Diplomatie: Tebboune et le Maroc, une obsession unilatérale !

Diplomatie: Tebboune et le Maroc, une obsession unilatérale !

Lorsque le régime algérien a décidé d’organiser des élections anticipées pour éventuellement offrir un second mandat à Abdelmadjid Tebboune, cette décision n’est pas passée inaperçue dans la plupart des capitales de la région. Et pour cause. L’Algérie est une source d’angoisses grandissantes pour son voisinage, et ses évolutions politiques propres provoquent un intérêt sécuritaire des plus aigus. Au Maroc particulièrement, avec lequel le régime algérien a fermé les frontières terrestres et rompu les relations diplomatiques, entretenant des menaces guerrières régulières, ce développement politique a été méticuleusement scruté. Il est vrai que les autorités officielles sont restées mutiques à l’égard de cet événement, n’ayant pas pour habitude diplomatique de commenter publiquement les événements algériens de politique intérieures.

D’autant plus que parmi les raisons évoquées pour justifier une telle précipitation électorale, celle de préparer le pays à toutes les éventualités, y compris une guerre ouverte avec le Maroc. Dans les principaux maillons de la chaîne de décision algérienne, le Maroc est présent comme cible, comme argumentaire ou justification. Mais cette décision d’écourter le mandat de Tebboune a été généreusement commentée par les journalistes et les influenceurs marocains, dont certains, sentant que le sujet est porteur, se sont carrément spécialisés dans les soubresauts de la question algérienne. Ce débat autour de l’Algérie soulève régulièrement de nombreuses interrogations de circonstance.

Un homme comme A. Tebboune, totalement obsédé par le Maroc, est-il une bonne ou une mauvaise affaire pour le Royaume ? Il est vrai que le simple fait de formuler cette question de cette manière suggère déjà une certaine réponse. Certainement pas bonne, mais pas totalement mauvaise. Pour les autorités marocaines, la solution idéale est de disposer dans le voisinage d’un pouvoir capable de répondre favorablement aux nombreuses mains tendues pour la réconciliation et la normalisation des rapports, de gérer avec intelligence et réalisme ses relations avec le Maroc ou, dans le pire des cas, d’observer une forme de statu quo froid comme celui qui avait marqué la longue gouvernance des années Bouteflika.

Le ni guerre ni paix algérien de cette époque avait le mérite de dissimuler la pathologie anti-marocaine portée aux nues aujourd’hui par le régime Tebboune. Cet espoir a été frontalement déçu par ce régime dirigé en sous main par le chef d’Etat major de l’armée algérienne, Saïd Chengriha, un homme qui respire la haine du Maroc de tous les pores de son corps, et qui en a même fait une sorte de fierté personnelle. Pire, la détestation du Maroc est devenue l’unique choix diplomatique de l’appareil algérien, le seul levier de propagande de l’Etat algérien, a tel point que pour exister politiquement sur la scène, il faut savoir exprimer un volume de haine à l’égard du Maroc et des Marocains.

De premier abord, Tebboune et son éventuel second mandat forcé serait une très mauvaise chose pour le Maroc et pour l’ensemble de la région. En cause, la pyromanie du système, l’atmosphère d’agressivité qu’il installe. À y voir de plus près, cela peut dégager une autre impression. C’est dans les années Tebboune que le Maroc a réussi ses plus belles performances politiques et ses plus grandes distinctions diplomatiques. De manière froide et cynique, les Marocains peuvent se dire que le meilleur régime qui garantit à coup sûr l’isolement et l’impuissance du concurrent algérien est ce régime du duo Tebboune / Chengriha, qui travaille tous les jours à obérer les chances des Algériens.

Un pays énergétique où il faut faire la queue pour obtenir une cannette de lait ou une bouteille d’huile. Un pays-prison à ciel ouvert où un post sur les réseaux sociaux peut valoir une peine d’emprisonnement immédiate. Un pays dont le leadership n’est bienvenu nulle part comme s’il portait la gale. Dans cette perspective, pour les Marocains l’idéal serait que l’Algérie puisse enfanter un pouvoir sensible à l’unité et à la destinée commune des peuples du Maghreb. Avec un visage et des postures plus conciliantes et plus intégrées. Au lieu de parier toujours des tensions et des ruptures. En attendant que cette évolution historique arrive, le Maroc aura à gérer un second mandat de Tebboune né dans les douleurs d’une césarienne politique, avec tous les défauts et les déformations possibles et imaginables, y compris celle de vouloir jouter la politique de la terre brûlée. 

 

 

Par Mustapha Tossa journaliste et politologue

 

 

 

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