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Economie

Bilan économique : Sajid tacle (durement) Benkirane

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 4 Juillet 2016 à 10:28
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Le bilan économique du gouvernement est sous le feu des projecteurs. Mohamed Sajid, secrétaire général de l’Union Constitutionnelle, le juge désastreux. Il tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut économique.


D’ordinaire discret et peu disert, Mohamed Sajid, secrétaire géné-ral de l’Union Constitutionnelle (UC), sort ses griffes et s’at-taque violemment au bilan économique de la majorité gouvernementale. A 4 mois des élections légis-latives, l’ancien maire de Casablanca, qui s’exprimait à l’occasion d’un ftour-débat organisé par son parti sous le thème sans équivoque «de 7,5% à 1,5%, mais où est donc passée la croissance?», n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour fustiger le bilan du gouvernement Benkirane, dressant un tableau catas-trophique (catastrophiste) de la situation économique du Royaume. Les mots choisis par Sajid sont durs et alarmistes. L’économie nationale serait, selon ses dires, dans une situation d’ur-gence économique. Il en veut pour preuve les trois récents rapports publiés tour à tour par 3 grandes institutions indépen-dantes : «le rapport du HCP sur le chômage est inquié-tant, ainsi que celui de la Cour des Comptes sur les finances publiques ou encore celui de Bank Al-Maghrib sur le taux de croissance», a notamment déclaré le chef du parti du cheval. La croissance connaît ainsi un «délitement alarmant», selon Sajid, qui rappelle que celle-ci est passée d’une moyenne de 5% pendant les années 2000-2010 à une moyenne de 3% pour la période 2011 à 2015, avec une chute autour de 1,5% pour cette année 2016. Comment expliquer cette dégradation, s’inter-roget-il, alors que le Maroc a consenti des efforts importants en termes d’investissements, de grands programmes, des stratégies sectorielles et qu’il bénéficie d’un contexte inter-national plutôt favorable, en témoigne la baisse importante du cours du baril ?

Absence de vision

Pour étayer ses propos, Sajid s’appuie sur les chiffres qui font mal : 30.000 destructions d’emplois par an depuis 2012, 6.000 faillites d’entreprises en 2015, 2% de croissance pour le crédit bancaire contre plus de 20% au milieu des années 2000, etc… Des per-formances qui, selon le patron de l’UC, doivent plus que nous interpeller sur l’efficacité du gouvernement actuel domi-né par le parti de la lampe. Un parti, ne manque pas de rappeler Sajid, «dominant et prépondérant dans toutes les institutions exécutives et légis-latives, nationales et locales, avec par conséquent une large liberté de manoeuvre». Sajid déplore surtout le fait que le gouvernement donne l’impression de naviguer à vue, au gré des aléas, sans cap ni plan de route, «sans véritable vision économique et sociale, sans stratégie globale de déve-loppement ». L’ancien maire de Casablanca n’a pas manqué enfin d’égra-tigner personnellement le Chef de gouvernement auquel il reproche son hypermédia-tisation et notamment d’être «davantage préoccupé par la promotion de son parti, par la place qu’il va occuper lors des prochaines élections, plutôt que par la conduite en respon-sabilité des grands chantiers de l’Etat». Sajid a frappé fort. Mais s’op-poser ne suffira pas. L’UC, comme les autres partis de l’opposition, devra être une force de propositions pour représenter une alternance crédible. «Nous travaillons actuellement sur un pro-gramme qui sera communiqué dans les prochaines semaines, sur un plan d’action avec des mesures concrètes à même d’infléchir positivement notre développement», confie-t-il.

Adil Douiri

Compétence et gouvernance font défaut

Invité de marque de cette conférence, Adil Douiri, président-fondateur de Mutandis, et président de l’Alliance des économistes Istiqlaliens, n’y est pas allé non plus de main morte pour accabler le bilan économique du gouvernement. Il a de nouveau exposé sa fameuse comparaison des performances des trois derniers gou-vernements, en l’occurrence celui de Driss Jettou (2002-2007), de Abbas Al Fassi (2007-2011) et de Abdelilah Benkirane (Voir tableau). Une démonstration brute hasardeuse qui se veut implacable, mais qui, avouons-le, pâtit d’un manque de contextualisation. Toujours est-il que Adil Douiri n’en démord pas : ce gouvernement a échoué sur le plan économique. Il en veut pour preuve les chiffres catastophiques de la création d’emplois : le gouvernement Jettou en a créé 953.000, le gouverne-ment El Fassi 452.000, tandis que celui de Benkirane en a détruit 140.000 depuis sa prise de fonction. Deux raisons bien précises expliquent ces contre-performances aux yeux de l’istiqla-lien : la première est une question de com-pétence, notamment dans le domaine éco-nomique. Le gouvernement en manquerait cruellement d’après l’ancien ministre du Tourisme. Selon Douiri, les profils écono-miques qui maîtrisent le monde de l’entre-prise ne sont pas légion au sein de l’équipe Benkirane. La deuxième raison évoquée par le patron de Mutandis est un pro-blème de gouvernance, pointant du doigt le manque de pilotage et de cohérence entre les différents départements ministériels. «La démocratie ne signifie pas arrêter de piloter l’économie», déclare-t-il.

Amine El kadiri

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