Gaming : Cette industrie qui ne connaît pas la crise

Gaming : Cette industrie qui ne connaît pas la crise

En cette période de confinement, les ventes de jeux vidéo montent en flèche.

Au Maroc, le secteur n’est toutefois pas entièrement épargné par la crise du Coronavirus.

 

Par K.A

 

Si la pandémie de coronavirus a paralysé les principaux secteurs économiques mondiaux, c'est tout le contraire pour l'industrie du jeu vidéo. Si le secteur a réalisé plus de 150 milliards de dollars de bénéfices en 2019, l’année 2020 s’annonce plus rentable encore, compte tenu du confinement mondialisé pour près de 50% de l’humanité.

Selon les chiffres révélés par Games Industry, il se serait vendu, au cours de la semaine du 16 au 22 mars, dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, pas moins de 2,74 millions de jeux vidéo en téléchargement, soit 53% de plus que la semaine précédente.

Cette progression fulgurante concerne tous types de jeux, sur tous types de supports. Confinement oblige, on ne pouvait imaginer d’autres scénarios. Vu l’abondance des catalogues, du jeu de plateforme à celui de réflexion, en passant par les RPG et le eSports, l’industrie a tout pour attirer de nouveaux joueurs, ou se rappeler au bon souvenir des vétérans.

 

1,2 milliard de téléchargements en une semaine !

Le mobile tire, lui aussi, son épingle du jeu. Selon une étude réalisée par les analystes d’App Annie, sur la même période, les téléchargements de jeux pour mobiles ont atteint 1,2 milliard d'installations à l’échelle mondiale, contre une moyenne de 750 millions début janvier, soit une croissance de 60%.

Que ce soit sur mobile, console, ou autres, les jeux vidéo sont perçus aujourd'hui comme une échappatoire pour les gens confinés qui y voient une façon de tuer le temps. Même les gouvernements et les autorités sanitaires observent d’un bon œil cet essor, puisqu’il s’agit d’une activité qui n’exige ni déplacements ni contacts avec autrui.

 

 Jouer c’est bon pour la santé !

C’est pourquoi, et cela a de quoi surprendre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui avait officiellement reconnu, en juin 2018, l’addiction aux jeux vidéo comme un trouble mental, s’est associée le 28 mars, à l’opération #PlayApartTogether «jouez ensemble, mais à distance», à travers laquelle 18 éditeurs se sont engagés pour diffuser au sein de leurs jeux des messages de prévention face au Covid-19.

«Les entreprises de l’industrie des jeux ont une audience mondiale et nous encourageons tout le monde à #PlayApartTogether. Plus de distanciation physique et d’autres mesures aideront à aplanir la courbe et sauver des vies», a commenté Ray Chambers, l’un des ambassadeurs de l'OMS, sur Twitter. Ainsi, il est très envisageable, lors de votre prochaine partie de FIFA ou de Call of Duty, qu’un message préventif s’affiche sur votre écran.

 

Et le Maroc ?

Tout n’est pas rose pour autant pour l’industrie du gaming. Des évènements marquants, et des sorties de jeux vidéo très attendus ont été reportés. Microsoft comme Sony devaient lever le voile sur leurs deux nouvelles consoles (PS5, Xbox Series). Un autre coup dur pour l'industrie vidéoludique, est l’annulation de la «Game Developper Conference» et du «E3».

Au niveau national, le «Casablanca Gaming Expo», est passé à la trappe suite à la mise en place par les autorités sanitaires du pays des mesures liées à la lutte contre le coronavirus.

Ce premier Salon marocain du Gaming avait pour ambition d’accompagner un secteur en perpétuelle évolution, réalisant un chiffre d'affaires annuel dépassant les 840 millions de DH.

C’est une industrie qui tire profit de ces évènements, à l’instar du eSport, dont les revenus dépendent énormément de la billetterie et du merchandising. Dans l’ensemble, c’est le calendrier de tout un secteur qui est chamboulé.

Cependant, l'annulation de tels événements n’impacte pas de la même manière les acteurs du secteur. Les grands développeurs et éditeurs devraient s’en sortir sans trop de dégâts. Les grands perdants en revanche, sont les développeurs indépendants qui voient leurs occasions d’établir des contacts s'évaporer.

«On se disait que l’industrie Gaming ne serait pas impactée, et plusieurs articles de presse évoquaient les chiffres d’affaires record enregistrés durant cette période de confinement. Mais on remarque ces derniers temps que la réalité est moins agréable que prévu», souligne Boubker Hakam, développeur et fondateur de Versus Arena, centre gaming situé à Casablanca, contacté par Finances News Hebdo.

«L’impact risque d’être assez important notamment pour les centres de gaming au Maroc, qui ont pris un coup dur suite à la suspension de leur activité primordiale. Ils se concentrent entièrement sur la revente des produits gamer et de matériel informatique», indique-t-il.

Par ailleurs, souligne notre interlocuteur, des difficultés ont été relevées au niveau de l’importation et de la distribution, compte tenu de la rupture de la production en Chine. Cela a impacté directement les coûts de distribution des produits au niveau national.

«Le seul canal existant aujourd’hui pour atteindre le client final est donc le web», affirme Boubker Hakam. Quoi qu’il en soit, presque tous les indicateurs sont au vert, et l'industrie des jeux vidéo résiste très bien à la tempête. Il en va de même pour les gamers invétérés, qui y voient, aussi, l’occasion rêvée d’avancer dans leurs jeux préférés. 

 

 

 

 

 

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