Développement : Marrakech toise Tanger Métropole
Ce sont 6,3 Mds de DH qui ont été débloqués pour accompagner le développement urbain et démographique de la ville ocre. Une reproduction quasi identique du projet Tanger Métropole lancé il y a quelques mois dans la ville du Détroit.
Tanger Métropole, lancé il y a de cela quelques mois, fait déjà des envieux. Pour rappel, ce projet, doté d’une enveloppe de 7,66 Mds de dirhams, consiste en un plan de développement quinquennal (2013-2017) qui permettra à la ville du Détroit de rivaliser avec les grandes métropoles internationales.
Création d'un troisième axe autoroutier et d'une route côtière, dédoublement des routes provinciales, création de grandes voies de contournement, dépollution du littoral, construction de 25 nouveaux établissements scolaires et 21 crèches, construction de 4 nouveaux dispensaires… sont autant d’investissements prévus qui devraient donc permettre d’en faire un pôle urbain inédit au Maroc.
Mais, visiblement, la réplique de cette «secousse économique» s’est fait sentir jusqu’à Marrakech. C’est, en effet, le sens qu’il faut donner au lancement par le Souverain, lundi dernier, du projet «Marrakech cité du renouveau permanent». Si l’enveloppe qui lui est consacrée (6,3 Mds de DH) est un peu moins conséquente que le montant mobilisé pour Tanger Métropole, il n’en demeure pas moins vrai qu’il reste dans le même esprit, avec des ambitions tout aussi importantes : assurer à la ville ocre un développement harmonieux, à la mesure de sa stature internationale que lui confère son positionnement privilégié dans le secteur touristique. D’ailleurs, ces deux projets ont ceci de commun qu’ils s’articulent non seulement autour des mêmes axes, mais, surtout, ils ont tous les deux été lancés par le Souverain, avec une approche transversale qui en garantit toute la pertinence. C’est dire leur haute importance, dans un contexte où le Maroc s’inscrit dans la modernité en multipliant les projets de développement structurants qui renforcent son positionnement dans le concert des nations.
En cela, ce nouveau chantier ouvert à Marrakech et qui s’étalera sur quatre ans (2014-2017), est appelé à soutenir de manière efficace l’essor urbain et démographique de la ville, à travers notamment des actions qui seront entreprises à différents niveaux. Il s’agira ainsi d’améliorer substantiellement la mobilité urbaine dans cette ville très touristique : c’est 1,22 Md de DH qui a été consacré à ce volet. Il sera ainsi procédé à l’aménagement et à la mise à niveau de plusieurs routes et des avenues Hassan II et Guemassa. De même, la gare routière sera transférée et il sera mis en place un nouveau système informatique de régulation de la circulation.
Dans le même sens, l’intégration urbaine constitue un autre volet important du projet «Marrakech cité du renouveau permanent». Ainsi, 2,25 Mds de DH seront consacrés à l'aménagement des circuits touristiques au niveau de l'ancienne médina et des places publiques qui s'y trouvent. Par ailleurs, il sera procédé à la construction de deux hôpitaux publics, de deux centres de santé, de 18 établissements d'enseignement et la réhabilitation de 8 autres. Parallèlement, seront construits de nouveaux marchés publics, de nouvelles mosquées et écoles coraniques, six piscines municipales, de même qu’il sera procédé à la réhabilitation de certains quartiers. A cela, s’ajoute l'aménagement d’un espace du citoyen au quartier Mhamid. Partie intégrante du projet «Marrakech cité du renouveau permanent», il constitue, à lui seul, tout un projet. Avec un budget de 189 MDH, cet espace devrait, à terme, comprendre un théâtre plein-air, une salle omnisports, une piscine municipale, des terrains de football et de rugby, un terrain de mini foot, une bibliothèque, un conservatoire de musique et une mosquée. Des structures qui seront complétées par un centre pour personnes à besoins spécifiques, un espace d'exposition des produits d'artisanat, une crèche et un espace de jeux pour enfants, une maison des associations, ainsi qu’un foyer pour personnes âgées.
La culture et l’environnement au cœur du projet
Les volets culturel et environnemental occupent une place de choix dans ce projet d’envergure. C’est ainsi 1 Md de DH qui est à la restauration de mausolées et des écoles coraniques, la réhabilitation de trois quartiers dans la médina (Kabour, Hay Essalam et Zraieb) et de places historiques (El Bahia, Riyad El Arouss, Ben Youssef et Bab Ftouh). A côté de la réhabilitation du Théâtre royal, des remparts et des portes historiques, Marrakech aura sa cité des arts populaires, un musée du patrimoine immatériel, un conservatoire de musique et un musée de la civilisation marocaine de l'eau.
Pour sa part, le volet environnemental et développement humain bénéficiera d’une enveloppe globale de 1,26 Md de DH. Dans ce cadre, différentes actions sont prévues, dont notamment le transfert de la décharge publique, le renforcement du réseau d’assainissement et la réhabilitation des jardins historiques. Enfin, l’autre point non moins important de ce projet concerne la promotion de la bonne gouvernance. Cela se fera à travers notamment la modernisation de la gestion des services communaux, la généralisation de l'utilisation des TIC au niveau des services municipaux, la rationalisation de la gestion des biens communaux et la mise en place d'un système numérique de surveillance.
A l’évidence, l’implication de 9 ministères du gouvernement actuel, aux côtés des différents acteurs de la ville, témoignent, tant s’en faut, de la volonté de positionner Marrakech parmi les grandes métropoles internationales. Et maintenant que les ambitions sont dévoilées, il faut se mettre au boulot.
D. William





