Le FMI voit une solide croissance en Europe mais le Brexit inquiète

Le FMI voit une solide croissance en Europe mais le Brexit inquiète

 

LONDRES, 13 novembre (Reuters) - L'économie européenne est en plein essor mais cette croissance pourrait être "sensiblement" ralentie par un Brexit dur aussi bien au Royaume-Uni que dans la zone euro, prévient lundi le Fonds monétaire international (FMI).

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques de la région, basé sur l'étude d'une quarantaine de pays allant de l'Allemagne au Royaume-Uni en passant par la Turquie et la Russie, l'organisation indique que la reprise en cours semble de plus en plus assurée.

Selon le FMI, cette reprise est en partie soutenue par les mesures de relance des banques centrales et des taux d'intérêt bas, mais aussi par l'amélioration des fondamentaux, comme en témoigne la reprise des investissements dans un grand nombre d'économies.

"Cette reprise semble de plus en plus durable", a déclaré à Reuters le directeur adjoint du département européen du FMI, Jörg Decressin, lors de la présentation du rapport.

"La croissance dans la zone euro a été positive pendant 18 trimestres, récemment autour de 2,5%. De nombreux pays d'Europe de l'Est enregistrent depuis un moment une croissance d'environ 3%. Donc, cette reprise est non seulement devenue plus large mais aussi plus solide".

Les perspectives économiques mondiales du FMI, publiées lors des assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale qui se sont tenues en septembre à Washington, tablaient sur une croissance dans la région de 2,4% cette année et de 2,1% l'an prochain, mais le contexte a sensiblement changé depuis.

Jörg Decressin a déclaré soutenir l'approche prudente de la Banque centrale européenne (BCE) pour ce qui est de dénouer son programme de rachat d'actifs. Il a également déclaré que l'inflation justifiait que la Banque d'Angleterre ait relevé son taux directeur pour la première fois depuis la crise financière.

La principale incertitude à l'horizon demeure le Brexit et le type de relation que la Grande-Bretagne entend nouer avec les Vingt-Sept après son départ de l'Union européenne (UE).

Jörg Decressin a dit que le FMI s'attendait à ce qu'un accord assorti d'une période de transition soit conclu. Les économistes du Fonds, qui n'ont réalisé aucun modèle n'intégrant pas d'accord, estiment cependant qu'un Brexit dur risque d'avoir un impact négatif.

"Dans de telles circonstances, notre préoccupation est que la croissance économique souffrira, en particulier au Royaume-Uni, mais aussi dans la zone euro", a-t-il déclaré. "Nous envisageons alors une croissance sensiblement plus faible que ce que nous projetons actuellement."

L'heure est pour l'instant à l'optimisme, a-t-il cependant ajouté, soulignant à quel point l'humeur était meilleure qu'il y a seulement un an ou deux lorsque l'on redoutait une sortie forcée de la Grèce de la zone euro.

Selon Jörg Decressin, les propositions du président Emmanuel Macron visant à accélérer l'intégration de la zone euro ont joué un rôle important.

"Nous soutenons l'objectif", a-t-il déclaré, en référence à la proposition de transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un organisme de prêt du type du FMI en cas de crise.

"Avec une structure de gouvernance appropriée et un mandat de surveillance fort, un FME (Fonds monétaire européen) pourrait réellement renforcer la prévention et la gestion des crises", dit-il.

La capacité à prendre des décisions rapides et cruciales sera la clé. La zone euro a souvent été à la peine lors de ses différentes crises car elle devait obtenir l'aval des parlements nationaux sur de nombreuses mesures.

 

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