17 mois et puis s’en va

17 mois et puis s’en va

 

C’est le 22 mai 2018 que Salaheddine Mezouar a pris la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc. Près de 17 mois plus tard, il se voit contraint de jeter l’éponge. Dimanche, dans un courrier laconique adressé aux membres du patronat, il a annoncé sa démission «pour des contraintes personnelles majeures». Et pour cause, juste quelques minutes auparavant, le ministère des Affaires étrangères a publié un communiqué pour dénoncer sa «démarche irresponsable, maladroite et irréfléchie», d’autant que Mezouar «a cru devoir commenter la situation interne en Algérie lors d’une conférence internationale tenue à Marrakech».

Pour son bref passage à la tête du patronat marocain, Mezouar a néanmoins marqué les esprits. Et on en retiendra trois principales choses.

D’abord à travers les tensions extrêmes qui ont jalonné son mandat, avec notamment les démissions en série à la CGEM, dont notamment celles de Fayçal Mekouar, son binôme lorsqu’il convoitait la présidence du patronat, et du Directeur général délégué, Fadel Agoumi. Ou encore celle de l’ancien patron de CIH Bank, Ahmed Rahhou, qui était vice-président en charge de la «Compétitivité et Environnement des affaires». Ces départs successifs l’avaient d’ailleurs contraint à tenir une conférence de presse pour tenter de faire taire les polémiques.

Ensuite, qu’on apprécie le personnage ou non, il faut convenir que, dès sa prise de fonction, il s’est évertué à huiler les relations entre le gouvernement et le patronat. Ce qui a d’ailleurs abouti, en mars 2019, au lancement d’un mécanisme de travail commun public-privé appelé Plateforme gouvernement-CGEM.

Enfin, il aura fait de la seconde Université d’été de la CGEM une grande réussite, en réunissant notamment de grandes personnalités, dont l’ancien chef d’Etat français Nicolas Sarkozy, pour des débats de haute facture.

Mais tout s’arrête brusquement pour Mezouar. Avec un amer goût d’inachevé. Et l’on s’en doute, avec une pareille sortie, il lui sera très difficile de rebondir. Car pour l’ancien titulaire du portefeuille des Affaires étrangères, la CGEM était certainement l’ultime carte à jouer pour être encore sous le feu des projecteurs. ◆

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