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Med Paper : Le marché anticipe un échec de l’OPA

Med Paper : Le marché anticipe un échec de l’OPA

 

Alors que le délai légal prévu pour l’examen de la recevabilité du projet d’offre est de 10 jours ouvrables, l’AMMC n’a pas été aux pièces. Le régulateur a finalement consacré quatre mois pour examiner le projet des Sefrioui

 

 

Un examen qui a abouti sur des décisions qui n’ont pas répondu aux espoirs des minoritaires. Ces derniers, en désespoir de cause, ont dû prendre leur mal en patience pendant des mois. Mais à quel prix ? 22 DH, c’est le prix proposé par les membres de l’action de concert représentés par Mohsine Sefrioui. Une offre qui ne semble pas plaire aux actionnaires minoritaires, qui la jugent insuffisante.

 

Une décote de 37% !

 

Pour fixer le prix par action retenu dans cette opération, les conseillers financiers se sont basés sur trois approches. Une première par les cours de Bourse : elle consiste en l’analyse des cours boursiers moyens, pondérés par les volumes de l’action Med Paper sur les douze derniers mois précédant le 5 juillet 2017. La valeur par action ressort donc à 28,04 DH, en décote de 22% par rapport à la dernière cotation. La méthode des transactions de référence, pour sa part, reprend le prix par lequel Aliken avait racheté les parts de CDG, soit 28,64 DH par action. Elle fait ressortir un downside de 23% comparativement au dernier cours coté (35,19 DH).

En dernier lieu, les analystes ont utilisé la méthode de l’actualisation des flux futurs disponibles pour aboutir sur une valorisation nulle (0 DH). Les conseillers expliquent que l’évaluation est effectuée sur la base des flux de trésorerie futurs découlant du plan d’affaires de Med Paper.

Et d’ajouter que «compte tenu des fonds propres négatifs de la société, de son endettement important, et en l’absence de visibilité sur sa structure financière à terme, des simulations ont été réalisées pour des niveaux de coût moyen pondéré du capital (CMPC) de 6%, 10% et 12%. Le taux de croissance à l’infini retenu est de 1%. La valeur des fonds propres ressort à un niveau négatif sur l’ensemble des valeurs du CMPC étudiées».

 

Une opération vouée à l’échec

 

Classiquement, l’OPA constitue une bonne affaire pour l’actionnaire minoritaire, car l’offre est souvent assortie d’une prime par rapport aux derniers cours de Bourse. Cette prime se mesure par différence entre le prix de l’OPA et le dernier cours coté. Le prix proposé est généralement 15 à 30 % plus élevé que la valeur en Bourse de l'action, pour inciter les actionnaires de la société cible à apporter leurs titres à l’offre.

Mais, il arrive parfois que l’offre soit lancée à un prix proche, voire inférieur aux derniers cours si, par exemple, un emballement spéculatif a eu lieu dans les semaines précédant l’annonce de l’opération. L’on rappelle, dans ce sens, que quelques séances avant la suspension, Med Paper cotait 29 DH, avant de s'envoler de plus de 20% en trois séances.

Aujourd’hui, les actionnaires minoritaires de Med Paper ont deux possibilités devant eux : soit apporter leurs titres aux initiateurs en acceptant le prix proposé par ce dernier; soit conserver leurs titres, ce qui revient à manifester leur désaccord avec l’offre.

Pour l’heure, les minoritaires ont opté pour la deuxième alternative et cela se fait d’ores et déjà sentir sur le marché. Sur les trois séances qui ont suivi la reprise de cotation de Med Paper (jeudi 16 novembre 2017), seules 9.223 actions ont été échangées, alors que l’OPA portera sur la totalité des titres non détenus par les membres de l’action de concert, soit 1.081.141 actions représentant 41,86% du capital et des droits de vote du spécialiste dans l'industrie du papier, Med Paper. ■

 

 


La fin justifie les moyens

C’est en quelque sorte l’objectif recherché par les Sefrioui derrière cette OPA : proposer un prix minime pour maintenir la société en cotation, évitant ainsi de débourser des fonds pour racheter le reste du capital. Il faut savoir qu’aujourd’hui, la société est dans une situation financière difficile, enchaînant les déficits depuis quelques années, en raison de la forte concurrence des importateurs.

Et pour les Sefrioui, il n’est pas question de sortir davantage de cash, déjà qu’en juillet dernier, Anas Sefrioui, à travers sa société Aliken, avait déboursé plus de 23 MDH pour reprendre le contrôle de la société après le désengagement de la CDG. Donc, pour l’heure, les initiateurs ne sont pas prêts à remettre la main à la poche. À ce jour, le calendrier définitif de l'opération n'est pas encore fixé par la Bourse de Casablanca. Seuls les prochains jours nous éclaireront sur l'issue de cette OPA tant attendue.

 

 

 

Y.S

 

 

 

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