Crédit bancaire : l’investissement reste le grand moteur à fin février
Le crédit bancaire poursuit sa progression au Maroc, avec un encours de 1.224,6 milliards de dirhams à fin février 2026, en hausse de 8,3% sur un an. En nette accélération, le crédit à l’équipement confirme le retour en force de l’investissement. Par Y.S

Le crédit bancaire continue d’afficher un rythme soutenu sur les premiers mois de l’année 2026. Selon les derniers indicateurs monétaires de Bank Al-Maghrib, l’encours du crédit bancaire s’est établi à 1.224,6 milliards de dirhams à fin février, en progression de 8,3% sur un an, soit près de 93,4 milliards de dirhams supplémentaires.
En glissement mensuel, le mouvement est en revanche légèrement négatif (-0,3%), signe d’un ajustement de court terme qui ne remet pas en cause la tendance de fond. Dans le détail, la dynamique du crédit reste d’abord celle de l’investissement. Les crédits à l’équipement atteignent 308,1 milliards de dirhams, en hausse de 25,6% sur un an. C’est de loin la composante la plus vigoureuse de l’ensemble.
Ce chiffre traduit une montée en charge des besoins de financement liés aux projets d’entreprise, dans un contexte où plusieurs secteurs continuent de se positionner sur des cycles d’expansion, d’extension ou de modernisation de leurs capacités. Le compartiment immobilier conserve, lui aussi, une orientation positive, même si le rythme reste plus modéré. Les crédits immobiliers progressent de 3,6% sur un an à 322,7 milliards de dirhams.
Les crédits à l’habitat avancent de 3,2% à 256,8 milliards, tandis que les prêts aux promoteurs immobiliers augmentent de 6,9% à 60,7 milliards. Ainsi, le financement du secteur immobilier continue de se redresser graduellement, sans emballement, mais avec une tendance plus favorable qu’au cours des périodes de forte prudence bancaire. Autre segment à surveiller, le financement participatif à l’habitat poursuit sa montée en puissance.
L’encours ressort à 30,4 milliards de dirhams, en hausse de 19,4% sur un an. Cette progression confirme l’ancrage progressif de la Mourabaha immobilière dans le paysage du financement des ménages, avec une trajectoire de croissance toujours nettement supérieure à celle du crédit habitat classique. Du côté des ménages, la tendance reste globalement bien orientée. Les crédits à la consommation augmentent de 3,9% à 61,2 milliards de dirhams.
L’ensemble «ménages et ISBLM» affiche, pour sa part, une hausse de 4,7% à 416,2 milliards. On reste sur une progression mesurée, mais réelle, qui suggère une demande toujours présente sur les segments résidentiels et de consommation. En revanche, les facilités de trésorerie continuent d’envoyer un signal plus nuancé. Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie s’établissent à 245,9 milliards de dirhams, quasiment stables sur un an (+0,2%), mais en repli de 0,8% sur un mois et de 3,1% depuis décembre.
Cette quasi-stagnation peut traduire un recours plus sélectif au financement de court terme, ou une gestion plus prudente des besoins de liquidité par les entreprises. La lecture sectorielle met également en évidence un contraste intéressant. Le crédit au secteur non financier progresse de 5,8% à 1.002,7 milliards de dirhams. Mais au sein de cet agrégat, le secteur public se distingue avec une hausse de 18,8% à 130,4 milliards, contre +4,1% pour le secteur privé, dont l’encours atteint 872,3 milliards.
Les sociétés non financières privées voient leurs crédits progresser de 3,6%, alors que les entreprises publiques affichent une hausse de 6,3%. Cette configuration confirme que la poussée actuelle du crédit est aussi alimentée par des besoins de financement d’origine publique, en parallèle de la reprise graduelle du privé.
Au final, les chiffres de février démontrent que le crédit bancaire avance à un rythme solide, mais de manière différenciée selon les usages. L’investissement tire nettement la tendance, l’immobilier se redresse sans excès, la consommation reste correctement orientée, tandis que la trésorerie demeure plus hésitante.





