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BAM trop pessimiste ?

Jeudi 21 Mars 2019 - Par Finances News

Par Fatima Ouriaghli, Directrice de la publication


 

L’on ne s’attendait guère à ce que la Banque centrale revoie son taux directeur, et il n’y a pas eu de surprise. Par contre, sa prévision de croissance au titre de l’exercice 2019 a surpris plus d’un : 2,7% au lieu de 3,1% initialement annoncée en décembre dernier. La différence est de taille. Trop pessimiste, Bank Al-Maghrib ?

Elle est en tout cas moins «généreuse» que le haut-commissariat au Plan qui, en janvier dernier, tablait sur un taux de croissance de 2,9% en 2019. La Banque centrale fonde, entre autres, sa prévision sur une production céréalière autour de 60 millions de quintaux, avec notamment un recul de la valeur ajoutée agricole de 3,8%.

On en revient à un problème récurrent : le PIB non agricole n’arrive pas encore à prendre le relais, contraignant la croissance économique à dépendre principalement de la campagne agricole, et donc de la pluviométrie.

C’est malheureusement la configuration de l’économie nationale depuis des décennies, quand bien même ont été lancés les métiers mondiaux du Maroc. Configuration qui confine le Maroc, comme l’avait fait remarquer le HCP, dans une trappe de croissance faible, avec 4% durant les bonnes années agricoles et sous le seuil de 3% dans le cas contraire.

Point étonnant donc de voir que le plus fidèle allié du gouvernement actuel et de ceux qui l’ont précédé aux affaires reste le taux de chômage structurel, qui n’arrive pas à s’éloigner durablement de la barre des 10%.

Faudrait–il alors un peu de… folie dans la gestion des affaires du Royaume. Quand certains, comme le HCP, militent pour laisser un peu «courir» l’inflation, d’autres préconisent de s’affranchir un peu plus de l’étau de l’orthodoxie financière. Un peu plus de liberté donc pour donner un vrai bol d’oxygène à l’économie. Sauf que cela risque d’être vu d’un très mauvais œil par les bailleurs de fonds que sont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Mais à un moment donné, il va falloir forcément faire des choix forts. Car ce n’est pas en ménageant constamment la chèvre et le chou que le Maroc offrira de meilleures perspectives à tous ses jeunes usés par le chômage. u

 

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