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Dix ans pour gagner la bataille de l'emploi

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 16 Juillet 2026 à 18:00
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Dix ans pour gagner la bataille de l'emploi

Dix ans. C'est l'horizon que se donnent le Maroc et le Groupe de la Banque mondiale pour changer de modèle de croissance et placer enfin la création d'emplois au cœur des politiques publiques. L'ambition est à la hauteur des défis.

Le nouveau Cadre de partenariat signé entre Rabat et la Banque mondiale ne ressemble pas aux précédents. Il ne s'agit plus seulement de financer des infrastructures ou d'accompagner des réformes sectorielles. Cette fois, l'objectif affiché est explicite : faire de l'emploi le principal indicateur de réussite des politiques économiques.

Le pari consiste à accompagner la transition d'une croissance longtemps portée par l'investissement public vers une économie davantage animée par l'initiative privée, l'innovation et l'entrepreneuriat. L'intention est incontestablement pertinente. Car le pays investit, modernise ses infrastructures, améliore ses équilibres macroéconomiques et affiche une résilience saluée par les institutions internationales. Pourtant, cette dynamique ne produit pas suffisamment d'emplois, ou du moins pas ceux qu'attendent des centaines de milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Les chiffres publiés pour le premier trimestre 2026 illustrent cette contradiction.

Le taux de chômage ressort à 10,8%, mais cette moyenne masque une réalité beaucoup plus préoccupante. Près de trois jeunes sur dix sont sans emploi selon la nouvelle méthodologie du haut-commissariat au Plan, tandis que les femmes demeurent largement sous-représentées sur le marché du travail avec un taux d'activité de seulement 17,5%. Plus révélateur encore, le taux composite de sous-utilisation de la main-d'œuvre atteint 22,5%, signe que le problème dépasse largement le seul chômage statistique.

Aujourd’hui, le véritable défi réside dans l'adéquation entre les compétences disponibles et les besoins d'une économie en pleine mutation. Les entreprises recherchent désormais des profils capables de s'adapter à des métiers en constante évolution et d'évoluer dans un environnement économique de plus en plus concurrentiel et mondialisé, alors que l'école continue trop souvent à produire des compétences qui ne correspondent plus à la demande.

C'est précisément sur ce terrain que le partenariat avec la Banque mondiale sera jugé. Les trois piliers annoncés (amélioration de la compétitivité des entreprises, réduction des disparités territoriales et renforcement du capital humain) répondent aux principaux blocages identifiés depuis plusieurs années. Encore faudra-t-il que ces réformes avancent au même rythme que les transformations de l'économie. Car le temps économique n'est plus celui des plans décennaux. Les métiers évoluent en quelques années, parfois en quelques mois. L'intelligence artificielle, les nouvelles chaînes de valeur industrielles et la transition énergétique redessinent déjà les besoins en compétences.

Former aujourd'hui pour les emplois d'hier reviendrait à préparer de futurs chômeurs. En cela, le mérite de ce nouveau partenariat est d'ailleurs de vouloir mesurer ses résultats autrement. Les indicateurs annoncés (emplois créés, investissements privés mobilisés et amélioration de l'accès aux services publics) traduisent une volonté de passer d'une logique de moyens à une logique d'impact.

Cette exigence de résultats sera probablement la meilleure garantie de son efficacité. Mais les financements internationaux, aussi importants soient-ils, ne remplaceront jamais les réformes nationales. L'environnement des affaires, la qualité de l'enseignement, la gouvernance des politiques publiques, la confiance des investisseurs et la capacité des entreprises à grandir demeureront les véritables moteurs de l'emploi.

 

Par F.Z Ouriaghli

 

 

 

 

 

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