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Assurance : le secteur face à une nouvelle géographie du risque

La 12ème édition du Rendez-vous de Casablanca de l’assurance s’est ouverte mercredi 15 avril à Casablanca, sous le haut patronage du Roi Mohammed VI. Organisé par la Fédération marocaine de l’assurance (FMA), l’événement s’est tenu cette année autour du thème : «Nouveaux services et couvertures : l’assurance à la conquête de nouveaux territoires». Par Y. Seddik

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 17 Avril 2026 à 10:00
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Assurance : le secteur face à une nouvelle géographie du risque

Dès l’ouverture, les interventions ont mis en avant un secteur appelé à se repositionner dans un environnement marqué par la montée des incertitudes, l’évolution des usages et l’accélération des transformations technologiques.

Le président de la FMA, Mohamed Hassan Bensalah, a souligné que l’assurance évolue dans un contexte où l’intelligence artificielle, la data et l’automatisation redessinent progressivement les métiers. Mais il a aussi insisté sur un point central  : «malgré cette mutation, l’assurance demeure avant tout un métier de confiance, fondé sur l’humain». Bensalah a parallèlement évoqué les répercussions du conflit au Moyen-Orient, estimant qu’il ouvre «une nouvelle phase d’incertitude», avec des effets déjà perceptibles sur les prix de l’énergie, les coûts de transport ou encore les produits de base.

Au-delà de ces conséquences immédiates, il a surtout insisté sur une transformation plus profonde de la nature même du risque. Il a ainsi rappelé que les dommages liés à la guerre restent généralement exclus des contrats d’assurance, en raison de leur caractère massif, simultané et difficilement mutualisable. Il a toutefois relevé que certains secteurs, comme le transport maritime, l’aérien ou certaines grandes entreprises, recourent déjà à des couvertures spécifiques contre les «War risks».

Une évolution qui, selon lui, pose désormais la question d’une assurance confrontée à des risques de plus en plus géopolitiques, en plus des risques politiques, climatiques ou cyber. Cette réflexion s’inscrit dans un débat plus large sur l’évolution du rôle de l’assureur.

Face à des risques plus systémiques et plus diffus, les acteurs du secteur ne se limitent plus à l’indemnisation des sinistres. Ils sont aussi appelés à devenir des intervenants de la résilience économique et sociale, dans un cadre où les Etats, les réassureurs et les partenariats public-privé pourraient être amenés à jouer un rôle croissant. L’ouverture du Rendez-vous de Casablanca de l’assurance a aussi été l’occasion de mettre en avant les enjeux d’inclusion assurantielle, notamment en Afrique.

Mohamed Hassan Bensalah a souligné que de larges franges de la population restent encore en dehors du système assurantiel, tout en estimant que les technologies mobiles, les fintechs et les insurtechs peuvent contribuer à élargir l’accès à l’assurance. Il a cependant insisté sur le fait que cette digitalisation ne peut produire ses effets qu’à condition d’être accompagnée de pédagogie, de simplicité et d’un cadre de confiance.

Sur le plan réglementaire, le président de la FMA a rappelé l’importance de la refonte du Livre IV du Code des assurances, présentée comme une évolution attendue pour adapter le cadre légal aux nouvelles réalités du marché et permettre l’émergence de nouveaux modèles. Dans la même logique, le président de l’ACAPS, Abderrahim Chaffai, a indiqué que le secteur est engagé dans «une phase de transformation à la fois profonde et durable», portée autant par l’intensification des risques que par l’évolution rapide des usages. Il a souligné que l’assurance tend désormais à dépasser sa fonction traditionnelle d’indemnisation pour intégrer davantage de prévention, de conseil et d’accompagnement.

Abderrahim Chaffai a également annoncé que le cadre de solvabilité basée sur les risques, attendu au cours de ce trimestre, vise à mieux aligner les exigences en capital sur le profil réel des risques des entreprises. Structuré autour de trois piliers, ce dispositif s’accompagnera d’exigences renforcées et d’un pilotage financier plus fin, avec notamment le déploiement de l’ORSA et la publication d’orientations en matière d’évaluation des risques et de solvabilité.

Par ailleurs, l’intervention de Bensalah a aussi abordé la question du vieillissement démographique et de la pression croissante sur les systèmes de retraite. En s’appuyant sur des exemples observés au Kenya, en Inde ou en Amérique latine, il a plaidé pour des approches plus inclusives et plus flexibles, combinant innovation digitale et extension progressive de la couverture à des populations jusque-là peu ou pas protégées.

La séance inaugurale a enfin été marquée par la signature d’une convention de coopération entre la FMA et l’Association omanaise des assurances, axée sur le partage d’expériences et le renforcement de la coopération entre les deux marchés. Un signal supplémentaire d’ouverture, dans un moment où le secteur cherche à conjuguer innovation, solidité prudentielle et élargissement des couvertures. 

 

 

 

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