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Editos

LIESSE POPULAIRE COUPABLE ?

LIESSE POPULAIRE COUPABLE ?
Mercredi 14 Octobre 2020 - Par admin

Par Fatima Ouriaghli, directrice des publications

 

La vie est bien tristounette depuis l’apparition de la Covid-19. Les rapports sociaux sont désormais régis par la prudence outrancière, la suspicion et une certaine distanciation qui rend notre quotidien bien terne. Et cela dure depuis des mois.

C’est psychologiquement lourd à gérer et bien pesant. Alors, quand les rares occasions de joie se présentent en ces moments où le Maroc vit au rythme de la multiplication des cas de contamination et du nombre de décès, on s’oublie aisément.

Quitte à prendre des risques inconsidérés. C’est ce qui s’est passé avec le sacre, dimanche, du Raja de Casablanca. En s’offrant le championnat, il a aussi donné l’occasion à ses nombreux supporters, sevrés de stade depuis longtemps, de célébrer… dignement ce titre, tard dans la nuit. Au mépris des règles de distanciation sociale. Au mépris du couvre-feu en vigueur dès 22H.

Si les Marocains ont fait preuve d’exemplarité durant le confinement strict, ils sont, désormais, de plus en plus enclins à transgresser l’état d’urgence sanitaire, à défier les autorités. Mais cette liesse populaire qui a sanctionné le sacre d’un des deux clubs de la métropole est simplement l’expression d’un ras-le-bol collectif de citoyens en liberté conditionnelle, qui souffrent et des mesures restrictives imposées par les autorités et des conséquences économiques de cette crise.

Sortir dans la rue, exprimer librement leur joie, s’enlacer pour fêter une victoire, est juste un exutoire. Un moyen de décompresser et d’oublier toute cette frustration sociale apparue depuis que la pandémie s’est invitée dans notre quotidien. Il ne s’agit cependant nullement de justifier ce qui s’est passé dimanche soir.

Mais, plutôt, d’essayer de comprendre. Entre confinements localisés, quartiers bouclés, restrictions de déplacement et couvre-feu, à Casablanca les citoyens sont en ce moment moralement usés. Passablement agacés. A bout. C’est cela la réalité. Est-ce donc de cette façon que nous devons apprendre à vivre avec la covid-19 ? Je ne le pense pas

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