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Réglementation des changes : cap sur la simplification avec l’IGOC 2026

Réglementation des changes : cap sur la simplification avec l’IGOC 2026

Casablanca a accueilli, le 17 février 2026, une rencontre d’information et d’échange consacrée à l’Instruction générale des opérations de change 2026 (IGOC 2026). Organisé à l’initiative de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’événement a réuni des représentants du secteur privé autour du Directeur général de l’Office des changes, Driss Benchikh, venu présenter les principales évolutions du cadre réglementaire.

 

Par Y. Seddik

Cette réunion s’inscrit dans le prolongement du partenariat institutionnel liant la CGEM et l’Office des changes. Elle visait à expliciter la nouvelle architecture du texte, les mesures d’assouplissement et de simplification introduites, ainsi que les modalités pratiques de mise en œuvre. Intervenant devant les opérateurs, Driss Benchikh a rappelé que la stratégie 2025-2029 de l’Office des changes place la simplification, la clarification et l’accessibilité de la réglementation des changes au centre de ses priorités.

Cette orientation se traduit, selon lui, par la poursuite d’un mouvement d’assouplissement réglementaire à l’horizon 2026 et 2028, l’introduction de nouvelles mesures de libéralisation et le recours à des analyses d’impact pour encadrer une libéralisation progressive et maîtrisée. Le responsable a également souligné le renforcement des facilités d’accès aux instruments de couverture et les actions de formation destinées à accompagner les entreprises dans l’appropriation des nouvelles dispositions.

«L’IGOC 2026 a fait l’objet d’un effort de refonte en profondeur, à savoir l’architecture du texte, la clarification des droits et obligations, l’allègement de la charge documentaire. Plus de 130 réunions de concertation ont été menées avec l’écosystème», précise le DG de l’Office. Les échanges ont permis de détailler plusieurs ajustements chiffrés. La dotation «Voyages d’affaires» a été portée à 1 million de dirhams (MDH) contre 500.000 dirhams auparavant pour les entités ne disposant pas de comptes en devises ou en dirhams convertibles. Ce plafond atteint 1,5 MDH pour les opérateurs catégorisés.

En matière de «Voyages personnels», le plafond de la dotation supplémentaire a été relevé à 400.000 dirhams, calculé sur la base de 30% de l’impôt sur le revenu (IR). La dotation de base demeure fixée à 100.000 dirhams, avec un plafond global maintenu à 500.000 dirhams.

Concernant les études à l’étranger, le plafond mensuel des frais de séjour a été augmenté à 15.000 dirhams contre 12.000 dirhams auparavant, afin d’intégrer la hausse du coût de la vie étudiante. «Notre ambition demeure la convertibilité totale. Mais cette évolution dépend intimement du maintien des équilibres macroéconomiques. Chaque mesure de libéralisation doit s’inscrire dans une logique progressive et maîtrisée», résume Driss Benchikh.

Accent mis sur les startups et les usages numériques

L’IGOC 2026 introduit également des ajustements en faveur du digital. La dotation annuelle dédiée au commerce électronique des startups a été relevée à 2 MDH, contre 1 MDH précédemment. Par ailleurs, une dotation e-commerce minimale annuelle de 50.000 dirhams est instaurée au profit des sociétés nouvellement créées, des entreprises exonérées d’impôt et de celles dont l’impôt payé est inférieur à ce seuil.

Pour les personnes physiques résidentes et les Marocains résidant à l’étranger (MRE), la dotation e-commerce est portée à 20.000 dirhams par personne et par année civile, contre 15.000 dirhams auparavant. Dans le registre opérationnel, Driss Benchikh a annoncé le lancement de la plateforme «OC E-Rendez-vous». Cette application de gestion digitalisée des prises de rendez-vous vise à améliorer la planification et la prise en charge des usagers, à réduire les délais d’attente et à fluidifier l’accès aux services.

Réactions du patronat

De son côté, le président de la CGEM, Chakib Alj, a qualifié l’IGOC 2026 de «signal positif» en faveur du renforcement de la compétitivité des entreprises. Il a souligné que la logique de libéralisation progressive et maîtrisée s’inscrit dans un contexte marqué par la dynamique des exportations et des investissements directs étrangers, tout en rappelant les contraintes liées au déficit commercial.

Chakib Alj a insisté sur la nécessité de poursuivre l’amélioration du cadre juridique afin d’offrir davantage de lisibilité et de prévisibilité aux opéra - teurs. Il a notamment évoqué l’importance d’une clarification des procédures de contrôle et de contentieux, ainsi qu’une adaptation des sanctions à la gravité des infractions, dans une logique de sécurité juridique.

À l’issue de la rencontre, la CGEM a salué les efforts entrepris pour renforcer la lisibilité et la prévisibilité du cadre règlementaire. L’Office des changes a, pour sa part, réaffirmé son engagement en faveur d’une règlementation claire et adaptée aux réalités économiques.

Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques clés, notamment la promotion des exportations, le soutien à l’investissement, le développement du commerce électronique et l’encadrement des voyages professionnels. Cette séquence de dialogue confirme la volonté des deux institutions de consolider un cadre règlementaire facilitateur, en phase avec l’internationalisation croissante de l’éco - nomie marocaine et les besoins du tissu entrepreneurial.

 

 

 

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