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Culture & Société

Arts: «Daret», une résidence d’artistes et de recherche

Depuis février dernier, brille au ciel artistique une résidence conçue pour les artistes. Baptisée «Daret», elle est l’œuvre d’Ymane Fakhir, indubitablement une des artistes photographes et vidéastes les plus profondes, accomplies surtout. Propos recueillis par R. K. Houdaïfa

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 19 Décembre 2021 à 13:00
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Finances News Hebdo : Parlez-nous un peu de la résidence «Daret»…

Ymane Fakhir : «Daret» est une résidence d’artistes et de recherche, pour tout.e. artiste vivant au Maroc. Elle vise à leur fournir l’accompagnement nécessaire afin qu’ils puissent se consacrer, le temps d’une année au moins, à la création et ce qui en relève. Deux artistes sont sélectionnés chaque année pour intégrer la résidence; et chaque deux ans, elle s’installe dans un lieu différent au Maroc. La première session a lieu à Rabat, la seconde certainement à Casablanca. J’ai imaginé «Daret» comme un espace de travail et de vie à la fois, pour faire naître des échos et des dialogues entre les pratiques quotidiennes du lieu de résidence, du quotidien des artistes dans la ville, et leur pratique artistique. Le mot «Daret ( )» est d’ailleurs inspiré du modèle des tontines en Afrique ou plus simplement des rituels d’entraide qu’organisaient nos mère, tantes ou voisines.

Chacune mettait une somme tous les mois, ensuite mise en commun et remise à celle d’entre elles qui en avait le plus besoin. «Daret» réinvestit cette tradition en invitant ami.e.s, particulier.e.s. et entreprises désireux.ses de soutenir la scène contemporaine marocaine en offrant aux artistes qui en auraient besoin, l’occasion d’élargir leur perspective individuelle dans un espace collectif. Ce projet a d’ailleurs débuté de cette manière grâce au Cube (Independant Art Room) qui a accueilli les résidentes pendant un mois, le temps de trouver le bon lieu pour «Daret». Il est aussi question de créer un microcentre d’archives et de recherche sur les ateliers d’artistes au Maroc et ailleurs notamment, pour comprendre l’histoire de cette pratique et l’enrichir de discussions et workshops qui auront lieu à la résidence; l’idée étant de grandir et d’enrichir nos savoirs, tout en pratiquant. Le Maroc est un territoire riche de différentes histoires, traditions et population qu’il faut réinvestir; il constitue un terrain fertile pour l’imagination des artistes à qui nous donnerions accès aux archives, et qui nous aideraient progressivement à les compléter.

 

F.N.H. : Vous dites qu’elle a démarré suite à une urgence en février. Dites-nous en plus. 

Y. F. : Les temps uniquement dédiés à la création artistique sont très limités pour les jeunes artistes. J’ai remarqué dans mon entourage les conséquences de cette situation, où de nombreux jeunes perdent du temps et de l’espoir en la possibilité d’une carrière dans l’art. C’est aussi pourquoi il a été décidé que la résidence durerait un an. Il faut laisser le temps au processus de recherche et de création de fusionner, pour aboutir à un travail que l’artiste peut considérer comme fini. Je souhaite offrir ce temps aux résidents.

 

F.N.H. : Et comment en bénéficier ? 

Y. F. : Pour la prochaine édition de 2022-2023, un appel à projets sera diffusé sur les réseaux sociaux. La résidence est ouverte aux artistes des arts plastiques, visuels, numériques. «Daret» encourage particulièrement les propositions qui ouvrent un dialogue avec le territoire marocain et ses différentes histoires, ses imaginaires.

 

F.N.H. : Sur quels critères basez-vous votre sélection ? 

Y. F. : J’ai une entière confiance envers le comité de sélection désigné parmi des amis, des artistes, des institutionnels, des professionnels de l’art pour être à l’écoute des artistes et de leurs attentes, afin de sélectionner les deux candidats annuels que nous serions les plus à même d’accompagner

 

F.N.H. : Vous avez actuellement une jeune artiste en résidence, la première d'une longue série, sans l’ombre d’un doute. Parlez-nous d’elle et de sa démarche…  

Y. F. : La première édition de «Daret» accueille les artistes Khadija El Abyad et Soukaina Joual, qui seront accompagnées par la commissaire d’exposition Flora Fettah. L’une et l’autre des artistes explorent différents médiums dans leurs recherches artistiques et allient le dessin, la performance, la peinture ou encore la sculpture ou l’installation. Soukaina Joual était en résidence à Pro Helvetia à Bern (Suisse) en septembre/ novembre 2021, et Khadija El Abyad à la résidence Ouadane en Mauritanie, en novembre 2021. 

 

 

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