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Loi de Finances 2024 : Les réco’ de l’Alliance des économistes istiqlaliens

Loi de Finances 2024 : Les réco’ de l’Alliance des économistes istiqlaliens

L’Alliance des économistes istiqlaliens anticipe sur le projet de Loi de Finances 2024 en cours d’élaboration.

Sur les 10 recommandations émises par la task force, membre de la majorité gouvernementale, plus de la moitié est en phase avec les quatre grandes priorités fixées par la note d’orientation dudit PLF. Les détails.

Par A. Diouf

 

C’est parti pour les contributions à l’élaboration du Projet de Loi de Finances 2024 (PLF 2024) ! Le premier à «dégainer» est l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI). La task force présidée par Abdellatif Maâzouz et proche du gouvernement vient d’émettre une série de 10 recommandations visant, ditelle, à «stopper la hausse des prix et améliorer le pouvoir d’achat des citoyens; tirer profit des grands chantiers programmés par le Maroc pour développer l’entreprise marocaine et créer plus d’emplois productifs et valorisants et diversifier les ressources permettant de financer ces projets en préservant les équilibres économiques fondamentaux du pays».

Des recommandations en phase avec la note d’orientation

A travers ses cinq premières recommandations, l’AEI exhorte le gouvernement à maintenir le cap d’une politique économique expansionniste, en maitrisant l’inflation, en relaçant la demande intérieure ainsi qu’en réduisant le chômage et en boostant les investissements. Selon la task force, il s’agit de tout faire pour revenir à des niveaux soutenables d’inflation, notamment en luttant contre l’augmentation des prix alimentaires. Dans le même temps, il faut également continuer à soutenir la demande intérieure à travers deux leviers, à savoir  : le déploiement des allocations familiales et des aides directes dès à présent, ceci en se gardant de décompenser tout de suite; et un rattrapage ciblé du pouvoir d’achat de la classe moyenne.

L’AEI recommande aussi de réduire le taux de chômage, notamment urbain, en poursuivant la dynamique industrielle et celle des autres secteurs créateurs d’emplois stables et de qualité dans le tertiaire. Et d’accélérer la cadence et sécuriser les investissements dans le secteur de l’eau et de la lutte contre le stress hydrique et leur financement. Bref, considérant que la maîtrise de l’inflation et l’accélération de la croissance ne sont pas incompatibles et que la reprise de la demande intérieure reste fragile, l’AEI estime que le taux directeur a atteint le plafond soutenable. Autrement dit, «toute augmentation supplémentaire de ce taux risque de freiner l’investissement privé et le développement de l’offre et de la demande qui en résultent», prévient la task force qui semble très sûre de son constat.

L’inflation et le stress hydrique au centre des préoccupations

En tous cas, ces cinq premières recommandations de court terme de l’AEI sont toutes en phase avec les quatre grandes priorités fixées par la note d’orientation du PLF 2024. En effet, cette note qui a été adressée récemment aux départements ministériels, se fixe comme principaux objectifs de renforcer les mesures prises pour faire face aux répercussions conjoncturelles, poursuivre l'implémentation des piliers de l'Etat social, continuer la mise en œuvre des réformes structurelles et renforcer la soutenabilité des finances publiques. On y apprend, par exemple, que pour préserver le pouvoir d'achat des citoyens et soutenir les secteurs touchés par la succession des crises, l’Etat a dû rallonger son budget de 40 milliards de dirhams (MMDH) en 2022 et plus de 10 MMDH déjà durant l'année en cours. Ces mesures ont permis de freiner la hausse de l'inflation pour la limiter à 6,6% à fin 2022, peut-on également lire dans la note d’orientation, qui souligne que les mesures mises en place depuis le début de 2023, en particulier le soutien aux produits de base, aux aliments pour le bétail et la volaille et aux matières premières agricoles importées, ont contribué au repli de l'inflation de 10,1% en février dernier à 5,5% à fin juin 2023 (4,9% en juillet).

On y apprend aussi que face à la rareté de l'eau, dont la situation s'est aggravée à cause de la succession d'années de sécheresse, l'Exécutif a veillé à l’accélération du rythme de la mise en œuvre du Programme national pour l'approvisionnement en eau potable et d'irrigation 2020-2027, avec l'augmentation des allocations financières dédiées au département de l'eau de 5 MMDH au titre de la Loi de Finances 2023 et l'ouverture de crédits supplémentaires de 1,5 MMDH durant la même année.

Comme recommandations structurelles de moyen et long termes, l’AEI suggère d’activer cinq leviers. Un : envisager une transition énergétique plus volontariste. Deux : investir dans les transports publics durables à grandes capacités, notamment le ferroviaire, aussi bien dans les périmètres urbains, interurbains qu’interrégional. Trois : mettre en place une nouvelle ingénierie de structuration et de promotion d’écosystèmes harmonieux et cohérents, permettant de tirer le meilleur profit économique et social des grands chantiers lancés par le Roi Mohammed VI. Quatre : poursuivre les réformes fiscales entamées et faire de même pour les prélèvements sociaux. Et cinq  : diversifier les sources de financement de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics pour pouvoir concrétiser tous ces chantiers.

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