Ressources hydriques : régime sec !

Ressources hydriques : régime sec !

Au 19 février 2025, le taux de remplissage global des barrages s'est établi à 27,60%, soit 4,64 milliards de mètres cubes. Cette statistique résume, à elle seule, le calvaire hydrique que traverse le Royaume. Avec un recul de 53% par rapport à la moyenne des 30 dernières années, les retenues d’eau atteignent à peine 1,2 milliard de mètres cubes. Et sur cette quantité, seulement 760 millions de mètres cubes ont été alloués à l’irrigation agricole, soit moins de 14% des besoins en eau des terres agricoles.

Les années de sécheresse qui s’enchaînent ne sont pas une anomalie passagère, mais la nouvelle norme. Cette sécheresse, devenue chronique, redessine ainsi les contours de l’économie agricole et, par extension, de l’économie nationale. Le secteur agricole, qui représente environ 14% du PIB national et emploie près de 40% de la population active, est directement impacté par cette crise hydrique. Et c’est donc tout un écosystème qui vacille. Le secteur de la production animale, en l’occurrence, est en souffrance.

Le ministre de l'Agriculture, Ahmed El Bouari, l'a récemment confirmé : le cheptel national a fondu de 38% depuis 2016. Pour contenir l’hémorragie, le Maroc a misé sur les importations. Au 12 février, 21.800 bovins, 124.000 ovins et 704 tonnes de viandes rouges ont été importées. Conséquence directe : les prix de la viande rouge, qui s'étaient envolés ces derniers mois, commencent à se stabiliser, mais restent toutefois à des niveaux élevés.

C’est pourquoi un programme d’urgence a été lancé, axé sur plusieurs volets : nutrition animale, encadrement technique, préservation des femelles reproductrices, intégration des jeunes ruraux dans la production animale... Une bouffée d’oxygène temporaire, mais pas une solution durable. Malgré un ciel avare et des champs assoiffés, les marchés nationaux restent approvisionnés. Du moins, c’est ce que nous affirme le ministère de l’Agriculture, qui assure que tomates, oignons et pommes de terre seront disponibles en quantités suffisantes, notamment durant le Ramadan.

Chiffres à l’appui : 5.700 hectares de tomates cultivés, 8.000 hectares pour les oignons et 30.000 hectares dédiés aux pommes de terre. Cela signifie-t-il pour autant qu’il y aura moins de tensions sur les prix ? Pas sûr du tout. Car, chaque année, les autorités assurent que le marché sera bien approvisionné en denrées alimentaires durant le Ramadan. Et chaque année, les consommateurs constatent, impuissants, la flambée des prix. L'équation est devenue familière. Presque lassante. 

 

Par F.Z Ouriaghli

Articles qui pourraient vous intéresser

Vendredi 21 Fevrier 2025

Trésor : un besoin de financement de 26,2 MMDH à fin janvier 2025

Vendredi 21 Fevrier 2025

Les recettes fiscales progressent de 24,6% à fin janvier 2025

Vendredi 21 Fevrier 2025

CIO Survey Gartner 2025 : les DSI marocains face aux défis de la transformation digitale

Vendredi 21 Fevrier 2025

Investissement régional: la vision d’Abdellatif Maazouz pour Casablanca-Settat

L’Actu en continu

Hors-séries & Spéciaux