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Marsa Maroc : Un business à découvrir

Marsa Maroc : Un business à découvrir
Lundi 30 Novembre -0001 - Par admin

mohamed abdeljalil

Marsa Maroc est le nom commercial d’une entreprise publique plus connue sous le nom de SODEP (Société d’exploitation des ports). L’Etat marocain, qui détient la totalité du capital, a donc décidé le 9 juin dernier d’en céder 40% via le marché boursier. Nous sommes donc en présence d’une privatisation partielle. Une Assemblée générale extraordinaire des actionnaires, réunie le même jour, a décidé de la refonte des statuts et a divisé la valeur nominale de l’entreprise par 10. Elle passe de 100 DH à 10 DH. Que vaut le papier Marsa Maroc ? Visite guidée.

Dans le jargon de la profession, Marsa Maroc est considéré comme un opérateur de terminaux commerciaux. Il existe d’autres opérateurs spécialisés au Maroc, dans les ports de pêche ou les ports de plaisance.
La principale source de revenus de Marsa Maroc provient de la manutention de marchandises entre le navire et le quai. Ainsi, en 2015, 66% du chiffre d’affaires sont tirés de l’activité de chargement/déchargement entre le navire et le quai. Si l’on y rajoute l’activité de stockage de marchandises au sol, l'on arrive à 91% du chiffre d’affaires de l’année. Le reste est généré par des services annexes comme le remorquage ou le pilotage. Pour faire simple, plus le trafic portuaire national augmente, plus l’activité de Marsa Maroc augmente. L’entreprise étant présente dans l’ensemble des ports commerciaux du Maroc, sauf celui de Tan Tan.


Ce qui influence l’activité de Marsa Maroc
Sur le papier, le potentiel de Marsa Maroc est énorme lorsqu’on sait que Tanger Med I est considéré comme le 46ème plus grand port mondial et que Tanger Med II et Nador West Med seront opérationnels très bientôt. Le port de Jorf Lasfar est également un outsider capable à lui seul de redistribuer les cartes dans le Royaume, notamment avec la possibilité (rien d’officiel) qu’une raffinerie nationale y soit construite à la place de la Samir en liquidation. D’ailleurs, la note d’informations de Marsa Maroc stipule qu’un nouvel acteur, Hydrocarb Jorf, a remporté l’appel d’offres lancé en 2013 par l’Agence nationale des ports (ANP) concernant une nouvelle concession, un quai pétrolier, au port de Jorf Lasfar. La mise en service de ce terminal a démarré en 2015.


Mais la concurrence s’accentue…
Dans les faits, l’année 2015 a enregistré une baisse du trafic global traité par Marsa Maroc à 35,1 millions de tonnes contre un pic exceptionnel de 38,3 MT en 2014. La part de marché de Marsa Maroc est par ailleurs passée de 46% en 2014 à 44% en 2015, essentiellement à cause de la baisse de l’activité hydrocarbures, puisque Samir était à l’arrêt (et le restera). Autre raison de la diminution du trafic : la baisse des importations de céréales suite à la bonne année agricole inscrite en 2014/2015.
Cela dit, les explications de la société se heurtent à un autre phénomène lorsque l’on regarde les parts de marché à plus long terme. En effet, entre 2012 et 2015, malgré un trafic portuaire relativement stable, les parts de marché de Marsa Maroc ont baissé de 48% à 44%. Cela peut s’expliquer par le changement de comportement de certains acteurs qui réalisent de plus en plus leurs opérations en propre, comme Taqa Morocco, l’ONEE ou encore l’OCP. De plus, l’arrivée sur le marché de Hydrocarb Jorf constitue clairement un risque concurrentiel sur l’un des ports les plus porteurs pour Marsa Maroc.
Mais cette recrudescence de la concurrence ne diminue en rien le potentiel de croissance de Marsa Maroc, considéré comme acteur global et leader du marché avec, ne l’oublions pas, une présence dans la quasi-totalité des ports du pays et près de la moitié des parts de marché.

Des marges confortables

La société affiche l'une les marges opérationnelles des plus élevées du marché. Elle atteint 28,7% en 2015, en hausse de 4 points par rapport à 2014. Sa marge nette s'inscrit pour sa part à 16,5%, en hausse légère par rapport à 2014. Ces niveaux de marge sont parmis les plus élevés du marché. Ils se situent en haut de tableau aux côtés des banques, des sociétés de financement et des télécoms pour la marge d'exploitation, et en milieu de tableau en ce qui concerne la marge nette.
Pour sa part, le chiffre d'affaires consolidé du groupe Marsa Maroc est constitué à 100% du chiffre d’affaires de Marsa Maroc, car la concession du terminal à conteneurs TC3 portée par la société TC3PC ne sera mise en service qu’à fin 2016 et la concession du TC3 à Tanger Med destinée à être portée par la société MINTT sera mise en service en 2019. Ce chiffre d'affaires s'établit à 2,1 Mds de dirhams en 2015, en hausse de 7,2% par rapport à 2014, et ce malgré la baisse des parts de marché du groupe. L'excédent brut d'exploitation atteint 46,6% du chiffre d'affaires en 2015.
Enfin, le résultat net consolidé de 2015 enregistre une progression de 14%, s’établissant à 375 MDH, principalement du fait de l’amélioration du résultat courant de 23,1%, passant de 535 MDH en 2014 à 659 MDH en 2015, lié à la hausse du résultat d’exploitation (+24,8% à 622 MDH en 2014) et à la stagnation du du résultat financier à 37 MDH en 2015. Ceci a été atténué par le repli du résultat non-courant de -21 MDH en 2015 par rapport à 2014,- qui s’explique par la baisse du résultat non-courant de la société Marsa Maroc SA par rapport à 2014. La société affiche par ailleurs un total bilan de 5 Mds de dirhams à fin 2025.
L'activité est essentiellement financée par fonds propres, ce qui est un bon point par les temps qui courent. La trésorerie nette affiche un solde positif de plus de 1,52 Md de dirhams.

Adil Hlimi

 

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