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Matériaux de construction : «Il faut suspendre les importations pour soutenir l’industrie nationale»

Matériaux de construction : «Il faut suspendre les importations pour soutenir l’industrie nationale»

Le secteur des matériaux de construction subit de plein fouet la crise. Selon les filières, l’arrêt d’activité varie entre 70 et 80%.

Pour David Tolédano, président de la Fédération marocaine des matériaux de construction (FMC), il faut instaurer la préférence nationale.

 

Propos recueillis par C. Jaidani

 

Finances News Hebdo : Quel est l’impact de la crise sur votre secteur ?

David Tolédano : L’impact de la crise sanitaire sur notre secteur varie selon les entreprises et les filières. L’arrêt de l’activité est compris entre 70 à 80%. L’effet est général et tous les entrepreneurs répondent de la même façon. Dans certains cas, le ralentissement est total, au mieux il est de 70%.

 

F.N.H. : Qu’en est-il de l’effet selon les filières ?

D. T. : Toutes les filières sont concernées. Pour le carreau et le marbre, l’arrêt est de 100%. Pour l’acier, c’est 80%, le ciment est lui aussi fortement touché. La seule cimenterie en activité actuellement est celle qui fabrique du clinker pour l’exportation. Les opérateurs de cette activité ont pour le moment du stock pour approvisionner le marché.

 

F.N.H. : Allez-vous solliciter une aide du gouvernement ?

D. T. : Nous avons besoin de l’aide du gouvernement mais pour l’instant, nous ne sommes pas dans une logique d’aide financière, mais plutôt d’un soutien pour pouvoir redémarrer notre activité d’une façon progressive et inclusive. Pour redémarrer la distribution, il faut que nos clients puissent rouvrir et commencer à liquider les stocks qui sont très importants. Avec le déconfinement, ils pourront livrer les quelques chantiers qui travaillent encore.

 

F.N.H. : Quels enseignements tirez-vous de cette crise ?

D. T. : C’est une crise inédite par son ampleur et sa brutalité. Nous avons la chance que notre secteur produise localement et en autonomie, il peut donc satisfaire les besoins du pays dans l’acte de bâtir. Nous espérons que nos clients comprennent cette situation et arrêtent d’importer des produits étrangers, en mettant à profit l’existence de l’informel et des fausses déclarations. C’est la première leçon qu’il faut tirer de cette crise. Malheureusement, nous n’avons pas instauré la culture de la préférence nationale car certains opérateurs continuent d’importer pour quelques dirhams de différence de prix.

Comme pour certains secteurs, le gouvernement devrait réduire les importations de tous les produits fabriqués localement, comme ce fut jadis le cas. Même quand il y avait des incitations au niveau du plan d’investissement pour les opérateurs du secteur de l’immobilier et hôtelier. Lorsque les produits sont fabriqués au Maroc, ils sont interdits à l’importation. Et ce, pour préserver les avoirs en devises et aussi donner un coup de pouce à l’industrie nationale. Avec cette crise, on ne sait pas si l’Organisation mondiale du commerce (OMC) va exploser ou se maintenir.

On doit suspendre pour ne pas dire interdire pendant quelques mois les importations des produits qui sont fabriqués localement et aider les entreprises à redémarrer. Nous avons des capacités de production importantes, la qualité exigée par le marché et une diversité reconnue qui nous permettent d’exporter. Nous espérons également mettre en œuvre un gros plan de financement de l’économie globale pour ne pas tomber dans l’austérité. Il est nécessaire de relancer la dépense publique avec les marchés de l’Etat et les grands chantiers qui ont des effets notables sur l’entreprise marocaine quelle que soit sa taille

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