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Presse marocaine : Souffrance en silence - Éditos Financiers Maroc

Presse marocaine : Souffrance en silence - Éditos Financiers Maroc
Jeudi 20 Juin 2019 - Par seo

Par Fatima Ouriaghli, Directrice de la publication


 

C’est bien peu de dire que la presse marocaine n’est plus ce qu’elle était auparavant. Les entreprises de presse souffrent, suffoquent et sont au bord de l’asphyxie. A côté de celles qui n’ont d’autres choix que de mettre la clé sous le paillasson, il y a celles qui tirent le diable par la queue et les autres qui, pour survivre, sont condamnées à diversifier leurs activités.

L’explication est simple : face à des ventes de journaux déjà faibles, et qui s’amenuisent de plus en plus, les entreprises de presse font face à une contraction drastique de leurs recettes publicitaires, leur principale source de revenu, dont une partie est désormais captée par la presse digitale.

Et si beaucoup d’entre elles espéraient, justement, saisir les nouvelles opportunités offertes par le numérique, en développant notamment une presse digitale plus en adéquation avec les attentes d’un lectorat qui a radicalement changé, plusieurs commencent à déchanter. Et pour cause, sur ce terrain, elles doivent désormais batailler contre des mastodontes comme Google, Amazon, Facebook ou encore Apple (GAFA). Comment tenir tête à de tels rouleaux compresseurs qui dictent leur loi sur Internet ? Face aux GAFA, il faut se contenter des miettes. S’il en reste bien évidemment.

Dès lors, la problématique pour les entreprises de presse en général, et celles marocaines en particulier, est d’adapter leur modèle économique à ces nouvelles réalités.

Le porte-parole du gouvernement ne s’y trompe pas d’ailleurs. Invité mardi dernier au Forum de la MAP, Mustapha Khalfi a clairement dit que le modèle économique actuel de l’entreprise de presse reste peu viable.

Car, dans cet environnement, les 2.900 médias que compte le paysage médiatique électronique en ce moment, dont 380 conformes au nouveau Code de la presse et de l’édition à fin 2018, ne peuvent survivre.

Certes, la presse électronique peut se targuer d’avoir pu augmenter ses recettes publicitaires en 2018 pour les porter à 600 MDH. Mais il ne faut pas vite se réjouir. Car les GAFA les terrorisent et sont bien décidés à les leur chiper.

 

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