte où les voyageurs recherchent davantage d’authenticité, de nature et de dimension culturelle, elle apparaît comme l’un des territoires les mieux positionnés pour accompagner la diversification de l’offre touristique nationale.

La région dispose d’atouts difficilement reproductibles. Elle réunit les vallées du Drâa et du Ziz, les gorges du Todgha et du Dadès, les dunes de Merzouga et de M’Hamid, ainsi que les vastes palmeraies du Tafilalet. À cette richesse naturelle s’ajoute un patrimoine historique exceptionnel, illustré par les ksour, les kasbahs et les anciennes routes caravanières qui reliaient autrefois le Maroc à l’Afrique subsaharienne.

Le tourisme culturel constitue d’ailleurs l’un des principaux moteurs de l’activité. Le ksar d’Aït Ben Haddou, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, demeure l’un des sites les plus visités du Royaume. Ouarzazate, quant à elle, bénéficie d’une notoriété internationale grâce à ses studios de cinéma, qui accueillent régulièrement de grandes productions étrangères et alimentent un tourisme cinématographique en plein essor. Cette diversité permet à la région de développer une offre particulièrement large : tourisme saharien, écotourisme, randonnée, découverte des oasis, sports de nature, séjours culturels ou encore hébergements de charme.

Autant de segments qui répondent à l’évolution des attentes des visiteurs, de plus en plus attirés par les expériences immersives plutôt que par le tourisme balnéaire traditionnel.

L’appareil touristique régional reste toutefois de dimension modeste. En 2025, Drâa-Tafilalet comptait 1.294 établissements d’hébergement touristique offrant une capacité de 40.761 lits, répartis entre 468 établissements classés et 826 structures non classées, bivouacs compris. L’offre demeure néanmoins concentrée autour de quelques pôles : Errachidia rassemble 43% de la capacité régionale, devant Ouarzazate (23%), Tinghir (16%) et Zagora (12%), tandis que Midelt ne représente encore que 6% des capacités d’accueil, laissant entrevoir un potentiel de développement important.

L’activité touristique confirme cette montée en puissance. Les établissements classés ont enregistré près de deux millions d’arrivées pour 2,36 millions de nuitées en 2025, avec un taux moyen d’occupation de 42%.

L’amélioration de la connectivité constitue l’un des principaux leviers de cette montée en puissance. La région dispose de trois plateformes aéroportuaires, à Ouarzazate, Errachidia et Zagora, qui bénéficient progressivement du renforcement des dessertes nationales et internationales. L’enjeu dépasse le seul désenclavement : une meilleure accessibilité permet d’allonger les séjours, de faciliter les circuits entre les différents pôles et de rendre la destination plus accessible aux marchés internationaux.

La feuille de route touristique 2023-2026 accorde précisément une place croissante aux territoires à fort potentiel comme Drâa-Tafilalet. L’objectif est double : mieux répartir les flux touristiques sur l’ensemble du territoire et valoriser des régions offrant une forte identité culturelle et naturelle. Cette orientation ouvre de nouvelles perspectives pour les investisseurs dans les domaines de l’hébergement, des activités de loisirs, du tourisme durable ou encore de la valorisation du patrimoine.

La région n’échappe cependant pas à plusieurs défis. La saisonnalité de l’activité, la faible capacité d’hébergement dans certains territoires, l’insuffisance de certaines dessertes aériennes et les effets du changement climatique sur les écosystèmes oasiens demeurent autant de contraintes à surmonter. La préservation des ressources en eau et des paysages constitue désormais un enjeu majeur pour garantir un développement touristique durable.

À l’approche de la Coupe du monde 2030, Drâa-Tafilalet pourrait bénéficier d’un nouvel effet d’entraînement. L’amélioration des infrastructures, le renforcement de la connectivité et la recherche d’expériences authentiques par une partie des visiteurs internationaux sont autant de facteurs susceptibles d’accroître son attractivité.

Mots clés :Tourisme

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