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Distribution IT : «Disty Technologies a franchi un nouveau palier de croissance»

Présent à la 4ème édition du Gitex Africa, Younes El Himdy, PDG de Disty Technologies, revient sur les ressorts d’un exercice 2025 supérieur aux attentes. Croissance organique, enrichissement du portefeuille, maîtrise des charges, hausse du dividende et perspectives 2026…, le dirigeant défend l’idée d’un changement de dimension durable pour le distributeur IT coté à la Bourse de Casablanca. Propos recueillis par Y. Seddik

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 11 Avril 2026 à 14:01
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Distribution IT : «Disty Technologies a franchi un nouveau palier de croissance»

Finances News Hebdo: Avant de revenir sur les très bons résultats de 2025, dites-nous ce qui motive votre présence à cette 4ème édition du GITEX ?

Younes El Himdy : C’est notre quatrième participation à la 4ème édition du Gitex, ce qui montre à quel point ce rendez-vous est devenu important pour nous. C’est un moment où nous retrouvons nos clients, nos fournisseurs, mais aussi des constructeurs et éditeurs étrangers à la recherche de distributeurs. En trois jours, nous réalisons ce que nous ne pourrions parfois pas faire en trois mois en temps normal. Pour Disty Technologies, c’est donc un accélérateur de rencontres, d’opportunités commerciales et de développement du portefeuille.

 

F. N. H. : Nous vous avions reçu sur Boursenews en avril 2025, puis en octobre 2025 au Salon de l’épargne. Vous affichiez alors des ambitions claires en matière de croissance et de rémunération des actionnaires. Un an plus tard, les résultats sont là, et même au-delà des objectifs annoncés. Quel regard portez-vous sur cette trajectoire ?

Y. E. H. : Nous étions confiants, parce que cette croissance reposait sur des moteurs identifiés. Le premier est organique : Disty Technologies continue de gagner des parts de marché dans un secteur qui a retrouvé de la dynamique. Le marché mondial de l’informatique est reparti à la hausse après la période de repli post-crise, et le Maroc a fait encore mieux avec une croissance supérieure à la moyenne mondiale. Le second moteur réside dans la signature de nouvelles cartes, qui vient élargir notre portefeuille et nourrir notre développement. C’est cette combinaison entre croissance organique et nouvelles représentations qui explique la performance de 2025.

 

F. N. H. : Disty Technologies a clôturé 2025 avec un chiffre d’affaires de 640 millions de dirhams, un résultat net de 23 millions de dirhams et un dividende de 19,5 dirhams, supérieur à ce qui avait été annoncé. Comment analysez-vous cet exercice ?

Y. E. H. : Nous avons délivré la croissance promise, mais elle a aussi été renforcée par une bonne maîtrise des charges, qu’il s’agisse des charges d’exploitation, de la gestion du risque de change ou encore de la trésorerie. Cela a permis d’améliorer le résultat financier et, au final, de bonifier le résultat d’exploitation. C’est ce qui nous a conduits à proposer un dividende supérieur à celui que nous avions initialement indiqué. En clair, nous parvenons aujourd’hui à générer davantage de profit avec une meilleure discipline opérationnelle, tout en améliorant la rémunération des actionnaires.

 

F. N. H. : Ce nouveau niveau de chiffre d’affaires vous semble-t-il durable ?

Y. E. H. : Oui, parce que les fondamentaux qui ont porté cette croissance sont toujours là. La croissance organique reste bien orientée, portée par une demande en progression sur le marché marocain. En parallèle, les nouvelles cartes signées fin 2025 vont apporter du chiffre d’affaires additionnel. Nous sommes donc sur une croissance qui repose sur des bases solides et pérennes. D’ailleurs, le premier trimestre 2026 affiche déjà une progression à deux chiffres, ce qui confirme la tendance.

 

F. N. H. : L’EBE progresse, le résultat aussi, et le dividende suit la même trajectoire. Comment expliquezvous cette évolution ? Et peut-elle durer ?

Y. E. H. : Cette évolution s’explique par l’effet combiné de la croissance de l’activité et des économies d’échelle que nous commençons à matérialiser. À cela s’ajoutent une meilleure maîtrise des charges et une approche plus rigoureuse de la gestion des fluctuations de change. Tout cela se reflète dans les marges et dans la capacité à maintenir un dividende plus élevé. Ce qui est important, c’est que cette amélioration n’est pas le fruit d’un élément exceptionnel ou ponctuel. Elle repose sur une base commerciale élargie, un portefeuille plus riche et une organisation plus efficiente.

 

F. N. H. : Peut-on parler d’un changement de dimension pour Disty Technologies en Bourse ?

Y. E. H. : Je le pense. Si l’on compare la situation actuelle à celle de l’introduction en Bourse, on voit bien que l’entreprise a changé d’échelle. Le chiffre d’affaires a nettement progressé, le portefeuille de produits s’est enrichi et notre présence commerciale s’est davantage capillarisée à travers le Maroc, ce qui stabilise les revenus. Le palier atteint aujourd’hui correspond donc à un nouveau niveau d’activité. Il s’accompagne d’une meilleure économie d’échelle, d’une meilleure maîtrise des charges et d’une visibilité renforcée sur la pérennité du dividende.

 

F. N. H. : Y a-t-il encore des relais de croissance à court terme ?

Y. E. H. : Oui, clairement. D’abord parce que le marché marocain de l’IT reste porteur, soutenu notamment par une demande croissante, y compris du côté de l’État. Ensuite, parce que les nouvelles cartes que nous signons vont continuer à générer un surplus d’activité. Ce sont précisément ces relais qui nous permettent de considérer que la croissance reste non seulement possible, mais également durable à court terme.

 

F. N. H. : La pénurie de composants et la hausse des prix des ordinateurs peuventelles peser sur 2026 ? Et comment se présente déjà l’exercice ?

Y. E. H. : Il y a effectivement une tension sur certains composants, notamment parce qu’une partie de la production mondiale a été réorientée vers les besoins de l’intelligence artificielle, au détriment de segments plus classiques comme les mémoires, les disques durs ou certaines cartes graphiques. Cela crée des tensions sur l’offre et renchérit les prix des ordinateurs. Mais nous avons adopté une démarche proactive. Dès novembre, nous avons passé d’importantes commandes pour sécuriser le premier semestre, ce qui explique la croissance à deux chiffres déjà constatée au T1. Pour le second semestre, nous travaillons dès maintenant avec nos partenaires pour sécuriser les approvisionnements. Le Maroc reste un marché prioritaire pour les grands constructeurs en raison de sa stabilité, de sa croissance et de la solidité de son écosystème. Même si les volumes peuvent être affectés, la hausse des prix unitaires compense largement ce risque. À ce stade, nous restons donc confiants sur une croissance en S1, et nous travaillons pour prolonger cette dynamique en S2.

 

 

 

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