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Changement climatique: un accélérateur de l’exode rural

Face au manque d’eau dû à la sécheresse et au réchauffement climatique, de nombreux ruraux optent pour l’exode rural. Par M. Ait Ouaanna

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 14 Octobre 2023 à 12:00
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Changement climatique: un accélérateur de l’exode rural

Comme c’est le cas dans le reste du monde, au Maroc, le réchauffement climatique continue de progresser. Alors que le premier mois de la nouvelle saison automnale tend à s’écouler, les températures restent anormalement élevées, ce qui laisse présager une année aussi sèche que celles qui l’ont précédée. D’après le rapport du World Resources Institute, le Royaume occupe le 23ème rang sur un total de 165 pays exposés aux risques hydriques.

En 2022, la disponibilité en eau au Maroc s’est située à 606 m3 par personne et par an, au moment où le seuil absolu de pénurie d’eau est fixé à 500 m3/ habitant/ par an. Les premiers à pâtir de cette situation sont les habitants des zones rurales qui se retrouvent face à une rareté extrême de l’eau, dont les effets peuvent s’avérer désastreux. Face au changement climatique, l’exode rural est souvent l’ultime solution. En quête de conditions de vie meilleures, de nombreux paysans choisissent de migrer vers les villes.

Selon un constat dressé récemment par la Banque mondiale, la sécheresse peut aggraver l’exode rural. Dans son rapport «Groundswell», l’institution financière estime qu’en raison de l’impact du changement climatique sur l’agriculture pluviale, 5,4% de la population marocaine totale, soit environ 1,9 million de personnes, migreront à l'intérieur du pays d’ici 2050. Notons que selon les statistiques fournies par le haut-commissariat au Plan (HCP), l’exode rural touche annuellement près de 152.000 personnes.

Pour Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (Comader), le caractère persistant de la sécheresse actuelle peut effectivement pousser les ruraux à se déplacer. «Ce n’est pas la première fois que le Maroc connaît une telle sécheresse; ce fut le cas durant les années 80. Mais la sécheresse actuelle est assez particulière puisqu’elle dure dans le temps et affecte les différents points d’eau. Ajoutons à cela le changement climatique radical qui nous met face à des températures anormales», déplore-t-il.

Et de poursuivre : «L’exode rural a un lien direct avec le changement climatique. Les éleveurs et agriculteurs vivant dans des zones où l’accès aux ressources hydriques est de plus en plus limité, se trouvent au bout d’un moment obligés de se déplacer vers des endroits où les conditions de vie sont meilleures. C’est surtout un problème économique, car 80% de la population du monde rural dépendent directement de l’agriculture et avec un manque, voire une absence de précipitations, ces personnes perdent leur principale source de revenu. Ils peuvent supporter une année ou deux, mais maintenant, la sécheresse est à sa 4ème année consécutive», relève-t-il.

Notons qu’afin de soutenir les agriculteurs et en vue de réduire l’impact de la sécheresse et des effets de la conjoncture, le gouvernement a mis en place un Programme national de réduction de l’impact du déficit pluviométrique. D’une enveloppe d’environ 10 milliards de dirhams (MMDH), ledit programme s’articule autour de trois axes principaux. Le premier concerne la protection du capital animal et végétal et la gestion de la rareté des eaux, le deuxième est dédié à l’assurance agricole et le troisième porte sur l’accompagnement financier des agriculteurs et des professionnels pour faire face aux urgences. 

 

 

 

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