Fuite présumée au concours de médecine : le ministère saisit la justice
Une vidéo virale affirmant que des candidats auraient reçu les réponses du concours d’accès aux facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire a provoqué une vive polémique. Le ministère de l’Enseignement supérieur a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire, tandis que la Brigade nationale de la police judiciaire aurait été chargée des investigations.

L’affaire secoue le concours commun d’accès aux facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire. Depuis plusieurs jours, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux alimente les soupçons autour d’une éventuelle fuite des réponses.
Dans cet enregistrement, un individu affirme avoir transmis des réponses à plusieurs candidats pendant le déroulement du concours. Il soutient également que certains d’entre eux auraient ensuite été admis. À ce stade, rien ne permet toutefois de confirmer ces déclarations. Les faits restent à établir et aucune autorité n’a encore annoncé qu’une fraude avait effectivement eu lieu.
Une vidéo à l’origine de la polémique
Le concours commun s’est déroulé le 18 juillet 2026. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs publications ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, évoquant de possibles irrégularités et la vente présumée des réponses contre rémunération. Une vidéo devenue virale est ensuite venue amplifier la polémique.
Son auteur y présente ce qui ressemble à un groupe WhatsApp et affirme avoir aidé des candidats à réussir le concours. La séquence s’est rapidement diffusée, provoquant de nombreuses réactions parmi les candidats et leurs familles.
Mais la vidéo ne constitue pas, à elle seule, une preuve. L’enquête devra déterminer si les échanges présentés sont authentiques, s’ils ont réellement eu lieu pendant l’épreuve et si les réponses transmises correspondaient au contenu du concours.
Le ministère annonce une enquête judiciaire
Face à l’ampleur prise par l’affaire, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a réagi officiellement.
Le département a confirmé que les autorités judiciaires compétentes avaient ouvert une enquête afin de vérifier les allégations diffusées sur les réseaux sociaux.
Le ministère a également assuré qu’il prendra les mesures nécessaires à la lumière des conclusions de l’enquête. Il affirme vouloir préserver la crédibilité du concours et garantir l’égalité des chances entre l’ensemble des candidats.
Cette réaction marque un tournant. L’affaire n’est plus limitée à une polémique numérique. Elle relève désormais d’une procédure judiciaire destinée à établir les faits et les éventuelles responsabilités.
La BNPJ chargée des investigations
De ce fait, le procureur du Roi près la Cour d’appel de Rabat a confié l’enquête préliminaire à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). Les investigations devraient notamment porter sur l’identité de l’auteur de la vidéo, l’authenticité des échanges diffusés et les éventuels liens avec des candidats ayant participé au concours.
Les enquêteurs devront également déterminer si les publications et la vidéo correspondent à des faits réels ou relèvent de fausses informations diffusées après le concours. À ce stade, aucun élément officiel ne permet encore de trancher.
Une autre polémique distincte
L’affaire des supposées fuites a été précédée par une autre controverse concernant un candidat présenté sur les réseaux sociaux comme admis sans avoir obtenu son baccalauréat. Le ministère a démenti cette information. Les deux dossiers sont donc distincts et ne doivent pas être confondus.
Cette succession de polémiques a néanmoins renforcé la méfiance autour du concours et accentué la pression sur les organisateurs.
Au-delà de la vidéo, l’affaire pose une question plus large : celle de la sécurisation des concours nationaux très sélectifs. L’accès aux études médicales attire chaque année un nombre important de candidats. Dans ce contexte, le moindre soupçon de traitement inégal peut fragiliser la confiance dans l’ensemble du processus.
Les interrogations portent notamment sur la surveillance des épreuves, l’utilisation éventuelle de téléphones portables et la capacité des organisateurs à empêcher la circulation d’informations pendant le concours. La Commission nationale des étudiants en médecine a, de son côté, exprimé son inquiétude face à cette polémique. Elle rappelle avoir mené, avant le concours, une campagne de sensibilisation contre la triche.
Pour l’heure, plusieurs éléments restent inconnus. Aucune fuite n’a été officiellement confirmée. Aucun candidat n’a été publiquement mis en cause. Aucune arrestation n’a été annoncée. Les autorités n’ont pas non plus évoqué une éventuelle annulation du concours ou une reprise des épreuves.
Les conclusions de l'enquête seront désormais très attendues. Elles devront déterminer si les soupçons de fraude reposent sur des faits avérés ou s'ils relèvent de fausses informations. Au-delà des éventuelles responsabilités, c'est la crédibilité de l'un des concours les plus sélectifs du système universitaire marocain qui est désormais en jeu.





